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Il n'est jamais agréable, en interne, soit dans sa propre communauté, de mettre le doigt à l'endroit où cela fait mal, en plus lorsque comme on dit, "on est lisible", à travers ce blog qui a pour origine, je le rappelle, le financement des dégâts de sangliers par le FIDS 67 et en général la "veille cynégétique" qui s'en est dégagée.

Mais il arrive un moment où on ne peut continuer à observer  des pratiques qui depuis la création des FIDS et notamment l'intégration des ha non boisés dans la facture complémentaire des dégâts, pourrissent , d'un la vie et la crédibilité du FIDS 67 vis-à vis des instances préfectorales et du monde agricole, de deux plombent financièrement la grande majorité des chasses responsables exposées aux dégâts, de trois font exploser année après année la facture finale des dégâts.

Les réseaux sociaux et la nouvelle maladie sociétale de publier font que tôt ou tard tout finit par devenir public, en plus de "première main" et non par "radio chasse". Parler de soi est dans ce sens toujours à risque, le fils d'un gros du BTP local ne l'a-t-il pas récemment appris à ses dépends, en publiant une simple photo "tableau" d'un de ses safaris en Afrique ? Cela risque aussi d'être le cas de la photo et du commentaire repris pour illustrer le sujet et qui montre comment fonctionnent un certain nombre de chasses mixtes en période d'exposition aux dégâts agricoles, pourquoi le mal des dégâts perdure, pourquoi le "pipo" est l'instrument préféré de certains chasseurs.

Tout commence avec les battues d'hiver où en général quand un certain "score" est atteint, soit fin janvier, on fait semblant encore de chasser pour "calmer" le lieutenant de louveterie du canton et ainsi s'éviter une éventuelle battue administrative. Comme il est dit au rond du matin, "on veut encore chasser la saison prochaine"... avec toutes les consignes qui vont avec, voire avec l'arrêt de la chasse en début d'après-midi.

Tout continue avec le tir de nuit, seul relais pour dissuader les sangliers d'aller sur les cultures de printemps. Contrairement aux chasses sans bois suffisants pour faire de l'agrainage ou carrément sans biotopes à sangliers, il reste un nombre certain de chasses mixtes avec la fâcheuse tendance à privilégier l'affût forestier aux heures légales devant un agrainoir, tellement plus confortables que l'attente longue, voire interminable sur une échelle placée devant un semis de maïs, un champ de blé en laitance ou un pré automnal. En clair, on va déranger les sangliers en forêt pour les pousser encore davantage vers l'appétence des produits frais à l'extérieur et sans leur faire parler la poudre dès qu'ils pointent le museau en plaine.

Comme dit, "trouvez l'erreur". Comme dit dans d'autres articles de ce blog, trouvez "les dindons de la farce" pour rester poli.

Nous traversons actuellement, du moins sur notre secteur, une déferlante jamais vue de sangliers dans les blés. Depuis dix jours, nous sommes de garde toutes les nuits avec en prime déjà deux nuits totalement blanches, avec dans l'équipe le locataire de la forêt voisine qui tient ainsi la quiétude à l'intérieur tout en ayant l'opportunité de se faire plaisir à l'extérieur. A l'heure actuelle, nous tenons les dégâts, que dire  et penser de celui qui tire en forêt et accessoirement fait ensuite un tour en plaine avant de retourner chez maman ?

Je persiste et signe à dire qu'avoir en forêt de belles densités de sangliers pour les battues est possible, avec une facture de dégâts tenables par tous, si tout le monde fait le travail en bonne intelligence, en chasseur responsable :

  • régulation prioritaire et maximale des jeunes générations en battues
  • tir prioritaire des petites laies non matures à l'affût hivernal
  • calme en forêt et pas de tir à la Kirrung en périodes "chaudes" des dégâts
  • agrainage linéaire intelligemment et quantitativement mené
  • disponibilité par tout temps et effort plus qu'intense en périodes de fortes sorties, avec composition d'équipes spécialisées
  • négociation avec les épouses...
  • collaboration et accord entre chasses voisines si les sorties sont des territoires  non-mixtes
  • installations et équipements d'observation et de tirs dédiés au tir de nuit
  • absence de peur de l'affût de nuit, savoir se "débrouiller" seul
  • disposer de "clients" pour la venaison

A défaut, revenir au système de financement antérieur qui écartait les surfaces non boisées, ( le sanglier se gère en forêt toute l'année et reste fondamentalement un gibier de bois), sectoriser complètement les chasses mixtes à forts dégâts dites "défaillantes, négligentes, désinvoltes" pour accentuer encore plus la responsabilisation de ces locataires, à défaut "le sanglier aura tuer" tous les chasseurs en forêt et par extension toute la chasse par perte de crédibilité et d'image devenue indéfendable aux yeux du politique et des détracteurs.

En attendant, bon courage à tous ceux qui sont dans la misère du tir de nuit devenu intensif !

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts

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