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Moins de sangliers ? Alors c'est le moment de "finir le travail"

Les années se suivent, les discours se ressemblent après la fermeture générale de la chasse. "Où sont passés les sangliers ?" titre l'edito d'Infos' Chasse de ce mois.

Facile la réponse, en forêt...

Maintenant, y en a-t-il vraiment eu moins, il faut l'espérer, c'est en tout cas "le travail" demandé à la forêt. Est-ce pour autant la pénurie ? Certainement pas. Le jour où l'équilibre agro-cynégétique sera durablement atteint on sera en droit de dire "objectif de résultat" atteint. En attendant, il reste du chemin à faire, sans se voiler la face. Il m'étonnerait grandement que nous soyions au niveau visé par l’Allemagne pour contenir annuellement les dégâts, à 0,5-1,5 sangliers au cent hectares.

Le doute est doublement permis si on regarde les articles publiés tout au long de la saison sur le blog et qui prennent factuellement soit le contre pied des arguments avancés dans l'edito soit expliquent pourquoi les tenants du sanglier échouent dans leur gestion axée avant tout sur le quantitatif et non le qualitatif, comme celui du 3.8.2013 intitulé "qu'il est long le chemin de Damas à faire pour nos élus" ou "Golo-golo chez les bêtes rousses" du 16.7.2013.

Je veux bien aussi qu'il y ait de la mortalité hivernale liée aux rigueurs de la météo, notamment en montagne où les aiguilles des sapins ne sont pas faites pour nourrir des compagnies, mais le problème des dégâts ne vient pas en premier des compagnies structurées, avec à la tête une "mama". Il vient de la classe jeune livrée à elle-même après les battues et qu'il s'agit de tirer avant la fin de l'hiver. Mais voilà la majorité de ces petites laies sont pleines actuellement et beaucoup lèvent le fusil, oubliant leur obligation, voire leur engagement.

Ensuite, l'absence de marcassins en mars-avril ne veut pas forcément dire mortalité, cf post du 14.11.2013, "chasse et rut du sanglier : l'échec du chasseur gestionnaire ?".

Ensuite, dire que les sangliers ont connu la "disette dès l'automne 2012" par absence de fruits forestiers est certainement aussi osé, quand on sait les tonnes de maïs, largement supérieures aux autorisations du Schéma Cynégétique, déversées habituellement par les uns et les autres en cette période et le montant des dégâts faits dans les maïs.

Ensuite, s'appuyer sur les faibles résultats des premières battues d'octobre dernier est également un peu osé. Ceux qui ont "attaqué" tôt les battues sont ceux qui risquaient le plus la battue administrative. Il fallait bouger les sangliers au cas où et montrer qu'on "faisait déjà le travail", à un moment où les biotopes et les couverts étaient encore denses faute de gelées précoces. L'objectif n'était pas forcément d'avoir un résultat et ce ne sont pas les "chambres à coucher" qui ont été attaqués en cette période.

Ensuite, le couplet sur les "chasseurs bravant les intempéries" tombent plutôt mal quand on sait que peu de groupes ont eu recours au tir de nuit et que c'est le manque de sorties de nuit par mauvais temps qui ont fait défaut, cf post du 24.8.2013, "les chiffres du tir de nuit avec sources lumineuses, criards de vérité !".

Enfin, le "tableau de chasse" ne veut rien dire au regard des densités, cf post du 5.12.2013, "sinistrose ou rhétorique habituelle ?".

Tant que le contrôle trichine ne sera pas obligatoire ou que le bracelet battue ne sera pas instauré pour générer des chiffres a priori exacts sur les quantités de sangliers tirés annuellement en battues, nous tournerons en rond.

Le passé nous montre que les gestionnaires du sanglier n'ont pas forcément toujours une réelle volonté de contrôler les densités et les dégâts, et "radio chasse" fait dores et déjà craindre, sur un certain nombre de territoires, une situation inchangée des dégâts au printemps à venir, d'autant plus que l'hiver reste doux, soit avec une progéniture déjà en ordre de marche.

La seule variable qui risque de changer la donne en certains endroits, c'est la dernière année des baux communaux qui va pousser certains groupes à aller "taper dans le capital". Le tout est de savoir si c'est encore avant le début de la période des dégâts ou seulement en novembre prochain.

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse, #Billet d'humeur

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