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L'agriculture ne veut plus de grand gibier après avoir détruit le petit, la forêt privée ou publique veut à son tour l'éradiquer et les Français ne veulent plus de la chasse.

De son côté la chasse tente de sauver les meubles, a perdu son image populaire et bienveillante, paye son incapacité à gérer l'abondance, cherche des réponses consensuelles, baigne dans les interdictions, sauve provisoirement son maintien par le poids économique qu'elle peut encore représenter en terme de PIB et d'emploi.

C'est dans ce contexte général de faiblesse et dans une ambiance malsaine que se discute actuellement en coulisses la nouvelle version du Schéma Cynégétique bas-rhinois. En clair, la chasse, le fusil chargé sous le menton par ceux qui veulent la mettre à genou, rejoue le western "Règlements de comptes à Ok Corral" .

Longtemps, la chasse en forêt a pensé que tant que le monde agricole serait indemnisé des dégâts, elle pourrait rester dans son objectif prioritaire : avoir le plus possible de sangliers. Mais son allié et premier fournisseur de maïs pour l'agrainage est devenu au fil du temps plus gourmand et moins "participatif" avec la montée des jeunes générations, endettées au Crédit Agricole et à la CMDP.

Un nouveau défi, une nouvelle adéquation s'est alors imposée aux chasseurs :  toujours avoir le plus possible de sangliers, mais sans trop de dégâts.

En même temps que ce changement d'orientation, la fausse bonne idée des chasseurs en forêt a aussi été d'imposer par le lobbying la mutualisation des déficits gérés annuellement par le Syndicat des Chasseurs en forêt, en charge des indemnisations. La martingale semblait trouvée : avoir le plus possible de sangliers et payer individuellement moins, voire pour certains plus du tout de contributions complémentaires, appelées en son temps "sur-taxe". Sont nés alors les FIDS 57/67/68 et l'intégration des surfaces non boisées dans le décompte des factures finales annuelles.

Le bon sens , la logique aurait voulu que la direction des FIDS soit rattachée aux Fédérations. La Moselle l'a bien compris où le Directeur cumule les deux fonctions au siège unique de la FDC 57. Economie d'échelle d'un côté, unité d'action de l'autre. Jamais vous ne verrez  une entreprise avoir les organes de décision et de pouvoir dans une personne morale et les organes financiers dans une autre. Dans le monde de la chasse du 67 et du 68, comme à la SNCF, "c'est possible".

Tant qu'on est dans le tout venant, ca marche, mais lorsqu'on arrive dans le dur, comme c'est le cas dans le Bas-Rhin actuellement avec les décisions à prendre pour le Schéma Cynégétique, le risque est d'arriver très vite à la partie de ping-pong plutôt qu'à des orientations communes prises la main dans la main pour rester uni et soudé à la table des négociations. 

Mais au final, de toutes ces querelles le patron de chasse bas-rhinois en forêt n'en a que faire, sauf s'il fait partie des instances respectives. Qu'est-ce qui l'intéresse individuellement ? Qu'on ne lui casse pas.... son capital.  Et ce vœux pieux, voire cette nécessité par les temps qui courent où les bas de laine s'épuisent, passe par le maintien de l'agrainage, tout particulièrement linéaire dans les proportions demandées par le FIDS 67. On peut comprendre, car nul besoin d'experts en gestion de sangliers :

  • sans offre permanente de nourritures supplémentaires pas d'accroissement et de concentration de populations possibles,
  • sans multiplication de postes fixes peu de résultats à l'affût, ou plutôt de possibilités de faire sortir tous les partenaires
  • sans linéaire proche des cultures, prolifération des dégâts.

L'équation est simple, mais bougrement difficile à résoudre, elle passera d'une manière ou d'une autre si on veut éviter la casse par les autorités par :

  • les Kirrung à 3L/jour (bonjour le travail et les contrôles)
  • le linéaire uniquement en zones sensibles aux cultures dans un rayon à définir, la logique d'évitement des dégâts voudrait que ce soit à l'intérieur des massifs et non sur les lots proches des sorties de forêts, ce qui rendrait inatractifs les lots concernés, sauf à les rattacher aux lots centraux (bonjour les discussions sur la faisabilité)
  • au choix du locataire, l'agrainage à poste fixe ou en linéaire en zones non concernées par un risque de dégâts et avec obligation de tir de nuit avec résultats, en cas de présence de prés sur le territoire
  • un changement de mentalités pour sortir de la quantité et retrouver une qualité, ce qui passera par des relations "intelligentes" et non "entre concurrents voisins", sous prétexte que le gibier est res nullius et appartient à celui qui le tire... (bonjour le vœu pieux)
  • une diminution du nombre de partenaires autorisés, une négociation sur les prix des lots perdant de leur valeur cynégétique (bon courage)
  • toute mesure qui permettra de réconcilier, mieux chasser le sanglier (priorité aux classes jeunes), préserver en nombre satisfaisant pour tout le monde les densités de grands gibiers, de sortir du cycle mortel des chasses marchandes, y compris en terme d'image par exemple.

Autant dire, il y a mieux à faire que le yaka , le Moi je, Oui mais, voire sortir les "gilets rouges"

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse, #Gestion du sanglier et des dégâts

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