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Quand le FIDS 67 dépose sa hotte.

Après mon article de hier, (http://www.veillecynegetique67.com/2015/12/vers-l-heure-du-pollueur-payeur.html) l'ensemble des "patrons de chasse" ont reçu aujourd'hui leur invitation à l’assemblée générale du Fonds d'Indemnisation des Dégâts de Sangliers du Bas-Rhin qui se tiendra le jeudi 28 janvier 2016 à 18 h au Centre culturel de Mundolsheim. A l'ordre du jour et objet de la séance, bien sûr la fixation des contributions complémentaires 2015/2016 qui s'élèvent à un déficit de 110.000€, ce qui est peu, mais toujours de trop, au regard de certains records atteints par le passé. Je rappelle que dans le cadre du code de l'environnement, c'est toujours "dans le cas où" la recette de base constituée par les 12% du prix du bail de chasse ne suffit pas à couvrir les dépenses que seulement des contributions dites complémentaires sont demandées. L'objectif du législateur est donc prioritairement d'arriver à l'équilibre qui pour la nouvelle période 2015/2024 se situe autour de 850.000€ tout de même et non d'autoriser des dépassements. Le Plan National de Maîtrise des Dégâts de Sangliers, avec son application dans le Bas-Rhin à travers la Commission des Dégâts et les 4C est censé être le rempart pour éviter les dérapages.

Quoi qu'il en soit, vous trouverez dans le lien suivant ce post, repris du site du FIDS 67, l'ensemble des informations destinées aux membres pour expliquer le cheminement suivi par le Comité pour proposer une nouvelle sectorisation à 22, sachant que celle à 10 reste présentée.

Comme présagé hier dans mon article, quelques adjudicataires vont forcément faire la grimace quand ils vont voir le chiffre en euros sortir sur leurs calculettes et reflétant le coût de leurs sangliers. On ne peut bien sûr se réjouir de la facture que quelques uns auront à acquitter. Nul doute aussi qu'ils ne manqueront pas d'avancer des arguments pour se justifier. Mais sont-ils vraiment recevables?

A titre d'exemple, le secteur 41, le plus cher de la liste des "perdants", autour de Gries-Kurtzenhouse-Weyersheim à 43,46€ l'hectare boisé, a historiquement toujours figuré dans le top du classement des secteurs à dégâts. En signant ou re-signant un nouveau bail ces patrons de chasse savaient où ils mettaient les pieds. Le FIDS 67, la Fédération des Chasseurs, le Préfet et ses services, les agriculteurs, les forestiers avaient annoncé la couleur et siffler la fin de la récréation. Ces lots auraient logiquement dû revenir à leurs propriétaires-agriculteurs, si la raison l'avait emporté, tout au plus auraient-ils pu partir à 1€, en aucun cas faire l'objet d'un gré à gré. Tant que la communauté partageait les coûts, la vie était belle. Maintenant que l'équité prévaut sur l'injustice, la donne n'est plus la même, il va falloir assumer pour une fois, en adultes responsables.

Pour avoir un territoire sans surface boisée, mais exposé aux sangliers de la forêt tout au long de l'année sur quelques hectares avec des prés et des cultures, je sais combien la dissuasion est un sacerdoce, une corvée chronophage nécessitant une présence permanente avec des contrôles continus des sorties et beaucoup d'affûts anticipés, avant notamment la première sortie des sangliers. C'est toute une organisation qu'il faut mettre en place, y compris avec ses proches voisins pour disposer d'une équipe opérationnelle, si soi-même on n'est pas disponible 24/24 ou si on n'a plus l'âge pour passer des nuits inconfortables et fatiguantes dehors. Ce n'est pas pour rien que je qualifie de "gardes-champêtres" les équipes de plainards en charge de la surveillance des cultures, avec tout ce que cela signifie de sacrifices, notamment en périodes des vacances.

Maintenant je sais aussi que même avec la meilleure des bonnes volontés, il est possible de se retrouver avec des dégâts. Mais là encore, s'ils sont causés sur des prés par exemple, on peut les minorer, en prenant son courage à deux mains pour reboucher aussitôt les trous, dès leur apparition et non quand tout est retourné. Au final, non seulement on peut mieux contrôler les sorties, mais aussi minorer sa participation aux dégâts. Mais là encore, il faut "des mains" et de la disponibilité de tout le monde.

Enfin, il existe aussi des répulsifs qui s'ils sont bien appliqués peuvent aider à freiner les sorties, notamment pour ceux qui ont des chasses dites mixtes et qui ne veulent pas autoriser le tir de nuit ou trop prélever ou se faire tourner en bourrique par les sangliers la nuit.

Après, si on analyse de près les données du FIDS 67, il est vraisemblable que quelques "chanceux" ont encore échappé à la responsabilisation. A titre d'exemple j'ai relevé un lot réservataire à Brumath où chaque année les prés sont ravagés du printemps à l'hiver, tout comme le seul champ de maïs en bordure de forêt. Certes la somme ne doit pas être colossale, mais il n'en reste pas moins que ce lot d'une centaine d'hectares de forêt fait partie des historiques et pourrait, sans difficultés majeures, tenir par le tir de nuit les dégâts.

C'est toute la problématique des 12% de contributions de base qui font dire à certains, qu'ils ont au final par cet acquittement, une certaine somme à disposition, leur autorisant des dégâts.

Ce raisonnement est certainement défendable dans les massifs de montagne sans prés, mais beaucoup moins dans les zones cultivées. Il ne faut pas oublier que les chasseurs ont, dans le cadre de l'équilibre agro-cynégétique, signé lors du renouvellement de bail, un projet cynégétique ayant valeur d'engagement.

Laisser filer des dégâts à hauteur de l'enveloppe des 12% n'est donc plus jouable non plus, car moins la communauté maîtrise les dégâts et plus elle se met dans le collimateur des instances, en donnant de plus la preuve que ces chasseurs ne sont pas les experts de la gestion du grand gibier, comme ils veulent le faire croire.

N'oublions pas que ce sont les abus, le refus de ne pas prendre en considération le plan de Maîtrise des Sangliers qui ont conduit la puissance publique poussée par la FDSEA, à agir.

Maintenant, ce n'est que si les membres du FIDS 67 font l'effort de participer au vote que l'on pourra dire que le comité a fini par "rendre justice". Mathématiquement, la sectorisation à 22 devrait recueillir la majorité des suffrages. Rien n'est cependant acquis.

Pour ma part, j'ai suffisamment et pendant plus de dix ans, combattu "le système" de la mutualisation des contributions complémentaires, contraire à ce que le législateur voulait, à savoir responsabiliser pour ne pas aujourd'hui féliciter le Fonds du grand pas en avant proposé.

On ne pouvait accepter que les déficits répétés années par années par les mêmes soit imputés à tous, sans distinctions, uniquement par appartenance à un secteur découpé sans lien avec les zones vitales des sangliers. Il n'existe par exemple, aucun lien entre les dégâts de Wissembourg et de Haguenau et encore moins entre ceux de Wissembourg et de Brumath. Le découpage à 22 va donc dans le bon sens.

Evidemment, les réponses du FIDS 67 qui n'est qu'un organe de prévention et de financement des dégâts et non de gestion, ne règlent en rien la problématique des chasseurs en forêt, quant à la manière de parvenir à l'équilibre agro cynégétique en certains endroits. N'oublions pas que depuis deux ans nous avons été chanceux d'avoir des prix agricoles en baisse et des rendements moyens. La courbe peut très vite s'inverser, la garde ne peut donc à aucun moment être relâchée.

La revue trimestrielle "Grand gibier" d'octobre 2015 titrait à l'appui d'une photo d'un grand keiler "suis-je encore gérable ? " C'est certainement la bonne question, en tout cas celle que devront se poser les patrons de chasse, qui, sauf surprise énorme, devront sortir un gros portefeuille en février prochain.

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse

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