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Le bilan est sévère et sans concessions depuis la fin de l'agrainage hivernal en forêts, sur ce que je considère un "terrain école", à savoir notre territoire de chasse de plaine, en sortie directe de forêt, sans bois et fait de prés et de cultures, avec donc un risque de dégâts permanents, douze mois sur douze. Pourquoi, affirmons-nous qu'il s'agit d'un territoire test pour observer les conséquences de la fin de l'agrainage ? Une sortie de forêt a été agrainée jusqu'au 1er novembre car louée et dédiée au sanglier et l'autre non ou très peu, car restée entre les mains de l'ONF comme "chasse école" du chevreuil.

Les chiffres  :

jusqu'à fin octobre, 79% des sangliers prélevés en tirs de nuit l'ont été côté non agrainé. Depuis le 1er novembre, 4 sangliers se sont déjà ajoutés en moins de dix jours à notre année record de prélèvements, tous tirés, cette fois, côté interdit d'agrainage, dans le cadre du nouveau Schéma Cynégétique du 67. Simple coïncidence ? Je dis clairement non, car le comportement a également complètement changé. Côté ONF, les sorties restent tardives et rares, côté loué, elles deviennent de plus en plus précoces, les bêtes noires ont faim et ne sont plus "bloquées" en temps par l'agrainage linéaire.

N'aurions-nous sacrifiées des heures et des heures à la dissuasion, notre territoire le plus exposé, resté sans dégâts jusqu'au 30 octobre aurait été un champ de ruines, comme le sont déjà quelques ares de prés pris d'assaut les deux nuits de grands vents et de pluies en début de mois et le lot domanial louée aurait déjà passé par une battue administrative. N'aurions-nous fait le job de mars à octobre, côté non agrainé, je ne suis pas certain que le même tarif aurait été appliqué au territoire non agrainé, puisqu'il aurait été affirmé que les sangliers provocateurs des dégâts sont venus du territoire voisin dédié aux sangliers. Chanson bien connue depuis longtemps, quand il y a des dégâts, les sangliers viennent toujours "des autres"...

Pourquoi suis-je toujours et encore remonté contre une décision loin de tout bon sens et imposé sur une simple affirmation ou point de vue ? La réponse est dans mon article du 20 octobre 2018 http://www.veillecynegetique67.com/2018/10/sur-un-argumentaire-non-conteste-en-temps-voulu-la-foret-indivise-de-haguenau-plie-l-agrainage-hivernal-en-foret-domaniale.html

J'ai toujours défendu une chasse responsable et reste convaincu qu'il est possible d'avoir des forêts avec sangliers et sans dégâts démesurés, à condition de mettre en place des mesures adaptées, spécifiques et non générales. En clair, l'agrainage linéaire raisonnable, plus abondant et régulier durant les périodes à risque est à maintenir partout où cultures sont voisines de massifs forestiers, comme c'est le cas par exemple pour la bande rhénane, les périphéries de la forêt de Haguenau, mais bien d'autres secteurs sont concernés.

Alors on nous dit, c'est pour ne pas créer de désavantages. Mais on fait bien une expérience avec les pois en certaines zones montagneuses où des territoires sans prés, donc sans linéaire, côtoient des territoires "points noirs" entrant dans le champ expérimental. Alors pourquoi ne pas "sectoriser" l'agrainage, en tout cas là où il est avéré que l'objectif est bien la dissuasion avec du tir de nuit à l'extérieur, preuves à l'appui avec les comptes-rendus aux lieutenants de louveterie, avec une gestion bien menée des densités en forêt et un linéaire bien mené ?

Là on laisse filer, en priant le ciel que la météo passe au froid pour geler les terres et les prés, que les sangliers se dispersent, que les battues les harcèlent sans répits, que les "plainards exposés" aillent se peler la nuit sans relâche sous peine de sanctions financières.

Maintenant si je pousse encore d'un cran le bouchon de la colère, qu'ai-je à gagner à faire de la dissuasion pour que les sangliers remuent la forêt et non la plaine ? Rien. J'évite les battues administratives au voisin ciblé par l'administration et je paie tout de même la facture complémentaire sectorisée alors que je suis à zéro euros de dégâts. Et si quelqu'un me dit et les sangliers tirés ? Je l'invite à s'occuper de la venaison, notamment quand pas un chat n'en veut. Nous n'en sommes pas encore, comme du côté de Thionville, à placer des affiches le lendemain des battues pour proposer gratuitement les sangliers à la population, mais soit vous remplissez les congélateurs, soit vous faites la distribution aux agriculteurs pour maintenir "les bonnes relations", sachant que là aussi c'est à sens unique, car "le geste" ne l'empêchera pas de vous raser haies et tout ce qui gêne le machinisme. 

Et si je pousse le bouchon encore d'un cran sur les retours pour nous du travail accompli, j'ajouterai l'élevage de "foxy" en forêt comme jamais. Avec le refus généralisé instauré par l'ONF de réguler le renard, c'est tout cadeau pour nous et les derniers petits gibiers, notamment le lièvre.

Il y a les discours, les bureaux et la réalité du terrain...

Signé le clown

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts

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