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En cette fin d'année, "l'esprit de Noël" si cher aux téléfilms U.S., n'y est pas, faute à l'ambiance morose créée par un desperado strasbourgeois en quête de paradis par la mitraille, à un mouvement social parti d'une bonne cause avant de devenir la proie des tutos et des pros de la politique en mal de pouvoir et de reconnaissance médiatique, au sentiment que "les lendemains ne vont pas chanter" des jours meilleurs. Une désagréable impression pointe dangereusement le bout de son nez donnant à penser que le pire est plutôt devant nous avec un Trump de plus en plus despote, un Poutine qui montre toujours plus ses muscles, une Chine toujours aussi trouble et "éveillée", le regain partout du nationalisme, chacun voulant être "great again" sur l'échiquier mondial, des élections européennes à venir qui risquent de faire éclater l'Union et basculer les peuples vers de mauvais souvenirs et une France aux caisses vides face à une équation compliquée, rendre tout le monde riche et heureux si possible par la providence, un peu par le travail et l'économie, beaucoup par la taxe et l'impôt (du moins ceux qui le paye).

Il faut être un sacré optimiste pour donner dans quelques jours du "Bonne Année" ! Pourtant,  c'est ce qu'il va falloir se souhaiter plus que jamais malgré la morosité ambiante, la chute de confiance du bas et l'impopularité du haut.

Comme toutes les bonnes choses vont par deux, la chasse a tout autant de mal à sortir du trou que nous avons creusé de plus en plus profond au point d'avoir dorénavant les pieds dans la nappe phréatique et peu d'espoir de remonter la pente. Inutile et trop tard de croire que tout finira par s'arranger, trop de vents deviennent contraires, le militantisme anti-chasse élargit son audience sur base d'exploitation de chaque opportunité offerte par nos manquements au bonnes pratiques, le welfarisme construit la route ouverte par Bambi et le lapin de Chantal Goya, les forestiers ne veulent plus voir avec bienveillance le grand gibier à l'image des nouvelles générations d'agriculteurs à la veste déjà retournée et le politique lance son Administration pour appliquer ce que Stéphane Le Foll avait annoncé en avril 2014 « la chasse aura de moins en moins un rôle de loisir, de plus en plus un rôle d'intérêt général, pour réguler les populations des espèces de la faune sauvage, gérer le gibier, participer à la régénération de la forêt ».

Joyeux Noël !

Dans ce contexte et climat, que faut-il attendre de 2019 ? Rien de meilleur. Que les chasseurs restent unis ? On peut toujours croire au Père Noël en cette période. Un bon début serait que les lots domaniaux laissés au bailleur ne trouvent le moindre repreneur. Que les institutions qui nous représentent retrouvent du poids ? De poids coq on ne passe pas poids lourd et nos interlocuteurs ont su diviser pour mieux régner sur les débats au moment où il le fallait. Que ceux qui ont fait du sanglier une ressource assument leurs responsabilités ? Ce n'est pas pour demain qu'un nouveau texte de loi annulera la martingale issue des calculettes et qui nous a valu l'hostilité du monde agricole.

La chasse de liberté, la chasse de gestion perd chaque jour qui passe du terrain et beaucoup de chasseurs sont lasses de devoir courber l'échine en permanence, son expertise et compétence n’intéressant plus les décideurs issus peut être des "Grandes écoles", mais pas du terrain. Aller à la chasse et s'occupper d'un territoire sont deux loisirs ou activités de plein air qui s'écartent inexorablement. La chasse est devenue au fil du temps un produit qui se vend et s'achète avec une offre et une demande, avec des "tours opérators", des catalogues, des publicités, des parcs dédiés au tir et à la quête de trophées.  Cette prise en main de la chasse profit, du gibier ressource nous a mis dans le trou et mené à l'hostilité irréversible des mouvements anti-chasse. Comme l'agriculteur est passé de la basse cour vivrière à la stabulation, aux porcheries, aux poulaillers industriels, le chasseur par l'émergence du sanglier en particulier, a basculé dans la déraison. Lorsque poules, vaches, veaux, pigeons, canards, cochons vivaient en communauté avec fermier et fermières nul besoin de parler de bien être animal. Non seulement les produits étaient élevés sainement, mais viande, lait, beurre crème avaient du goût. Aujourd'hui, l'agro-alimentaire remplit congélateurs, frigos et assiettes, rend les populations urbaines et pressées dépendantes et malades.

Du temps de la "chasse de copains" avec ou sans chapeau, éventuellement d'une libre contribution, sans registre d'inscription, sans lecture répétée de consignes, sans chalet de luxe ni traiteur, la notion d'invité gardait tout son sens.

Si j'ai un vœux à formuler pour 2019, c'est peut⁻être bien là qu'on peut le trouver. Que ce bonheur oublié, rangé dans les photos des albums souvenirs pour ceux qui ont pu les connaître soit remis au goût du jour. Chassons simple, humblement, avec toujours en tête le gibier et non le divertissement, la course au tir. La chasse collective doit redevenir une fête avec des convives heureux d'avoir passé une bonne journée ensemble. Ca commence par les passe droits,  laissons aussi les "bons postes" à d'autres, notamment aux jeunes. Ca passe par plein de petites choses qui agacent et vous font dire à un moment, "je ne reviendrai plus" ou j'ai juste une envie "me casser".

A toutes et tous, bonnes fêtes de fins d'année et que le meilleur soit à venir.

Tag(s) : #Billet d'humeur, #Faune-Nature-Ecologie et Chasse, #De ma vie

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