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Le 25 mars, le député Alain Perea et le sénateur Jean-Noël Cardoux ont remis leur rapport à Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, "restaurer l'équilibre agro-sylvo cynégétique pour une pleine maîtrise des populations de grand gibier et de leurs dégâts à l'échelon nationale". Cette remise fait suite à une mission confiée par le Premier Ministre en octobre 2018, sous le regard pour ne pas dire la pression du monde agricole et de son ministre d'alors, Stéphane  Travert, cf le fichier joint. 

Rien que le titre du rapport donne à penser qu'une fois de plus nous sommes dans l'art de "faire du neuf avec du vieux" . Tout n'a-t-il pas déjà été dit-écrit-présenté-soumis dans des circulaires (NKM), des Plans (Borloo), des colloques etc... sans parler des réflexions des uns et des autres comme celle de l'Association des chasseurs de Grands Gibiers, sans oublier celles des syndicats agricoles ou forestiers, de l'ONF, de l'ONCFS, voire ma modeste personne ! Entre les orientations données au départ dans la mission confiée aux deux élus, sur la base des revendications agricoles et forestières, entre les copiés-collés issus du "vieux" et les idées nouvelles qui ne pourraient venir que de notre modèle "alsaco-mosellan" de gestion et de financement des dégâts que pourra bien nous raconter ce rapport  ?

Que les plans de chasse chevreuils sont du pipeau, qu'il faut mieux dialoguer-anticiper-agir entre partis dans des commissions sous la coupe des Préfets, que la taxation à l'ha boisé, le bracelet sont les sources de financement ? 

Que tous les territoires, y compris les non-chassés doivent participer au financement, selon le principe cher au Pdt de la FNC, "les chasseurs ne sont pas des vaches à lait" ? La SNCF y serait par exemple favorable, mais on peut aussi penser que plus d'un concerné va grincer des dents, si la proposition venait à être adoptée, à commencer les communes avec des territoires en réserves naturelles en ces temps de disette financière.

Pour ce qui est des pratiques de chasse, comme l'interdiction des consignes de tir restrictives, l'instauration du tir de nuit, le classement du sanglier en nuisible, tout cela est depuis longtemps intégré dans notre modèle. (Par contre, préconiser l'agrainage des sangliers serait assez rigolo au regard de notre situation...)

Côté contraintes au monde agricole, comme le dégagement de bandes dans les grandes parcelles de maïs ou en entrée de champ, la suggestion risque de se heurter à la PAC qui exige que toute la  parcelle soit semée pour bénéficier des primes.

Enfin côté efficience, aucun système, à commencer par le nôtre, n'a réussi à maîtriser les dégâts pour les raisons maintes fois évoquées dans ce blog, encore hier. Tenir les sangliers en forêt est possible par l'agrainage ciblé, sectorisé et le tir de nuit à l'année, mais cela veut dire aussi défavoriser certains territoires, soit créer des inégalités, agir vraiment en matière de chasses marchandes, déplacer les dégâts agricoles vers la forêt, ce qui dans le contexte actuel est improbable, ni du côté des forestiers, ni du côté des chasseurs " je ne suis pas prêt à payer un bourgeon mangé", dixit le Pdt de la Fédération Nationale des Chasseurs.

Conclusion :

la question  fondamentale n'est donc pas dans l'objectif à atteindre, contrôler et financer les dégâts, mais dans la finalité à déterminer qu'aucun politique ne veut assumer : choisir entre grands gibiers, exploitation forestière et agricole intensives. Alors on tourne autour du pot, mais l'issue est inéluctable, il n'y aura plus de place pour le grand gibier dans des espaces libres, resteront des sanctuaires sous formes de parcs, réserves, comme en Afrique et avec tout le Barnum touristique qui va avec.

Morale :

au siècle dernier, la "France de l'intérieur" a découvert notre principe de gestion des chevreuils et cervidés, ce qui a permis à François Sommer d'instaurer  notre modèle du plan de chasse (1954) et du tir d'été du brocard (1956). Soixante cinq ans plus tard, "les bouquins" vont refaire le monde des dégâts de grands gibiers de l'autre côté de la ligne bleue des Vosges, comme si Alsaciens et Mosellans n'avaient jamais existé.

Epilogue :

qu'est-ce qui est entrain d'être débattus actuellement au Sénat ? Ah oui, le statut ( spécial) de la future "Collectivité européenne d'Alsace", preuve que nous existons, mais "bien encadré"  tout de même... Germain (Muller) et Tomy (Ungerer) doivent être morts de rire ou jouer du pipeau là haut !

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts, #Billet d'humeur

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