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Chaque génération pense avoir trouvé la martingale pour faire de ses enfants les plus épanouis, les plus intelligents, les plus heureux, bref une merveille du monde. Pourtant, à y regarder de près, plus on s’éloigne des générations anciennes, moins le résultat est convaincant.

Combien d’ouvrages du siècle dernier à nos jours sur l’art d’éduquer les enfants n’ont-ils pas à travers le monde rempli les linéaires des boutiques des libraires, le résultat doit être « amazing » ? Pour quel résultat ?

« De mon temps », expression oh combien symbolique, les « anciens » n’avaient guère le temps, de s’épancher sur la psychologie de l’enfance, le quotidien prenait une bonne partie de leur vie et de leur préoccupation, on était dans l’après-guerre et la « bonne baffe » pour œuvre accomplie ou si l'on ne marchait pas droit selon leur vision, était de rigueur que ce soit à l’école ou à la maison.

Aujourd’hui, « #touche pas à mon gosse », « #mon enfant est génial », font de l'enfant voulu roi au fil des années le nombril du quotidien de bon nombre de parents, voire le casse-tête d'une somme de grands parents.

En parallèle, la société de consommation s'est naturellement emparée du "prospect jeune" pour le formater 24h/24 à son modèle, à travers la captation que peuvent procurer petit écran, tablette ou smartphone. Compliqué, voire No chance pour lutter, selon les âges contre Gulli, twitter, you tube, TikTok, le "réseautage social" fait que progressivement et très vite les enfants échappent aux parents et autres "vieux", en charge de les récupérer l'été, si ce n'est en plus des sorties d'écoles ou le mercredi pour les grands parents qui vivent à proximité.

 

Aujourd'hui, sans trop s'en apercevoir, la société moderne a produit ce qui n'existait pas au préalable, une "société de gamins" en quête de pouvoir prématuré. Cela commence à la maison, cela continue à l'école sans que la "société des adultes" ne parviennent encore à affirmer sa position. Les gamins ont dorénavant leur langue codée pour bien faire comprendre aux anciens leur "côté has been", ils ont leur culture qui va, pour faire large du tag, tatouage à la K-pop, ils ont marqué leur territoire par la fin du respect de la hiérarchie de la pyramide des âges. Ils oublient cependant que se structurer passe malgré tout et peut-être encore par les anciens. Ils, les petits génies ou les surdoués ou pour faire simple "les gamins à forts potentiels" peuvent sauter des classes, mais pas des générations.

 

On est d'accord, que chaque génération de jeunes cherche à s'émanciper des "vieux" qui par définition ne comprennent rien, mais à quel prix ? "Ah si jeunesse savait et vieillesse pouvait", longtemps on est resté dans cette pensée, mais aujourd'hui, elle est dépassée plus encore que du temps de Henri Maret  qui disait déjà au XIX ème siècle, "jeunesse sait (ou croit savoir) et vieillesse peut". Le conflit des générations trouve là son épicentre avec des générations dites X, Y, Z contre cheveux gris, le tout sur fond de climat, sauvetage de la planète, de biodiversité, d'égéries fabriquées à la Thunberg et depuis peu de Covid 19 et de dette à payer par les jeunes pour sauver les vieux.

 

C'est tonique, vivifiant d'avoir envie de sauver le monde, comme Bioman ou Capitaine Flamme, avec une jeunesse "réseautée", se sentant en capacité de soulever des montagnes. C'est "magnifaïk" d'avoir des "vieux jeunes" en pleine forme, l'ennui c'est qu'on est entrain de se faire rencontrer deux plaques tectoniques qui n'avaient pas forcément vocation à se heurter frontalement. L'ennui c'est qu'on est entrain de construire deux sociétés qui vont opposer grands-parents, enfants et petits enfants, avec d'un côté des anciens qui veulent "faire plaisir" parce que c'est dans le privilège de leur âge et de l'autre des parents qui voient l'éducation et la société autrement, le tout couronné par des petits-enfants, de plus en plus égocentriques, puisque vivants dans leur nouveau monde de gamins "réseautés", avec les codes qui vont avec.

Plus  je regarde et plus je crains que la réflexion attribuée à Nietzsche était visionnaire : "à l'ère moderne, il y aura la prolifération d'une espèce d'homme oisif, grégaire, hédoniste qui n'aspire à vivre que confortablement, englué dans une vie étriquée, inapte à l'effort soutenu et ayant besoin de divertissements à fortes doses et avide de rationalisme. Mais surtout, l'homme à venir aura une peur maladive du danger et surtout de la souffrance. Il adoptera et glorifiera la posture de victime. Il s'agira d'un homme indigné en permanence qui travestira sa faiblesse et sa peur de la souffrance en grandeur morale".

Tag(s) : #Billet d'humeur

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