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A quelle sauce les sangliers ou leurs chasseurs vont-ils être mangés

Comme annoncé, le 16 juillet, les principaux acteurs du dossier sanglier se sont retrouvés autour d'une table ronde préparée par le nouveau Préfet, Stéphane Bouillon. Visiblement, les élus des chasseurs ne sont plus en odeur de sainteté et leurs arguments ne passent plus, d'autant plus que le président de la Fédération a brillé par son absence, alors que le Préfet en personne et non ses services dirigeait la réunion... Ce "trou" ne va pas redorer notre blason et le représentant de la FDSEA n'a pas manqué l'occasion pour l'exploiter.

Ce décor planté d'entrée, faut-il dès lors être surpris du retour de bâton, voire même en être offusqué ? Je vous renvoie à mon article du 24 mai, "le chasseur local ou ses instances restent-ils encore une force de proposition ?"

En tout cas, pour le moins qu'on puisse dire, l'affaire a été très mal engagée par nos élus. Côté FIDS 67, était-est-ce vraiment le lieu, ou l'heure d'entamer une négociation sur un sujet brûlant, allant contre les intérêts du monde agricole, comme l'élargissement de la franchise de non prise en compte d'indemnisation de dégâts, pour la faire passer de 3 à 5% ? Franchement, avec une telle revendication au moment où la chasse est au banc des accusés, vous présentez le martinet pour vous faire fouetter !

Etait-est-ce, à court d'arguments sans doute, vraiment nécessaire de menacer de suspendre le paiement de la première tranche de dégâts, ou plutôt le meilleur moyen d' aller carrément au massacre ?

Peu importe la stratégie cachée dans la tête de nos négociateurs, on ne peut s'étonner que le Préfet ait au bout "lancé du lourd", comme la menace de diligenter une enquête de la cour des comptes sur les finances du Fonds d'Indemnisation, voire la suppression de la loi locale de chasse. Si cette épée de Damoclès plantée par le représentant de l'Etat peut inciter le FIDS 67 à plus de transparence financière vis-à-vis de ses membres, rien que pour cette raison la réunion est un succès (cf mon courrier au FIDS 67).

Quant à celle qui amènerait à la disparition du FIDS 67, cela fait longtemps que je défend une instance unique de gestion du sanglier via la FDC 67, comme c'est le cas "en vieille France". Là le préfet nous rendrait plutôt service.

Maintenant, sans doute pour se dédouaner ou pour faire plaisir aux tenants du sanglier qui voient la "faute" des dégâts partout sauf chez eux, le FIDS 67 lance en urgence un appel aux Présidents de GGC pour recevoir un mandat défendant sa position présentée devant le préfet.

Pour le moins qu'on puisse dire, le courrier (cf pj) est difficile à comprendre. Le FIDS 67 nous dit avoir demandé une franchise de 3+2, soit 5% comme dans les autres départements. La FDSEA a proposé 5% .

Mais où est alors le conflit puisque les deux proposent la même chose ???

Je pense qu'il faut comprendre que les représentants syndicaux ont plutôt refusé... En tout cas, ce courrier montre que la sérénité quitte les bureaux du Fonds d'Indemnisation et que son objectif n'est pas de rendre compte, mais de monter les chasseurs contre l'Administration et les agriculteurs, sur fond de suppression de loi locale de chasse.

Cela porte un nom, la manipulation. Tout cela n'est vraiment pas sérieux. De toute façon, si quelqu'un doit donner un mandat au FIDS 67, dans une situation aussi conflictuelle et grave, c'est l'assemblée générale et non les seuls Présidents de GGC, dont la plupart sont administrateur de la fédération...

Par ailleurs dire que la demande de franchise à 5% est une demande issue de la base, lors des réunions sectorielles est encore une arnaque. Ce point a pu être abordé en certaines réunions, tout comme par exemple le bracelet sanglier, alors pourquoi retenir "cette volonté" et non celle du bracelet ou d'une sectorisation des zones vitales des sangliers pour être conforme au code de l'environnement et des textes en cours ?

Là encore on voit que le FIDS 67 retient ce qu'il veut. Comme dit dans les raisons de mon blog, "ce n'est pas parce qu'une décision est prise par des dirigeants, qu'elle est la vérité".

Sur un plan décisionnel, qu'est dès lors ressorti de la réunion comme mesures contre le sanglier ou et les chasseurs (cf article joint) ?

Mon sentiment c'est que c'est plutôt l'approche technocratique que pragmatique qui l'a emporté. Il fallait des mesures urgentes pour stopper l'emballement des dégâts. On est resté sur des "mesurettes" qui existe et se répète depuis toujours, mais accompagnées de la ferme volonté d'actions en cas de non résultats.

Ainsi, à partir des dégâts enregistrés au-dessus de 5.000€, on a ciblé cinquante lots de chasse, qui vont être dans "l’œil du cyclone". Ces points noirs, toujours les mêmes vont donc devoir réduire drastiquement leurs populations de sangliers, après réunion par les communes concernées de la 4C... Si le travail n'a pas été fait par l'adjudicataire concernée, la sanction sera la "battue administrative à l'aveugle"... et ultérieurement la possibilité de résiliation de bail.

Liste-4C-battue aveugle-résiliation, une fusée à quatre étages qui hélas ne concerne que l'avenir et non le présent. En clair, on attend les battues qui ne débuteront qu'en novembre, et on fera le point en fin de saison. Autant dire qu'on laisse filer les dégâts de l'année, on serre les fesses et on se met la tête dans le sable, comme si les blés et les maïs n'existaient pas. Le retour à la réalité va être terrifiant. Je n'appelle pas ça "un programme d'action" comme le titre l'Est Agricole, mais un effet d'annonce conforme à la revendication et l'attente de la base des agriculteurs.

850 sangliers tirés apparemment de nuit (plus de 2.000 selon le directeur du FIDS 67), peu importe les chiffres avancés depuis le début de la campagne, un peu plus de 200 par mois sur tout le département, c'est au final très peu, comparé aux nombres de lots à dégâts. C'est bien la preuve que beaucoup de nos chasseurs concernés par la question ne sont pas encore opérationnels ou ne veulent pas se sacrifier ou sacrifier leurs sangliers sur l'autel de la dissuasion ou tout simplement comprendre que "les mouches ont changé d'âne". Eh oui, sans vouloir revenir sur le sujet, objet déjà de plusieurs articles, la chasse de nuit est astreignante, fatiguante, effrayante, chronophage, révélatrice de qui sait éviscérer, charger-transporter-accrocher... Sur les plus de 8.000 chasseurs, nous ne devons pas être nombreux à maîtriser l'art de la chasse de nuit ou l'art de la chasse tout court avec toutes ses composantes... Dissuader ce n'est pas chasser en battues ou à l'affût, face à un agrainoir, c'est être là quand il faut, peu importe les conditions extérieures,le temps qu'il faut et nuit après nuit... On est dans un autre monde, pas sûr que les partisans du "yaka, faukon" en soient tous conscients.

Reste que la facture à payer est bien là et va se situer entre 2,5 et 3millions d'euros. S'en prendre aux sangliers à travers de futures battues post récoltes et dégâts est une chose, s'en prendre financièrement aux responsables dès à présent qui ont bien vécu depuis 2008 sur le dos du suidé ressource et pris en otages financiers les purs chasseurs de plaine sans bois ni forêts, en est une autre. Et là, rien...

Maintenant, que tout le monde se rassure, les tenants du sanglier vont flinguer. Oui ça va être Disneyland dès cet automne, non pas parce qu'une autorité ou un lobby va le demander ou l'exiger, parce que tout simplement nous sommes en fin de bail. Le sanglier va être ce que j'ai toujours refusé, "l'otage du chasseur". Il s'agit sous prétexte qu'on ne veut plus de la chasse de la vider avant ré-adjudication. La technique consiste, pour beaucoup encore, à gérer pendant 7-8 ans la chasse et à en laisser le moins possible la dernière année.

Donc tous les opposants au sanglier peuvent se rassurer, les tableaux 2013 et 2014 vont être records "naturellement". Mais après ? De nombreux groupes de chasse vont se retirer du milieu, soit atteints par l'âge, soit par écœurement, soit par manque de capacités financières, soit parce que la gestion-protection des espèces, en particulier du petit gibier n'a plus de sens et d'avenir.

Si le futur cahier des charges des chasses communales doit privilégier la chasse locale et moins "la chasse de société", pour avoir une meilleure réactivité et proximité, et introduire le risque de résiliation en cas de défaillance de gestion, tout le monde doit être conscient que la valeur cynégétique des lots de chasse ne sera plus la même. Comparé au prix actuel des chasses, les tenants du foncier agricole et forestier ne pourront plus prétendre au beurre et à l'argent du beurre. Les prix des chasses, selon la loi de l'offre et de la demande, vont s'effondrer. Les propriétaires qui veulent des chasseurs locaux devront pratiquer un prix adapté au pouvoir d'achat de nos chasseurs dits de base.

Pour les communes qui respectent les textes en reversant sous une forme ou une autre le produit de la chasse aux agriculteurs, cela devrait être possible. Là où les communes biaisent en intégrant le produit dans le budget communal, la perte de recette devra être compensée soit par des économies soit par d'autres recettes, comme l'impôt...Gageons que le sujet n'a pas fini de faire parler de lui.

Comme on le voit, rappelez les chasseurs a leurs devoirs et ne plus faire confiance en leurs propos ou plutôt ceux de leurs porte-parole, peut faire plaisir, tous les chasseurs ne méritent cependant pas le même traitement de faveur. Fuyons les amalgames mais condamnons les brebis galeuses, les pratiques douteuses, les tricheries, écartons ceux pour qui la chasse se limite à des dates dans un calendrier, aidons ceux qui méritent le titre de chasseur face à l'argent et la facilité.

Maintenant, n'oublions pas qu'à force de ne plus accepter la présence suffisante de gibiers sur le foncier agricole et forestier, c'est l'omnipotence* de l'homme sur l'animal et la nature qui aura encore gagné. Jusqu'où voulons-nous aller ? Vers une nature sans vie animale, vers une nature ordonnée à l'extrême où l'homme orchestre tout et met tout à la place qu'il décide selon son regard ? J'ai peur de connaître la réponse et j'en frisonne. La conscience écologique par la chasse, un concept qui arrive vraisemblablement trop tard.

Pour info, le prochain R.V. chez le Préfet est prévu pour septembre.

* omnipotence : droit de vie ou de mort que se donne l'homme sur l'animal

Le FIDS 67 aggrave le feu qui brule dans la "Maison chasse"

Il n'existe au FIDS 67 aucun réviseur au compte

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts, #Vie des instances de la chasse, #Billet d'humeur

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