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Plus le temps avance, plus le voile sur le projet de contournement s'éclaircit, à travers déclarations ou petites phrases des uns et des autres. Pour qui veut regarder de près le dossier sous tous ses angles, notamment en lien avec les projets de développement de la "capitale européenne" qui coûte que coûte veut grandir en mégalopole pour être l'égal de Bruxelles et asseoir définitivement son siège européen, le projet de contournement est et reste un non sens, correspondant à une approche peut-être valable pour les années 70 du siècle dernier, mais en contradiction totale avec les orientations prises entre temps : Protocole de Kyoto, (décembre 1997), Coop 21, (décembre 2015) pour ne citer que les plus connues du grand public. Pour peu que l'on soit sincère, la planète vit de plus en plus mal et avec elle l'homme, la faune, la flore, les lacs, fleuves, océans, forêts, tout ce qui fait qu'un écosystème puisse fonctionner en équilibre.

Comment un homme politique dans ce contexte et responsable peut-il dire qu'il  "préfère que l'Alsace devienne un couloir à camions que de la voir exclue de l'économie du monde", comme l'a fait Robert Hermann ? A chaque fois que j'entends cette citation, je m'attends à ce qu'elle soit démentie comme un fake, tellement c'est énorme, mais non, elle semble bien réelle. Un tel propos a cependant le mérite de bien confirmer l'idée de base du projet de GCO, faciliter un axe de transport routier Nord-Sud de l'Europe.

Dans le même ordre d'idées, deux arguments sont inlassablement avancés par Mr le président de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin pour justifier l'urgence du grand Contournement  "Il en va de l'attractivité de l'Eurométropole et plus largement de l'Alsace", "réduire de 40.000 véhicules par jour, le trafic sur l'A35".

Depuis quand le goudron, le béton, le bruit, la pollution automobile et industrielle, les nuisances olfactives diurnes et nocturnes sont-ils des aimants valorisant une région. Il fut un temps où l'Alsace émerveillait par son "beau jardin", ses cigognes (et non ses hamsters), géraniums, maisons à colombages, ses villages fleuris authentiques, sa route des vins, sa gastronomie, sa cathédrale, son patrimoine historique en général, ses chasses. Aujourd'hui, tout cela est ringard, juste digne de figurer dans un éco-musée, l'heure est aux maisons et immeubles neufs HQE (Hautes Qualités Environnementales), standardisées, cubiques ou rectangulaires et à toits plats, sans véritable charme, avec des petits espaces verts mais surtout "minéralisés" pour faciliter ou plutôt économiser l'entretien, l'heure est à l'artificialisation des espaces sur fond de développement, bien sûr toujours au profit du bien être, en tout cas de ceux qui financent les prêts à taux zéros ou ridiculement bas pour vendre et enrichir ceux qui fournissent le béton ou les briques, qui promeuvent les projets, rédigent les actes, qui empochent les taxes d'urbanisme, selon le bon vieux principe "quand le bâtiment va, tout va" et actuellement ca marche du feu de dieu pour Vinci & co.

On appelle cela "une dynamique de croissance" et tous ceux qui se mettent en travers, à un titre ou un autre, sont forcément des ringards, vieux cons, écolos, soixante-huitard attardé, zadiste. Tout ce que je constate, c'est que le "toujours plus" n'a pas l'air de rendre les gens plus heureux, moins stressés face aux fins de mois difficiles, en meilleure santé, bref épanouis et plus heureux. Les couples se déchirent, les familles se recomposent, les laissés pour compte augmentent à travers le monde, "le metro-boulot-dodo" reste le quotidien pour beaucoup pour s'attacher le prix de la modernité sur fond de marketing créateur de besoins dont pour beaucoup on peut se passer.

40.000 véhicules par jour vers Strasbourg en moins, ne se réussit pas en les faisant contourner, mais en parvenant à les laisser au garage. C'est toute la différence entre un GCO et une politique des transports en cohérence avec les besoins de la planète qui nous héberge. Enfin, personne ne peut croire un instant que plus de route donne moins de véhicules, d'autant plus que l'objectif est de faire de l'Alsace "un couloir à camions". Personne ne peut croire un instant que de nouvelles zones dites "économiques ou d'activités" ne verront le jour à côté du tracé du GCO avec des plate-formes de transporteurs alimentées par les camions des pays de l'Est qui selon la CCI contribuent si bien au développement et à l'activité de notre région. N'est-il pas étonnant, dans cet ordre d'idées que les agriculteurs concernés par la perte de terres ne soient plus en premières lignes de l'opposition et que ca se chamaille apparemment pour obtenir dans le remembrement des ares "bien situés" , en clair susceptibles de passer en constructible ?

Quant à la requalification de l'A35 en "boulevard urbain", de plus en plus de Strasbourgeois et d'utilisateurs de l'axe aux heures de pointe se rendent maintenant compte que l'objectif pernicieux est bien de forcer les otages du trafic pendulaire à utiliser par la suite le GCO et bien sûr son péage au tarif fort puisqu'aux heures de risque de bouchon, il est au plus haut. Croisements, feux rouges rendront forcément le passage par la ville plus long que par le GCO pour ceux qui veulent simplement transiter. Le choix sera alors comme actuellement, bouchon, départ plus matinal ou retardé le soir ou péage ? A l'usage, ce sera péage, certitude de Vinci. Il n'y a plus que les naïfs et ceux qui prennent comme parole d'évangile les propos de politiques ou de financiers pour croire que l'A 35 rebaptisée sera enfin fluide.

On le voit, ce GCO est une fausse bonne solution et reste plus que jamais une Grosse Couillonade Organisée.

Et n'oublions pas, dans un coin de la tête que "tout ce qui ne peut s'obtenir avec de l'argent, s'obtient avec beaucoup d'argent".

 

 

Tag(s) : #Grand Contournement Ouest

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