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Cette couverture du document de présentation du Schéma Départemental de Gestion Cynégétique de la Vendée est d'une belle zénitude et met pleinement en avant l'image éco-responsable que se donne la chasse. On peut toujours y croire. En réalité, le contenu des SDGC est beaucoup moins glamour et devrait être plutôt illustré par des caricatures cinglantes, comme une potence avec une corde tressée par le chasseur, un scalp d'un vieux chasseur ou autre symbole choc, marquant la mise à mort de la chasse. 

La Loi relative à la chasse de juillet 2000, modifiée par la loi 2003 et la loi relative au Développement des Territoires Ruraux de 2005, a contraint les Fédérations de chasseurs à instaurer des Schémas Départementaux de Gestion Cynégétique pour une durée de six ans renouvelables. Ce qui était pris comme une fierté au départ par les instances de la chasse, dans la mesure où il lui était réservé le droit de rédiger ses propres règles opposables aux chasseurs et à leurs personnes morales, sur l'art et la manière de gérer ses espèces, ses territoires et ses pratiques ou modes de chasse, s'avère un magnifique piège à cons dans lequel est tombé le monde de la chasse. Censés être au départ une sorte de "guide incitatif" ré-actualisable de la chasse du futur, les SDGC, certes rédigés par les Fédérations départementales mais élaborés sous l’œil vigilant des Préfets avec tous les acteurs touchant à la ruralité, à l'agricole et au forestier, sont devenus l'arme fatale pour mettre petit à petit la pratique de la chasse hors jeu. "En douceur et profondeur, sans gants", les Pouvoirs Publics mettent tranquillement la chasse là où ils voulaient l'amener, là où ils veulent la voir, totalement contrainte, soumise à l'ensemble des autres politiques départementales et supra-départementales. Et dans ce domaine, des textes, règlements et autres circulaires, style NKM, opposables aux chasseurs, il y en a à foison et les Préfets ne manquent de les rappeler, dès le début des négociations et autres tours de tables, au plus grand plaisir de tous ceux qui veulent enterrer par conviction ou vision partiale la chasse.

Mais là où finalement, les Pouvoirs Publics l'ont joué fine ou doivent se frotter les mains, c'est qu'on n'assiste pas à une explosion de type sociale qui peut lui retomber politiquement sur la tête comme avec les gilets jaunes, mais à une discrète implosion provoquée par les querelles internes. Dans le 67, Fonds d'Indemnisation des Dégâts de Sangliers et Fédération sont en guerre de modèles et de personnes, dans le 57, chasseurs en forêt, avec le sentiment d'être vendus et non défendus, sont vent debout contre le FIDS et les baronnies, dans le 74 les chasseurs trouvent leur président plus proche du Préfet que de leur base. Un peu partout, le Schéma Cynégétique devient de plus en plus un déclencheur d'animosités anciennes ou nouvelles, un détonateur pour libérer les paroles, un indicateur des dangers d'une gestion verticale des dossiers clés par les patrons d'instances en l'absence d'échanges avec la base, un dynamiteur des relations humaines futures, autant de "coins" permettant aux Pouvoirs Publics d'instaurer une division durable pour mieux contraindre. Il suffit, si nécessaire, de mettre deci-dela un peu d'huile sur le feu, à travers syndicats agricoles, forestiers ou d'exploiter via médias et réseaux sociaux des faits divers et le nœud autour du cou du chasseur se resserre tout seul jusqu'à son étouffement et la lutte finale est gagnée.

En plus, comme chaque département à un calendrier différent de renouvellement, il est encore plus facile pour les pouvoirs publics d'éviter un front commun. A titre d'exemple, dans les trois départements relevant pourtant d'un même régime local de chasse, celui d'Alsace/Moselle, le 67 est en phase finale, le 68 a décalé le sien au mois d'août et le 57 commence les discussions pour 2020. Chacun le sien, chacun pour soi avec son modèle d'agrainage du grand gibier, ses gestions spécifiques des plans de chasse comme le cervidé, alors que le gibier ne connaît les frontières du Donon, des Vosges du Nord ou du Haut Koenigsbourg.

Epilogue : alors que le climat a comme nouveau symbole, la jeune suédoise Greta Thunberg qui va sans doute faire mal aux politiques dans les semaines à venir, faire bouger la planète certainement avec son appel à la grève des jeunes le vendredi à partir du 15 mars,  alors que le salon de l'agriculture a comme mannequin la vache"Imminence", nous on a l'image des Charlots. En guise d'égérie, on peut mieux faire!

 

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