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Pour toutes mes publications, je cherche toujours à éclairer mes articles par une image pour illustrer, accentuer mes propos. Ces derniers temps, pour le traitement de l'actualité autour du GCO, Vinci, la suppression du tir de nuit et les dégâts de sangliers, mes inspirations sont allées du côté de l'histoire nationale avec Vercingétorix, symbole fort de notre histoire, de la résistance et du sacrifice et vers le cinéma avec le film L'emmerdeur pour qui je passe  auprès de certains dans le monde de la chasse. Par contre, jusqu'à ce jour je n'avais trouvé de symbolique suffisamment forte mariant image et ton du blog, représentative de mes états d'âme et réflexions, tirée si possible de notre histoire de l'Alsace et reflétant mes sentiments de grogne face à l'exercice du pouvoir, à des faits de société divers et variés, aux pensées orientées et autres joyeusetés que notre société sert aux nouveaux "rustauds" que nous sommes. Le manque d'identité forte et d'image est désormais comblé, "Le Bundschuh" renaît.

C'est tout à fait par hasard en ce week end ensoleillé et glacial que je suis tombé sur le rappel en mémoire de cette page de notre histoire alsacienne, dans le cadre d'une discussion chasse autour de l'Ungersberg. Plus mon épouse avançait dans la lecture de l'histoire du mouvement de révolte des paysans alsaciens et germaniques et plus il devenait évident que j'allais redoner vie à la banière du "Bundschuh" et son expression en français, "la révolte des roustauds".

Adjugé-vendu, présenté, avec un peu de rappel d'histoire et de pages wikipedia pour comprendre combien cet épisode de notre passé porte en lui des valeurs fortes retrouvées dans des thèmes abordés dans ce blog. Le "Bunschuh" pourrait d'ailleurs tout aussi bien convenir à nos politiques locaux entrain de tenter de fédérer l'union entre le Bas et le Haut ou de revenir vers l'acte manqué, saboté par eux-mêmes lors du référendum sur la Région Alsace :

"Le Bundschuh (le « soulier fédératf ») est le nom générique d'un ensemble de soulèvements paysans coordonnés centrés sur la région du Rhin supérieur. La première réunion documentée de meneurs de ce mouvement s'est faite au sommet de l'Ungersberg, le 23 mars 1493.Le sommet de l'Ungersberg a probablement été choisi comme point de convergence de nombreuses juridictions dans une Alsace morcelée. Ce courant de réformes, à l'origine de l'émergence d'une conscience alsacienne, s'est achevé pour la basse Alsace, dans un bain de sang, non loin de là, à Scherwiller le 20 mai 1525"...

Ce mouvement paysan sur fond évangélique a bel et bien secoué l'ensemble du Saint Empire romain germanique. Sa banière, le soulier n'est pas devenu symbole de l'affranchissement par hasard en cette période d'oppression et de servitude du monde paysan, c'était sa chaussure exclusive, bottes et brodequins lui étant interdit. 

Les onze articles, soit autant de griefs et de revendications du moment, deviendront trois siècles plus tard une formulation en trois mots : Liberté-Egalité-Fraternité

  1. "l'évangile doit être prêché selon la vérité et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres
  2. nous ne paieront plus de dîmes, ni grande ni petite
  3. l'intérêt sur les terres sera réduit à 5%
  4. toutes les eaux doivent être libres
  5. les forêts reviendront à la commune
  6. le gibier sera libre
  7. il n'y aura plus de serfs
  8. nous élirons nous-mêmes nos autorités. Nous prendrons pour souverain celui que bon nous semblera
  9. nos baillis seront élus et déposés par nous
  10. nous ne paierons plus le cas de décès
  11. toutes les terres communales que nos seigneurs se sont appropriés, rentreront à la commune".

 Dans le détail et le texte de l'époque, quelques extraits de grincements méritent aussi d'être ressortis tout particulièrement, du moins ils me parlent bien :

  • "dans certaines localités, on conserve le gibier à nos dépens et à nos dommages et on nous force à voir de sang froid ces bêtes déraisonnables manger et ravager ce que dieu a bien voulu nous donner en échange de nos travaux et sueurs..."
  • "nos seigneurs se sont presque tous appropriés nos bois de leur propre chef. Chaque membre de la commune doit être libre d'y prendre le bois nécessaire au chauffage et à la construction d'une maison, mais au su et vu des préposés qui prendront des mesures pour empêcher le déboisement et l'extirpation des forêts"...
  • "on nous impose arbitrairement des servitudes. On devrait avoir plus d'humanité et ne pas nous accabler de ces servitudes onéreuses et honteuses"...
  • "il y a beaucoup de terres amodiées, tellement grevées de taxes et d'impôts que le paysan travaille littéralement en esclave pour son seigneur"...
  • "nous avons à nous plaindre de la grande partialité des juges et des tribunaux et de l'écorchement par les avocats"...
  • "nous désirons que l'usage appelé le cas de décès soit complètement aboli. Nous ne souffrirons plus qu'on dépouille des veuves et des orphelins, qu'on les spolie selon les us et coutumes des seigneurs"...

Reste un douzième article à faire émerger du mouvement des "Bundschuh" et qui aujourd'hui tient du principe de subsidiarité que l'on retrouve dans l'Union européenne, dans le traité de Maastricht. C'est dorénavant une maxime politique et sociale qui veille à ne pas déconnecter la prise de décision publique de ceux qui doivent la respecter... (un thème à la base de nombreux de mes articles, cf par exemple le GCO ou l'arrêt unilatéral de l'agrainage par l'ONF et les conséquences pour les chasseurs concernés). Au temps du Bundschuh, la référence était la parole de Dieu.

Enfin, un tout dernier message à nos adeptes des réseaux sociaux : trop forts nos anciens qui ont su fin du XV ième siècle fomenter un mouvement de révolte jusqu'à la mort, de l'Alsace aux Alpes autrichiennes sans les GAFA et leurs business, mais à pied, à cheval et en charrette...

Maintenant, puisse "le Soulier  à lacets"  fédérer, soulever conscience écologique ou morale de tous ceux :

  • qui refusent les pensées toutes faites, mais cherchent à savoir et comprendre,
  • qui refusent d'être pris pour des pigeons,
  • qui pensent que l'attrait vénal reste un pollueur de décisions,
  • que "notre maison brûle et que nous continuons encore à regarder ailleurs",
  • que "nous appartenons à la nature, mais que nous ne la possédons pas"
  • que la mondialisation met l'économie sous la perfusion des camions, tankers, avions avec ce que ces choix entraînent en terme de cadre de vie, pollution, nuisance, disparition des espèces
  • que "le paraître et la communication l'emportent sur le savoir-vivre et le raffinement"
  • que "les comportements de cour" n'ont pas à être
  • que "La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité"
  • que "la critique est un manque de savoir"
  • que " la chasse est juste quand elle a pour but de préserver l'intégrité, la stabilité et la beauté de la nature et de ses composantes. Elle est répréhensible quand elle a un autre but"
  • qui pensent qu'il faut réagir "avant d'être cuit", en particulier, à chaque fois que la terre est en danger de dévastation, que "l'être humain est pris pour un bien de consommation utilisable et jetable", que les décideurs nous prennent pour des "idiots utiles".
Tag(s) : #Société, #De ma vie

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