Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

"Se former pour mieux se comprendre" n'a plus connu de publication depuis de longs mois, il est temps, en ces semaines de vacances, de reprendre quelques thèmes de la rubrique "bien vivre avec un chien" :

  • Compassion

L'approche du chien par la compassion qui consiste "à souffrir avec l'animal" est à éviter. Un chien de ferme, attaché à un câble courant n'est pas forcément un "pauvre chien". Une situation claire, un rôle bien défini lui convient mieux qu'une humanisation et une approche anthropomorphique; contrairement à l’homme, il ne connaît la souffrance d’un deuil. Ainsi en cas de perte d’un compagnon, il ne peut en être affecté. C’est nous par notre attitude de tristesse ou de détresse qui provoquons le cas échéant un mal être du chien. Voir sous affect

 

  • Compétition

deux chiens peuvent être en compétition pour tenir, voire obtenir une place privilégiée, agréable; par exemple, être à côté de son homme favori. Tout chien qui viendrait dans cette zone se verrait déloger. Par contre, il n’existe pas de « rivalité » entre chiens, sauf entre mâles au moment de l’œstrus (Voir aussi sous jalousie).

 

  • Comportement

Le chien hérite de modèles de comportements biologiques pour assurer sa survie :

  • des comportements sociaux
  • des comportements sexuels

  • des comportements de prédation

  • des comportements agressifs

  • des comportements de soumission.

Toutes les qualités ne sont pas réparties également chez chaque chien. La sélection, en ne laissant plus le choix libre du reproducteur au chien, a provoqué la naissance de races et de comportements types.

Ainsi, certains comportements sont gardés, modifiés, repoussés, perdus. S'ils sont perdus par l'évolution, ils le sont à jamais. « Les études sur l’animal permettent de dire que certains traits de tempérament sont héréditaires, rigoureusement programmés, totalement insensibles à l’action du milieu. D’autres comportements au contraire ne dépendent que des pressions environnementales ou des empreintes affectives de la petite enfance ».

 

  • Comportement exploratoire

il se développe avec la socialisation de la 1ère à la septième semaine. S’il est riche, il permet au chiot de développer l’envie de la découverte par la suite. Favoriser cette phase de découverte incombe totalement à l’éleveur. (Voir sous syndrome de privation).

 

  • Comportement phylogénétique

il s'agit d'un comportement inné, instinctif ou stéréotypé. Par exemple : le chien qui tourne sur lui-même avant de se coucher, ou qui recule face au vide.

 

  • Comportement social

manière de se structurer par l'investigation de son environnement

 

  • Condition physique

En ville, la loi est claire, un chien ne peut être promené qu’en laisse. Seul le chien de chasse en action de chasse et le chien de troupeau au travail peuvent évoluer sans être rattachés à leurs maîtres. Que dirait l’homme si dès qu’il sort on lui mettait au pied un boulet de bagnard ? La laisse ou l'enrouleur rend le chien non seulement prisonnier, mais en plus l’empêche de travailler, de développer, maintenir sa forme physique. L’obésité et des capacités physiques réduites, avec tout ce que cela apporte comme conséquences, sont le lot de plus en plus de chiens. Enfin, le jogging ou le vélo est une activité de l'Umwelt de l'homme et non du chien. Si le fait de courir devant ou derrière son homme favorise l'activité du chien, elle n'entre cependant pas dans sa représentation de la sortie, sauf pour quelques races de chiens dits utilitaires, comme le chien de traîneau par exemple. Pour rendre un chiot endurant, les chiens de chasse sont "amusés" avec une canne à pêche ou un long bâton, à laquelle on accroche par une ficelle une aile d'oiseau quelconque, des plumes, un morceau de peau de sanglier ou autre gibier. Sur un chien non chasseur l'instinct de proie pousse un jeune à courir de la même manière derrière un objet tournoyant. Cinq, dix, quinze minutes de jeu sous cette forme correspondent beaucoup mieux à la représentation du chien qu'une course à vélo ou derrière les gaz d’échappement d’une voiture. (âge de sollicitation)

  • Conditionnement

méthode de dressage la plus fréquemment utilisée, voir sous apprentissage (Pavlov).

 

  • Conduite

conduire un chien, c'est savoir utiliser le plaisir de plaire de l'animal.

(Voir aussi sous affect, cadrage, dressage, mode de communication, relation homme/chien).

 

  • Conduites agressives

Moyer et Heymer entre autres ont défini les formes d'agression. Par ailleurs, un chien n'est pas fait pour mordre un humain, il est donc important de toujours identifier la cause en cas de morsure. (Voir sous stimulus déclencheur). Si ainsi onze causes peuvent être identifiées, il est également important de s’intéresser au contexte de la morsure, dans la mesure où le chien vit tout de même dans un monde d'ambiguïté avec l'homme.

  1. l'agression entre mâles ou agression de dominanceElle a pour raison le règlement d'un conflit de hiérarchie entre chiens. Face à l'homme, on constate plus d'agression de chiens sur l'homme que sur la femme ou jeune femme. La cause se trouve dans la tendance "machiste" de l'homme qui joue davantage sur le registre de la recherche du pouvoir ou de la force.Ce type d'agression s'arrête à l’apaisement.

  2. l'agression entre femelles ou loi de Malthus. Une portion de territoire ne peut abriter plus d'individus qu'il n'y a de nourriture. Une femelle durant l'oestrus peut donc aller jusqu'à la destruction d'une chienne "concurrente". Il s'agit d'une attitude phylogénétique.

  3. l'agression par peur. Elle est souvent liée au franchissement de la zone de distance critique. Dans les agressions au mordant travaillée dans les clubs de chiens de défense, on joue parfois sur cette peur qui va pousser le chien à aller mordre un humain contre sa nature. L'instrumentalisation de la peur est renforcée par le conditionnement. L'agression du chien dans son panier ou dans sa niche est l’exemple courant d'attaque par peur.

  4. l'agression par irritation. Elle est souvent déclenchée par la douleur ou par l'angoisse, comme dans le cas du vieux chien invalide. C'est donc plutôt une morsure préventive par anticipation d'une souffrance déjà éprouvée dans une situation précise, par rapport à une personne, un enfant par exemple.

  5. l'agression maternelle. Si les chiots sont menacés ou que la situation paraît menaçante pour eux, la mère peut agresser, d'autant plus qu'elle peut-être angoissée ou irritée.

  6. l'agression instrumentalisée (qui réduit sensiblement le temps de la menace). Il s'agit, par conditionnement, d’amener un chien à mordre sur ordre.Le danger reste dans la vie pratique où le chien peut se trouver dans une situation qu'il pense être une agression de son propriétaire.

  7. l'agression de frustration ou de privation, le chien redirige son agression

  8. l'agression intragroupe dans une meute si la hiérarchie est perturbée

  9. l' agonistique correspond à toute agression non répertoriée, pour laquelle on ne peut donc déterminer le déclencheur.

  10. l'agression de prédation. Le mouvement enclenche la poursuite du cycliste, du joggeur, des moutons ou des poules par exemple.

  11. l'agression idiopathique ou rage paroxystique qui fait qu’un chien attaque sans raison et subitement quelqu'un de connu. Cas par exemple du chien dominant envers son propriétaire. (Voir aussi sous accès de rage).

Conclusion :

Gardons donc à l'esprit que tout chien, à commencer par le plus gentil, peut, selon le cas, mordre. Les exemples de l'actualité sont nombreux. Pour autant, il n'y pas de raisons dans l'immense majorité des cas d'aller vers l’euthanasie

 

  • Congruent

lorsque les signaux non verbaux et para verbaux adressés au chien renforcent la communication émise par son, le chien est face à une situation congruente. S’ils se contredisent, ils sont discordants et troublent le chien. Dans tous les cas, le chien répondra au non verbal, ce qui provoque souvent chez l’homme une incompréhension, considérée comme de la désobéissance ou de la stupidité du chien . (Voir aussi sous mode de communication, discordant, double contrainte).

Le chien ne répondra par exemple à un ordre de rappel que si le "miroir corporel" et le ton de la voix de « l’appelant » sont encourageants pour lui. A défaut, il se bloque à distance ou refuse de venir, à juste titre !

 

  • Connivence

voir http://www.veillecynegetique67.com/cr%C3%A9er-une-relation-avec-son-chien-%C2%A9

 

  • Contention

tout chien déteste la contention, soit le fait d'être forcé à l’immobilisation. Beaucoup l’accepte, tout en n’aimant pas d’être retenu. Dans le cas d’un chien peureux privé de sa liberté de mouvement, la situation peut finir en agression car il ne peut même pas adopter une attitude de soumission. C'est une cause de morsure fréquente de l'enfant qui veut bloquer le chien dans ses bras.

Il s’agit d’une situation difficile à vivre pour un chien. (Exemple : immobiliser un chien pour travailler une posture d’exposition, toilettage).

 

  • Contraception chez la chienne

Gonadectomie ou ovariectomie, pour les mâles et les femelles sont les procédés chirurgicaux de castration courants utilisés par les vétérinaires.

Il existe bien des recherches sur le plan immunologique, notamment en Australie, sous forme d'implant afin de stopper l'hormone à la base du cycle, mais rien n'existe encore, à ma connaissance, sur le marché.

Quant à l'administration de médicaments pour bloquer l’œstrus, elle est à risque d'infections, de tumeurs mammaires et de problèmes rénaux.

Par contre la pilule abortive du lendemain utilisée par l'humain fonctionne également chez la chienne, sans effets secondaires.

La tendance à aller vers la castration est forte, essentiellement par confort humain, beaucoup de chiens vivant en appartement. Elle reste une intervention chirurgicale sous anesthésie, sans garanties totale d'absence de tumeurs ultérieures. L'inconvénient majeur, en dehors du risque d'obésité, de perte de poil et d'activité est l'incontinence qui peut surgir dans les deux ans qui suivent. Dans tous les cas, parlez-en avec votre vétérinaire (Voir aussi sous omnipotence).

 

  • Contraintes modelantes

Voirhttp://www.veillecynegetique67.com/le-mythe-de-la-transposition-sociale-du-loup-sur-le-chien-familier

 

 

  • Copulation ou destruction d'un coussin,

c'est une "action redirigée" par frustration. Il n'a pas pu obtenir ce qu’il voulait ou reste sur une peur, alors il se « défoule » sur le coussin favori.

 

  • Crainte 

conséquence en général d’un mauvais traitement. Contrairement à la peur qui est héréditaire, la crainte s’acquière souvent par erreur dans le dressage. (Voir aussi peur).

 

  • Cynomane ®

c'est mon nom donné à comportementaliste, soit celui qui étudie sur un plan pratique le comportement du chien. En tant que métier, c'est la personne qui permet d'identifier une demande d'un propriétaire de chien, de comprendre le mode de fonctionnement de son animal, et de « reprendre le pouvoir » sur lui.

Il appuie donc son diagnostic sur la connaissance des mœurs, des comportements du chien pour détecter la pathologie éventuelle. Il n'est pas "psy" pour chien, comme trop souvent présenté et ne fait pas de la thérapie comportementale, car sauf preuve du contraire, il ne peut discuter avec le chien !

Sur l'aspect spécifique, particulier de la consultation comportementale, elle se fait hors de la présence de l'animal. Ce sont votre récit, vos observations qui aideront le comportementaliste à déterminer les causes d'un comportement incompréhensible pour le propriétaire de l'animal. Il vous informera et, à l'issue de l'entretien vous proposera les changements relationnels nécessaires. Dès lors, la présence du chien est inutile, il ne parle pas, hélas !

Ce simple critère de méthode est en soi un indicateur sur le professionnalisme de l'intervenant.

(Voir aussi sous éthologiste, stimulus et Valium).

Tag(s) : #Bien vivre avec un chien

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :