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"C'est reparti", chapeau monsieur Riss

Après le 7 janvier qui a vu Charlie hebdo assassiné, "c'est reparti" avec un nouveau numéro sorti aujourd'hui sous la houlette du nouveau directeur de la publication, Riss, physiquement et mentalement encore bien meurtri par l'attaque lâche contre lui-même et ses potes"crayons" du journal.

C'est sacrément courageux en tout cas de vouloir poursuivre, soit de continuer à se battre contre l'intolérance, "pour que tout le monde puisse exercer la liberté d'expression", lorsqu'on a baigné dans le sang de ses frères fusillés à bout portant. Chapeau, Monsieur Riss.

Maintenant, au-delà de ce qui est certainement aussi une belle marque d'amitié envers les charlies victimes de l'intolérance religieuse, ce sont les interrogations que se posent le journal à travers l'edito de Riss qui retiennent toute mon attention, car elles posent la vraie bonne question, celle de la solitude des personnes qui gardent un esprit critique et osent l'exprimer.

Certes la France est devenue Charlie pour donner l'apparence, l'espace d'un week-end, que le journal ne "marcherait dorénavant jamais seul", mais en réalité comme le souligne fort justement Riss, face à une meute en place ou un certain niveau d'expression ou d'exposition, peu de gens font réellement usage de la liberté d'expression. Cette solitude, ses doutes, Riss les résument en une seule phrase lourde de sens : "qui a envie de se battre pour finir par être protégé par dix policiers 24h/24, personne".

Certes, c'est sympa de faire "rigoler les Français" à travers un journal satirique, mais quand au bout vous avez une fatwa sur votre compte, par ceux qui pensent que "la religion doit diriger tout", on entre dans la gravité et non plus la rigolade.

Les derniers événements communautaires entre juifs et musulmans montrent bien qu'aujourd'hui, la sémantique, soit le sens que chacun donne aux mots, devient de plus en plus le déclencheur de querelles et de conflits politiques,sociaux ou familiaux. Avec un mot mal pensé ou exprimé, vous devenez aujourd'hui anti, suspect, blasphémateur, ou poursuivi comme le chien de la caricature du jour qui porte dans sa gueule un exemplaire de Charlie hebdo, au point que ce n'est plus la seule liberté d'expression qui est en cause, mais l'expression tout court.

D'une certaine manière nous atteignons là les limites de la dominance médiatique devenu un gros business où tout est revu, trituré, commenté, twitté, diffusé, retourné selon sa vision personnelle ou ses fins, où que l'on soit dans le monde.

Dans ce contexte détestable, on ne peut dès lors que comprendre la nouvelle équipe de Charlie hebdo prise entre optimisme et pessimisme sur le sens et la pertinence de leur engagement, car eux sont exposés d'abord physiquement et ensuite seulement au risque de vindicte ou d'incompréhension par les deux entrées, l'écrit avec "le poids des mots" et le dessin avec "le choc" de la caricature.

En tout cas, à mon petit niveau, en tant que "siffleur d'alertes" sur le monde de la chasse et l'environnement, même si de temps à autre, le "à quoi bon" et le "prix à payer" se posent, je reste un petit joueur.

Chapeau Charlie hebdo.

Tag(s) : #Billet d'humeur

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