Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Si novembre sonne toujours l'heure du début des battues de sangliers, c'est aussi le moment de regarder d'un peu plus près les chiffres des dégâts qui vont engendrer prochainement la facture des contributions complémentaires sectorisées.

Sur un plan financier, 2016 ressemble à 2015. Sept cent dix neuf mille cinq cent trente trois euros contre 720.220 € l'année passée. Côté surfaces détruites par contre le millésime 2016 est moins bon, 749 ha par terre contre 682 ha, avec une explosion du réensemencement des semis de maïs, plus de 146 ha contre seulement 51 en 2015.

Tout comme pour les dégâts de prés, une bonne partie des dégâts de semis sur des surfaces alors ouvertes au tir pourrait, devrait normalement être évitée, en tout cas plus réduit. Certes, le printemps pourri prolongé n'a pas incité à la veille nocturne, mais si on veut "faire le job", vis-à-vis de nos détracteurs, comme on le laisse entendre, le prix à payer nécessite les sorties répétées et pas seulement par temps clément. C'est le lot du chasseur de plaine et tout particulièrement des adjudicataires de surfaces agricoles utiles (SAU) et de forêts. Il suffit de regarder du côté de la liste des lots dits "sensibles"  et les soixante treize lots recensés, pour voir où le bas blesse. Comme depuis toujours, le chasseur alsacien avec forêts et cultures a du mal à chasser après les battues. Or comme le répète le FIDS 67, les dégâts de prés et de printemps donnent le ton de l'année.

Autant on aime "chiper" le brocard du voisin, autant on déteste tirer dans son cheptel, alors la tendance est forte de fermer un oeil, voire les deux, quand vient l'heure des sorties nocturnes à découvert des sangliers. Et puis comme déjà répété, un certain nombre estime aussi disposer d'une "avance sur dégâts", voire pire d'un droit à dégâts, avec le paiement de la contribution de base payée au printemps au Fonds d'Indemnisation, au FIDS 67 de réduire ses frais de fonctionnement. Certainement un mauvais calcul aujourd'hui avec la volonté du FIDS 67 de sectoriser au plus fin la contribution complémentaire, sans état d'âme et sur de plus en plus le principe du 360° pour déterminer l'origine, soit les zones de vie. 

Hormis l'astreinte et la fatigue, voire le bouleversement du rythme de vie, l'affût nocturne est pour ceux qui cherchent à faire corps avec la nature très prenant, tout est amplifié, y compris la montée inévitable d'adrénaline au moment de la rencontre avec la bête noire. Sortir de nuit est un acte de patience, d'endurance, voire de courage, une réelle école de la chasse, une immersion sensorielle dans le monde du silence et de la nuit. Avec la possibilité de recourir à la lampe, du moins à certaines périodes, (pourquoi d'ailleurs pas durant toute la saison des dégâts ?), le tir aléatoire perd en plus de sa force, devient totalement sécuritaire et autorise un tir net et propre. Alors où est le problème ? Dans l'éloignement des partenaires, la pyramide des âges des chasseurs, le manque de confort des échelles, la peur du noir, des mauvaises rencontres, de la solitude du tireur en cas de réussite nocturne (il faut bien que "quelqu'un" vide-charge-décharge l'animal...), le manque d'éthique ?  Ce couplet souvent avancé par les détracteurs ne tient pourtant pas trop la route, puisque beaucoup de chasseurs en forêt souhaitent le tir de nuit durant la période lunaire ou par temps de neige ou sont tout aussi confrontés à l'obscurité en toute fin d'heure légale de tir, voire de dépassement pour certains.

Du temps de la mutualisation des contributions complémentaires, l'impasse de nuit pouvait se faire, aujourd'hui, elle commence à avoir un prix avec le changement d'orientation du FIDS 67 et peut donc faire réfléchir plus d'un sur la stratégie à adopter : réduire la densité, revoir l'agrainage dissuasif linéaire souvent "oublié" en période de dégâts, autoriser-intensifier le tir de nuit, se désengager, la diminution à prévoir des tableaux d'ongulés peut y inciter, revoir ses modes de chasse ? Bref, le débat est loin d'être clos. Une chose est certaine, le sanglier est le gibier de base de la majeure partie des lots de chasse mixtes ou totalement forestiers. Si demain, le curseur des résultats chute avec à ses côtés celui des chevreuils et des cervidés les battues vont perdre inévitablement de leur attrait et ce sera la "chasse à l'invité" qui sera grande ouverte... et sur un plan financier celle au partenaire, hormis pour les chasses en nom propre, bien sûr...

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts, #Forêt et gibier ?

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :