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L'IWA de Nurenberg reste le grand rendez-vous du monde de la chasse et des armes, y passer du 3 au 6 les quatre jours entiers est forcément un moment privilégié pour voir fabricants et fournisseurs, dénicher des articles, des nouveautés susceptibles d'être commercialisées sur le marché français. Sur un plan commercial, pour le « team Hillman », lisez le groupe de quatre que nous étions autour de notre ami Michel, grand professionnel de la chaussure de travail et d'outdoor, mais aussi des armes de chasse et tout ce qui concerne l'équipement du chasseur, la satisfaction du devoir accompli a accompgné son retour à Dorlisheim. Parcourir pleinement les allées des sept halls, à la recherche de produits entrant dans la gamme recherchée par Eber Distribution, selon un plan et programme bien défini à l'avance, tout en restant attentif à une innovation, demande du temps, un peu d'endurance, les 10.000 pas par jour prescrit par les modèles de santé sont très vite atteints, mais c'est le prix à payer pour faire les bons choix, offrir par la suite les meilleurs rapports qualité-prix à nos chasseurs, dans un marché resté hyper concurrentiel.                                                         

 

Côté ressenti, j'ai par contre eu beaucoup plus de mal à la vision des stands d'armes dites « tactical », soit l'ensemble des armes de catégorie B, proposés par le complexe militaro-industriel aux tireurs sportifs. Là j'avoue je coince, grave, partagé entre le sentiment d'être retourné au Far-West, d'être plongé dans l'Amérique de Trump, des jeux vidéos où ça flingue dans tous les sens. Nous vivons tout de même dans un drôle de monde pour ne pas dire de cinglés, où les fabricants offrent tout pour pousser des êtres fragiles à péter un câble. Dans un monde fait d'extrêmes et de fanatisme, avons-nous vraiment besoin de cette débauche d'armes à crosses déjantées pour Rambos en mal de sensations ? Il serait temps que le monde du business des armes se posent la question avant qu'il ne soit trop tard et que cela fasse boom. Une chose est certaine, je ne voudrais pas être président d'un club de tir. Je ne suis pas convaincu non plus que nos candidats aux élections soient bien conscients de la puissance de feu qui est distribuée à travers le monde, en dehors des marchands d'armes ou de sécurité. Vous ajoutez à cela tout ce qui tourne autour des trafics et vous ne pouvez qu'avoir la chaire de poule, si tant soit peu vous êtes dans la normalité, ce qui aujourd'hui ne veut peut-être pas dire grand chose non plus. On n'est plus dans les Tontons flingeurs de Michel Audiard, on a dépassé depuis longtemps "la puissance de feu d'un croiseur et des flingues de concours".  Bref, j'ai vu plus d'armes à l'IWA 2017 que nous n'avons de lièvres sur le Bas-Rhin.

 

Côté "sophistication" de la chasse pour ne pas dire évolution, j'éprouve la même gêne que par rapport au monde du tir sportif. Les gros, c'est bien connu, sont là pour manger les petits. Blaser poursuit son bonhomme de chemin et rend captif son client chasseur de la tête au pied et jusque dans l'organisation de ses séjours cynégétiques. Avec la sortie de jumelles et bientôt de lunettes de tir, le ton et la direction sont clairement donnés, l'ogre allemand veut lui aussi tout contrôler et prendre le max de parts de marché, ce qui ne va pas laisser indifférent ses concurrents qui vont forcément épouser le même business modèle éprouvé en premier par Swaroski.

 

A côté, des grandes marques, vous avez la filière turque, avec par exemple Verney-Carron qui en reprenant un de ses fournisseurs joue sur "l'arrivée du bas de gamme", en clair la production à moindre prix. Avis aux amateurs.  Maintenant, dans tout ce business miche-mache, personnellement, je garde la confirmation qu'il reste encore de la place pour de petits artisans, tout particulièrement italiens, capables de résister et de proposer de belles choses à nos chasseurs ou tireurs sportifs, pour peu qu'ils ne se laissent pas gagner par le marketing des grands qui font les marchés à renforts de communication et publicité. C'est dans les niches que se trouve le bonheur du chasseur, pas dans les grands groupes pompeurs de pognons. Hélas, la notion de marque attire aujourd'hui plus que jamais, au détriment du bon rapport qualité-prix.

 

Enfin, ce qui m'a finalement le plus marqué ou plutôt attristé, c'est le tournant orchestré par les fabricants et les lobbies vers la chasse technologique, avec des slogans savamment étudiés : "l'intelligence numérique, l'aube de demain, l'avenir de la chasse est devant nous, rapprocher les cibles les plus lointaines". Incontestablement, compte tenu de l'orientation de l'offre, la chasse devient de plus en plus du "sniping", il est urgent de s'y opposer dès aujourd'hui et de dire non.  Maintenant inutile de se faire des illusions, le train roule déjà à grande vitesse, il sera impossible de l'arrêter, même si en France le tir à plus de trois cent mètres reste encore interdit, tout comme l'usage de lunettes "intelligentes" ou de carabines avec réducteurs de sons. Les brochures de présentation des produits sont en français, les stands sont inondés de lunettes thermiques et autres produits pour ficher par-terre un animal en toutes conditions et distance. Le facteur humain dans la chasse est en passe d'être totalement enlevé, tout est fait pour que la sortie se transforme en résultat. Le complexe militaro-industriel a savamment imposé le camouflage, sous couvert de sécurité qui a fait ranger le bon vieux loden dans les placards et dans la naphtaline. Dans très peu de temps, l'art de la chasse, de l'approche, de celle qui ne succombe pas à la tentation du tir à tout prix, sous prétexte qu'on a fait des kilomètres en déplacement, va s'oublier sous l'influence de la technologie testée dans le champ militaire et vendue à la chasse. Les chevaliers recherchaient le "corps à corps" avec l'animal, le chasseur du XXI ème siècle, le "coup", à renfort d'applications pour smartphone. 

Les nouveaux matériaux, comme le carbone, permettent non seulement de façonner des crosses qui n'ont plus grande esthétique ou valeur d'artisanat, mais surtout, argument de vente à l'appui, de réduire le poids. Sauf qu'une partie du gain en grammes va être pris par le poids des silencieux qu'on va voir se multiplier sur les canons. Où est le gagnant ? Chez le chasseur qui veut multiplier les tirs durant la même sortie, chez les fabricants qui vont pouvoir revendre des armes nouvelles, chez les animaux sauvages certainement pas ? 

Comme dit Michel, "nous sommes en pleine course à l'échalote". Hélas comme l'oignon, elle fait pleurer tout autant.

                                                          

 

"Les défis d'auourd'hui ne peuvent être relevés qu'avec la technologie de demain, l'heure est maintenant venue de dévoiler la lunette dS"  Swarowski

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Tag(s) : #Billet d'humeur, #Faune-Nature-Ecologie et Chasse

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