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Depuis l'origine de la sectorisation des dégâts par le FIDS 67 à partir des Groupements de Gestion Cynégétique (GGC), j'ai fait ressortir l'iniquité de ce système qui ne s'appuie ni sur une des finalités recherchées par la loi, ni sur les domaines vitaux des sangliers causant des dégâts, mais sur un simple découpage cartographique qui au début ne retenait même pas les barrières naturelles empêchant les sangliers de circuler. Entre temps la sectorisation s'est affinée pour parvenir pour la saison 2017 à 28 secteurs. On pourrait penser dès lors que le FIDS 67 intègre davantage comme paramètre de base le principe dit du 360° qui consiste à recenser autour d'une zone de dégâts les proches zones forestières ou à biotopes favorables et d'où proviennent les sangliers  .

Ce système serait du plus juste si n'y était pas intégré un deuxième paramètre "parasite" par le Fonds, la part de la contribution de base versée en avril de chaque année, les fameux 11 ou 12% qui engendre pour certains un "bon à dégâts" , oubliant que les 11 ou 12% (environ 800.000€) servent avant tout à couvrir (717.000) les charges hors dégâts indemnisés aux agriculteurs. Dès lors certains secteurs ne correspondent à la réalité du terrain, sans que les lots concernés ne semblent s'en émouvoir particulièrement, cf l'absence de questions posées à l'AG.

Maintenant, les esprits chagrins peuvent toujours rétorquer que tout cela est bien gentil, mais au fond ne reflète que ma perception "obsessionnelle" d'un système. L'étude approfondie du secteur 43 à partir de l'exemple du lot de chasse de Dieffenbach-les-Woerth que je connais de l'intérieur va permettre d'étayer mes dires.

Il s'agit là d'une petite chasse de 331 ha dont 83 de hauts bois en lisière de cultures, donc non exploitables en battue. L'autre particularité c'est qu'elle est au cœur de plusieurs territoires Gunstett-Oberdorf/Spachbach-Surbourg-Goersdorf-Preuschdorf avec des limites "abracadabresques". Enfin, les dégâts proviennent avant tout d'un champ de maïs de 27 hectares d'un seul tenant dont les 3/4 sont implantés sur le lot de Preuschdorf. Dernières précisions, le tir de nuit y  exercé avec acharnement sur toute la saison, sur entre cinquante à quatre vingt sangliers qui tournent sur l'ensemble de ce secteur avec à l'heure actuelle des créneaux de tir se situant entre 18h et 20 heure, ce qui permet de dire que les sangliers viennent toujours de lots proches.

Avec Oberdorf/Spachbach et Goersdorf, Dieffenbach-les-Woerth a été intégré étonnamment, comme il ressort du tableau joint en lien, dans un nouveau secteur, le 43  et non plus dans le plus grand secteur du Bas-Rhin, le secteur 4 du GGC Sauer-Moder, contrairement aux lots voisins de Gunstett-Surbourg. Premier point.

Deuxième point, dans ce nouveau secteur, Dieffenbach-les-Woerth se retrouvent avec le lot 2 de Wingen, les lots 5-7-8-9 de Wissembourg, les lots 3-4 de Lembach,Lembach/Pfaffenbronn, Lamperstloch, Climbach et Drachenbron/Birlenbach. Rien qu'à regarder "Google map" on peut se rendre compte que les sangliers de ces lots n'ont aucun rapport avec les dégâts du secteur de Dieffenbach. Il y a plus de 11 kms à vol d'oiseau avec les dégâts du Petit Wingen, sachant en plus, rappelerz-vous, que les sangliers sortent incroyablement tôt sur la zone de Dieffenbach.

https://www.google.fr/maps/@48.9371717,7.7889961,9847m/data=!3m1!1e3

Par contre, juste à côté, vous avez le massif forestier de Preuschdorf et celui de  Gunstett/Surbourg, forêts à sangliers. Questionnez les gestionnaires du secteur, tous sauront vous dire, s'ils sont honnêtes, d'où viennent les sangliers vus tout au long de l'année, qui a fait l'effort de dissuasion sur le secteur ou qui a été défaillant, y compris historiquement. Si donc on a voulu isoler un secteur, ça ne pouvait se faire sans inclure Gunstett (2.948) et Surbourg (9.307€ de dégâts), Preuschdorf (6.910€)  et en lots boisés Goersdorf et celui ou ceux de la forêt de Haguenau entre Biblisheim et Surbourg. Reste que le dindon de la farce est le locataire de Dieffenbach seul vraiment impliqué dans le tir de nuit et qui subit les négligences environnantes pourtant connues. Certes il a sur son territoire des dégâts, arrêtés pour lui à un peu plus de 3 ha (et non à plus de 5), mais que pouvez-vous faire si vous êtes adossés à un océan de maïs ?

Maintenant, au-delà de l'erreur d'avoir intégré un lot dans un mauvais secteur, créer un secteur pour avoir "une base légale" afin de rentrer l'argent nécessaire pour indemniser le monde agricole est une chose, mettre devant leur responsabilité les groupes de chasse sur l'étendue de la facture est un autre sujet. La réalité sur les "gros risques" se trouvent dans les territoires de chasse mixtes, souvent de grands territoires, on la retrouve là encore dans l'exemple du secteur 43. Quinze territoires y ont été entrés, 58.300€ de dégâts, dont 43.900 se forment sur un massif de 3781 ha de bois à sept lots mixtes et trois de forêts. Au loin vous retrouvez la plaine de Dieffenbach-les-Woerth...

3457 ha y sont tenus par deux groupes de chasse à territoires mixtes. Je ne connais le montant que ces deux membres du FIDS 67 payent en contributions complémentaires, mais même si le "bon à dégâts" doit être conséquent, il entraîne néanmoins plus de 26.000€ de dégâts pour eux tout seul. Financièrement, le sanglier préservé pour les battues coûte cher. Si pour aller plus loin, on totalise ce qu'un des deux groupes va devoir verser au FIDS 67 en contribution complémentaire,16.000€, et le montant réel des dégâts sur cette chasse, 6512, la perte est de l'ordre de 9.500€. Se pose forcément la question, pourquoi ne pas dissuader par le tir de nuit ? Soit parce que l'argent n'entre en ligne de compte, soit parce que c'est compliqué pour avoir du résultat, soit par manque de chasseurs ou les contraintes physiques du tir de nuit, ou-ou-ou ? Seuls les intéressés peuvent apporter la réponse.

Au final, on revient toujours à la même problématique, la mutualisation est contre productive, elle n'a depuis son instauration, soit il y a douze ans, montré sa capacité à gérer la problématique des dégâts excessifs. Elle reste encore injuste dans la mesure où des territoires sont mis à contribution alors qu'ils font ce qui est possible pour enrayer les excès ou les risques, tout comme elle englobe des lots où jamais n'a été constaté de dégâts ou vu un sanglier.

Les facteurs de dégâts sont historiquement connus, la marchandisation des chasses, les trop grandes densités laissées en fin de saison, notamment dans la classe jeune, le peu d'engouement de chasser en battue si nécessaire au-delà de la fermeture générale, la défaillance-négligence-désinvolture essentiellement sur une typologie de territoires, les chasses mixtes, la pyramide des âges des chasseurs locaux, la problématique de l'heure légale du tir en forêt, le détournement de l'agrainage, la complexité du tir de nuit en plaine, notamment sans lampe, la déprise agricole qui pousse à exploiter jusque dans la forêt, les amalgames autour du développement forestier et de l'agrainage destiné au sanglier, mais dont profitent chevreuils et cervidés, le refus d'adapter la législation aux réalités du terrain, cf actuellement l'arrêt du tir de nuit et de l'agrainage en zones proches de cultures ou de prés.

http://www.veillecynegetique67.com/2018/01/urgence-d-agir-pour-le-maintien-du-tir-de-nuit.html

Le plus désolant dans tout ce mic-mac, c'est que le sanglier en tant qu'"animal non humain", cf les welfaristes, mérite mieux que d'être vu comme un simple gibier de tir ou provocateur de dégâts.

Présentation détaillée du secteur 43 à partir des données du FIDS 67

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts

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