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Après le sud du département dans le secteur de Ranrupt, https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/le-loup-est-de-retour-dans-la-vallee-de-la-bruche-plus-de-deux-siecles-apres-son-eradication-1562076770 le nord du Bas-Rhin tient peut-être également son loup ou du moins l'a tenu passagèrement,  s'il n'est pas déjà parti ailleurs, grâce à une vidéo prise du côté de Zinswiller fin 2019. Si son auteur en la publiant sur Facebook a très vite été submergé de commentaires, au point de basculer sa publication en mode privé, aucune communication, côté "observateurs du loup" et affiliés. Point de démenti, d'emballement médiatique autour de cette apparition, c'est "mystère et boule de gomme".  A-t-on peur que le vilain chasseur n'entre en jeu, lui qui est déjà "chaud" car confronté dans cette zone à la ré-introduction du lynx venu du Palatinat ? Attend-on le fait divers lancé par un éleveur confronté à une attaque d'animaux domestiques pour "officialiser" l'apparition par DNA interposée ? Espère-t-on un résultat probant d'un piège photographique ou d'une analyse scientifique ? Mysterrrre....

En tout cas ne comptez pas sur moi pour aller plus loin sur l'omerta autour du vrai ou faux loup de Zinswiller, je fais comme tout le monde, l'index sur les lèvres, chutttt.

Par contre, sur la thématique du retour en France, hors corridor alpin, du loup solitaire par la migration, cf https://observatoireduloup.fr/carte-de-dispersion-du-loup-en-france/ je veux bien mettre les pieds dans le plat.

Tout le monde a en mémoire le sketch de Jean-Marie Bigarre sur la chauve-souris enragée, (à défaut https://www.youtube.com/watch?v=E1NXwBKP6wQ) eh bien pour bons nombre de loups en phase d'errance, soit en quête d'un territoire accueillant quasi impossible, à travers une France aux terres "artificialisées et infrastructurées" de partout, c'est sans doute pareil. Voudrait-on "prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages" qu'on ne s'y prendrait pas mieux. Que ceux qui "entretiennent avec le loup une relation profonde et émotionnelle" ait envie de revoir le loup coloniser partout les espaces français pourquoi pas, mais de là à aller par artifice jusqu'à l'introduire par vision propre, approche personnelle et idéologie, en faisant croire à la capacité réelle du loup sauvage de parcourir des milliers de kilomètres et franchir sans encombre tous les obstacles de la civilisation, non.

Le loup était et peut l'être encore, un élément de la nature, mais plus partout et n'importe où parce que "la nature libre avec un environnement sain" n'existe plus, la société ayant pris son contrôle. Oui les grands carnassiers, comme l'ours et le loup, ont exercé un rôle, notamment de régulateur des espèces qui peuvent être leurs proies. Mais les faits, l'opportunisme des proies faciles, l’absence de risques de blessures pour eux les poussent dorénavant et  forcément à se servir à un moment ou un autre dans les gardes mangers de l'homme.

De même, l'homme aimerait une nature romantique, sans homme prédateur, mais refuse de voir sa cruauté qui va, par exemple pour un loup, à commencer à manger selon la situation sa proie encore vivante car il est incapable de tuer proprement, à tuer un rival ou détruire une portée d'un clan adverse. Une vision idéalisée de la nature ne peut se substituer à une vision objective ou réaliste de la nature.

Par ailleurs, mettre un loup dans la nature est devenu aujourd'hui un acte militant, une volonté de mettre dans le fait accompli et l'obligation de protéger toute introduction illégale, sans tenir compte de "la misère"  dans laquelle ces loups otages sont plongés, sans liens sociaux, sans repères, dans une nature hostile et inconnue, avec comme seul instinct pour le faire avancer, la fortune d'une improbable âme sœur, la quête d'une nourriture à capter seul, sans l'aide d'une meute. Cette manière de procéder profite des films animaliers sur les loups, les reportages photos, les nombreux ouvrages plus ou moins réussis sur la vie des loups qui finissent par donner à beaucoup la vision d'un "animal sacré, pur, honnête et authentique, victime d'une civilisation qui assujettit la nature". Cette manière de faire détourne l'idée intelligente et louable de Jim Brandenburg, photographe et réalisateur de films sur la nature pour tuer les préjugés sur le loup : " si tu veux convaincre les gens de quelque chose, il te faut entrer par la porte de derrière". Faire migrer ça et là des loups dans la nature ou de vastes forêts mixtes d'un seul tenant, relève de cette idée, quitte à mettre sous le tapis les peurs : "du berger pour ses moutons, du chasseur pour son gibier, du promeneur pour sa sécurité", mais dans le but de provoquer la guerre des loups pour nourrir des fronts  écolos-politiques qui font vivre les uns et les autres.

Elli H. Radinger, observatrice reconnue des loups a  publié un ouvrage sur "la sagesse des loups" pour les sortir du mythe des "méchants", à partir de sa vie avec les loups au Yellowstone. Il existe indéniablement encore des contrées et des biotopes où le loup a sa place, sa chance de vivre sa vie d'animal social et de prédateur, par maintien de parcs-ressorts touristiques, par accident comme à Tchernobyl, par retour naturel comme en Allemagne après la chute du mur de Berlin ou dans l'arc alpin.  Mais, il ne pourra continuer à " aimer sa famille, prendre soin de ceux qui lui sont confiés, ne jamais baisser les bras, ne jamais cesser de jouer" que là où l'homme voudra encore qu'il soit en paix.

Ailleurs, partout où le loup est "un voisin difficile", la survie des uns passera sans doute par la régulation des autres. N'est-ce pas ce que fait depuis longtemps l'ONF, sans montée au créneau de personne, avec le cervidé dans des massifs forestiers où il aurait sa place mais jugé "indésirable", comme par exemple en forêt de Haguenau ?...

Quant aux rêves des loups régulateurs, freinant avec le lynx la prolifération des espèces, "substitueurs" du chasseur honni, "oubliez-les". Combien de meutes faudrait-il pour ne serait-ce que contenir les sangliers par exemple, sachant qu'elles ne s'y attaqueront certainement pas en priorité vu les risques physiques encourus ?

La France, sauf à ouvrir une boîte de Pandore inchiffrable par une déprise agricole ou une décroissance rurale et industrielle, n'a pas les espaces suffisants pour permettre aux loups de bien vivre et se développer, sans entrer en concurrence avec l'homme, c'est ainsi. Dans les zones protégées, il faudra beaucoup d'argent du contribuable et de persuasion pour lui garantir l'existence qu'il mérite. Ailleurs, la France n'ira sans doute pas, comme en Espagne vers un plan de chasse régulateur des densités, avec des taxes d'abattage, ca serait encore perçu comme "un cadeau aux chasseurs". Si d'aventure cela devait tout de même être le cas un jour par explosion des problématiques, cela ne pourrait se faire qu'avec un encadrement guidé et avec une éthique de chasse sans faille. Autrement on serait dans l'abattage, comme va le faire l'Australie avec les dromadaires sauvages assoiffés. https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/australie-10-000-dromadaires-sauvages-vont-etre-abattus_140325

Références bibliographiques : La sagesse des loups Elli H. Radinger, Revue Jours de Chasse n° 78,  articles Le loup en France, qu'en penser.

Tag(s) : #Faune-Nature-Ecologie et Chasse

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