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Et si la FDC 67 faisait un geste ?

Le 26 mars dernier, dans un post intitulé "les discours face à la réalité des chiffres", j'ai présenté la répartition des dégâts depuis 2007, par zones vitales, "assemblées" à partir des lots de chasse à dégâts supérieurs à 1.000€. Très certainement, des erreurs ont été commises, n'ayant à disposition comme outils qu'un Atlas, google earth, la connaissance de certains secteurs, les chiffres par GGC du FIDS 67. Que ce soient chez les instances ou l'Administration, des analyses plus précises ou fines, notamment par adjudicataires existent vraisemblablement, elles ne sont hélas diffusées. Alors, il faut faire artisanalement, avec les moyens du bord quitte à générer peut être de l'imperfection.

Tout au long de la saison de chasse à travers de multiples posts, j'ai aussi beaucoup mis l'accent sur l'origine des dégâts. Se focaliser uniquement sur les lieux de dégâts, soit les espaces cultivés, c'est en effet ignorer les "espaces arrières" où réellement naissent, vivent et se gèrent véritablement les sangliers. Là aussi des données sur les déplacements de sangliers existent, suite à d'anciennes opérations de marquage. J'ai notamment souvenir d'un marcassin marqué à Lichtenberg et tiré à Dauendorf, mais les données recueillies sont là encore rarement diffusées.

D'un autre côté, des études récentes ont également fait ressortir que le sanglier se sédentarise grandement dès que la "chambre à coucher et la salle à manger" sont chaleureuses et accueillantes. Ne pouvoir mesurer le décantonnement des sangliers n'est donc plus un critère important dans la recherche de responsabilité des dégâts, dans la mesure où le nourrissage est à la base de la gestion des territoires à sangliers.

Par contre, l'étude soigneuse de la typologie et configuration des lots de chasse à dégâts ou des lots soumis à battues administratives est beaucoup plus significative sur la manière de gérer les territoires et les dégâts. Ainsi peut-on affirmer, comme maintes fois souligné, que les dégâts se font presqu'en totalité sur des lots mixtes avec suffisamment de bois pour "tenir" du sanglier par l'agrainage et de cultures ou prés pour générer de l’appétence.

Cela tord le cou à la théorie ou l'argument que "la forêt" ne génère de dégâts et qu'il est totalement juste d'intégrer "la plaine" dans le financement des contributions complémentaires.

Enfin, tout le monde reconnaît que les dégâts de l'année suivante se préparent dès l'automne avec le travail de dissuasion sur les prés par le tir de nuit et la réduction adaptée des densités par les battues jusqu'au-delà, si nécessaire de la fermeture générale. Or et ce n'est faire injure à personne, depuis l'instauration des FIDS le taux de prélèvement reste systématiquement très inférieur à celui de la reproduction avec à chaque printemps-été les mêmes conséquences.

Face à tous ces constats, force est de constater que "le travail n'est pas fait" par tout le monde dans notre département.

Prenons Jean-Philippe d'Issernio, notre nouveau DDT, dans l'interview accordé à la Chasse en Alsace, "il est possible de chasser le sanglier onze mois et demi par an, avec la possibilité de le tirer la nuit. Pourtant tous les locataires concernés par les dégâts n'utilisent pas cette possibilité..."

Prenons, le FIDS 67 dans son article publié dans la même Chasse en Alsace en décembre 2013 : " il est inadmissible que certains locataires à forts dégâts n'aient pas utilisé cet outil qu'est le tir de nuit. La trentaine de réunions 4 C, où nous avons toujours été présents, a permis de mettre en évidence, ce "je-m'en-foutisme" de certains élus qui veulent garder leur locataire, malgré des dégâts récurrents et un non paiement des contributions au FIDS et celui des locataires qui refusaient de tout mettre en œuvre pour réduire les dégâts"...

Face à tous ces constats, force est aussi de constater que quelques-uns ont tout de même "fait leur job".

Prenons encore une fois, le FIDS 67 dans sa publication dans la Chasse en Alsace : "Monsieur le préfet a autorisé le tir de nuit dans les cultures, fort heureusement, car cela a permis à ceux qui voulaient maîtriser les dégâts de le faire. ENCORE UN GRAND MERCI POUR CE GESTE..."

A l'appui de ces constats, le hic, c'est que tout le monde continue à être mis dans le même sac pour financer les contributions complémentaires. Aucun bonus, aucune distinction entre celui qui comme Ducros "s'est décarcassé" à "faire le job", notamment de nuit et par tout temps et celui qui est resté à la maison ou qui année après année se fait plaisir en battues sur le dos de la collectivité.

Le FIDS 67 n'a pas voulu aller au bout de sa volonté de plus de justice, malgré le signal lancé par le vote négatif lors de sa première assemblée générale, en démutualisant les contributions complémentaires pour reporter la responsabilité sur les membres "défaillants, négligents ou désinvoltes" récurrents (cf tableau des zones rouges), quitte à se contenter d'UN GRAND MERCI à l'égard de ceux qui ont "voulu maîtriser les dégâts", soit sur les lots sans bois ou sur les lots mixtes.

La Fédération des Chasseurs du Bas-Rhin n'a pas non plus pris position, voire fait des propositions envers "ceux qui ont fait le job", les laissant mettre la main au portefeuille, tout en se rendant compte que c'est mettre en péril l'avenir des chasses de plaine au petit gibier.

Cette situation est totalement inacceptable et demande UN GESTE significatif en faveur de tous ceux qui agissent sur la facture des dégâts sans pour autant être valorisés.

La FDC 67, si vous regardez son bilan au 30 juin 2012 (cf fichier) présenté à l'AG d'avril 2013 a fait état d'une situation patrimoniale des plus aisée avec un excédent, on ne parle de bénéfices en association, de plus de 449.000€, affecté sans vote par les membres au gonflement des fonds propres, ce qui sur un plan légal, notamment au regard de la fiscalité associative, est dangereusement illégal. L'objet d'une association n'est pas de cumuler les excédents en vue d'être placés, mais doivent être destinés à faire face à des besoins ultérieurs ou à des projets entrant dans le champ de l’objet non lucratif de l’association. A ma connaissance, aucun projet n'a été voté en AG depuis la décision de construction de la maison de la chasse.

D'un autre côté, FAIRE UN GESTE vers ceux qui ont fait le job par le tir de nuit avec des résultats significatifs, en terme de dissuasion ne serait certainement pas mettre en péril les finances de la FDC 67, au regard du bilan comptable. Par contre, elle montrerait sa volonté de favoriser "le travail" vers un retour à l'équilibre agro-cynégétique, de donner un signal fort et d'encouragement à l'action dissuasive de nuit.

Plusieurs choix d'attribution d'aide pourraient être retenus pour les membres impliqués dans la dissuasion :

  • verser la totalité des contributions complémentaires 2013 payées au FIDS 67, à partir des listes de demande d'autorisation de tir de nuit et les rapports d'activités transmis aux lieutenants de louveterie pour compenser les huit années de mutualisation injuste
  • verser seulement et plus chichement la différence entre les dégâts occasionnés en 2013 et le montant complémentaire payé au FIDS 67.

A partir des données des deux campagnes 2013 de tir de nuit avec lampes on verrait qu'au final peu de groupes de chasse seraient concernés par le geste de la FDC 67 et que l'implication financière exceptionnelle de cette dernière serait limitée, au regard des Fonds propres du bilan.

Non ce post n'est pas un poisson d'avril, même s'il peut être pris ou sera pris comme tel, le cas échéant.

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse, #Faune-Nature-Ecologie et Chasse

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