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Dans peu de jours, la saison des battues au grand gibier va réellement démarrer en Alsace-Lorraine. Pour tous ceux qui "sortent" toute l'année, car détenteurs d'un territoire à gibiers diverses et variés et pas seulement de sangliers, c'est plutôt un non événement, mais juste un ajout à la chasse individuelle qui représente leur quotidien, notamment maintenant que le sanglier peut en plus les mobiliser de nuit toute l'année. Pour d'autres, la motivation ira du plaisir de se retrouver entre amis, à l'attente de vivre de grandes émotions, en espérant que les conditions météorologiques ne seront pas trop dictées par Saint Pierre.

Mais au-delà de "la fièvre noire" qui va monter dans nos forêts, c'est la gravité qui risque de marquer de son empreinte la présente saison de battues, face au contexte éradicateur dans lequel de nombreux adjudicataires ont été mis par le monde agricole, forestier et la puissance publique, voir http://www.veillecynegetique67.com/2019/10/la-liste-des-459.html. Tous ceux qui restent encore dans ce qu'on peut appeler une "relation à l'animal" vont devoir donner des mots d'ordre qui vont les éloigner de leur vision du gibier "être vivant" pour les rapprocher de la vision ancienne, descartienne,  de "machine sans âme".

Oh, pour les chasses marchandes ou de prestige, l'un allant souvent avec l'autre d’ailleurs, le menu proposé sera inchangé, l'objectif étant de faire comme chaque année du tir et du tableau pour satisfaire tout le monde, du client à l'exotique, mais pour le chasseur-gestionnaire ça sera peut-être plus compliqué d'aller vers l'open bar ou disneyland, resté attaché à des valeurs fortes issues de son héritage des "Anciens"  ou du concept de François Sommer.  

Prélever du gibier ne peut présenter un plaisir que si l'action menée par tous est respectable. Ce n'est pas parce que le cervidé est à réduire ou que le sanglier est à détruire qu'il faut "taper dedans" à tort et à travers comme dans un parc à gibier ou dans le cadre d'une battue administrative. Une journée de battue réussie ne tient pas au nombre de brisées remises, mais à la qualité de l'organisation de l'accueil au départ de tous, à la gestion des postes de tir, à l'ambiance conviviale dégagée, à la qualité des tirs en lien aussi avec l'attention apportée à l'identification des animaux, aux soins apportés à la venaison, à la reconnaissance accordée au traqueurs et à nos chiens.

Certes, le monde de la chasse va devoir montrer du résultat, pour autant cette obligation ne doit pas ouvrir la porte encore plus grande aux comportements indignes. Non la battue n'est pas un Schiesskino, non les "erreurs" de tir ne peuvent arriver, non la sagesse au poste ne s'arrête pas après le passage des traqueurs, non l'angle des 30° n'est pas une simple question de l'examen du permis de chasse, non le déplacement au poste n'est pas une promenade verbale entre amis ou l'occasion de terminer le cigare, non le tableau personnel n'est pas un objectif, non payer ne donne des libertés ou des droits. 

Oh, comme le fait actuellement le monde agricole face à ce qu'il appelle son "bashing", le monde des nemrods pourrait aussi jouer les Calimeros, ne vivons nous pas dans une société où il faut pleurer face camera pour obtenir ? !  Mais ce n'est pas trop le genre de la maison, le cynégète de l"Est est encore discipliné dans sa grande majorité et se contente plutôt que de se rebiffer, de grommeler dans son loden qu'il ne met d’ailleurs plus depuis longtemps, comme un symbole de sa fierté d'appartenance perdue.

Oh, très vite le marché de la venaison risque d'être encombré ou saturé car tout le monde va chasser très vite après la fin de l'agrainage, qui pour certains a déjà commencé depuis le 1er octobre et il convient de tirer un peu partout "tout sanglier sans distinction de sexe de poids ou d'âge".

Oh, il est probable que quelques "bonnes relations" de voisinage vont envenimer le climat relationnel entre chasseurs dans les prochains temps, au fur et à mesure de l'avancée de la saison, des vraisemblables battues administratives et leurs "invités" choisis, des contrôles d'agrainage illicite, des "bavardages intra-communautaires". Mais qu'est-ce que cela changera au sein d'une communauté qui n'a jamais eu une vision unie des moyens à mettre en œuvre pour parvenir à une chasse "responsable".

Oh, très vite la saturation risque de gagner la communauté de ce qu'on appelle les "invités" chargés d'alimenter les chapeaux avant d'entendre les sempiternels discours de sécurité et de consignes "au rond". La fièvre de la battue va vraisemblablement tomber très vite et se terminer en cauchemar pour les organisateurs, pour peu que les uns et les autres aient le sentiment d'être pris pour des pigeons.

 

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts

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