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Le gibier, otage de l'homme

Que des hommes ne parviennent à se mettre d'accord entre eux, que jalousies, rancunes ou autres vices peu louables rendent l'espèce humaine détestable pourquoi pas, mais rien, dans les conduites du chasseur, ne justifie de s'en prendre en retour à l'espèce animal. Certes, selon un vieux concept freudien, la frustration peut rendre agressif, mais qu'on aille alors sortir son "trop plein hydraulique" sur un punching-ball à l’effigie de son contradicteur et non sur le gibier de "sa chasse", sous prétexte que par défaut de gestion répété "on" vous prend la chasse.

Le gibier n'est, ne peut ou ne doit être l'otage de l'homme. Le débat est déjà suffisamment enflammé autour du "welfarisme" ou de la notion d'animal de rente qui pousse, à tort ou à raison l'homme à exploiter à ses fins l'animal, pour que le chasseur ne rajoute pas des comportements destructeurs indignes de l'image qu'il veut véhiculer auprès du grand public : celle d'un être responsable, premier acteur environnemental, fait d'éthique et d'expertise.

Non "tout ce qui bouge en forêt n'est pas à tirer" avant de devoir passer la main à un autre adjudicataire. Lorsqu'on parvient par aigreur à faire par exemple des tableaux impressionnants de plus de 160 animaux en quelques battues, c'est qu'on n'a "pas fait le travail" durant le bail, c'est qu'on s'est fait plaisir pendant un certain nombre d'années, sans tenir compte des avertissements qui ont permis aux propriétaires forestiers et aux agriculteurs d'obtenir de la part du Préfet un Cahier des Charges draconiens qui aujourd'hui pénalise toute la communauté, en premier les bons gestionnaires.

La chasse argent, vaniteuse, scoreuse, consommatrice existe partout. Si la "rédemption", appelée dans mes voeux 2015, passe par le rejet de ceux qui ont permis "aux forces supérieures" de nous mettre à genoux, les massacres seront vite rangés dans les faits divers et oubliés. Il est juste dommage que ce ne soit les responsables de la communauté qui aient fait le ménage avant, selon le principe que "le linge sale se lave d'abord en famille". En attendant le mois de janvier risque encore d'être rude en quelques endroits pour le grand gibier, hélas pour le plus grand plaisir des viandards et sourire de tous les adeptes du principe attendu "qu'un bon gibier est un gibier mort".

Tag(s) : #Billet d'humeur

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