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Golo-golo chez les bêtes rousses

Tout le monde a un avis sur l'explosion des densités de notre "cher" sanglier, dans les deux sens du terme. Comme tout chasseur quelque peu intéressé par le sujet, j'ai un avis, celui tiré de l'observation et de l'expérience.

On peut me dire ce qu'on veut, des fruits forestiers aux nombre d'allaites, à la capacité de la bête noire à adapter son cycle de reproduction selon le point bas ou haut de sa population, ce que j'observe c'est la déferlante actuelle dans les cultures, particulièrement les blés, de bêtes rousses non tirées aux battues en hiver.

J'avais tiré la sonnette d'alarme dès le mois de janvier sur la présence irresponsable en forêt d'autant de sangliers de la classe jeune et les conséquences futures sur les dégâts. Aujourd'hui, le "laisser filer" va se payer au prix fort. Quand vous voyez sortir avec une grosse tête et un squelette décharné des petites laies de 25 kgs pompées par quatre marcassins, c'est qu'on a un gros problème de gestion.

C'est qu'on peut s'attendre surtout à ce que tour à tour toutes les femelles de la classe jeune de la saison écoulée vont mettre bas, en plus des bêtes de compagnie et des laies matures qui actuellement "squattent" les agrainoirs fixes, mais pas pour longtemps encore. Prenez une calculette et vous allez trembler, car tout cette marmaille va grandir, devoir manger plus et donc sortir plus, en l'occurrence après les blés, dans les maïs, puis dans les prés.

Ce n'est que le début de la catastrophe.

Maintenant, si les "apprentis-sorciers" pensent que les plainards vont sauver le "soldat Ryan, voire ont l'obligation de résultat sous prétexte de tir de nuit avec source lumineuse, ils se fourvoient grandement.

En ce qui me concerne, je ne me ruine pas la santé et plombe la vie familiale pour en plus me faire rincer par la suite par les mêmes apprentis sorciers au titre de la solidarité ou de la mutualisation.

En ce qui me concerne, j'en ai assez de devoir aller jusqu'au bout de ce que je me suis toujours refusé de faire, éliminer une compagnie en une nuit.

Quand en plus vous avez à gérer une situation abracadabrantesque de braconnage de cerf, où vous finissez par devenir suspect et mettre en cause l'emplacement des miradors pour éviter les dégâts, vous dites stop à toutes ces conneries, sans parler de la chasse aux planteurs de cannabis qui n'intéresse personne, mais ajoute à la perturbation de la quiétude du territoire .

Pour l'instant, nous tenons "la baraque" en terme de dégâts de tout notre secteur particulièrement simple à définir avec trois lots de forêts qui approvisionnent notre plaine. Si nous arrivons au bout de notre objectif, je puis d'ores et déjà vous dire que je ne me sentirai en rien solidaire des dégâts enregistrés de Brumath à Wissembourg, ni même de mon secteur.

D'ici aux battues, nous allons être totalement dépassés. Lorsque la nuit précédente, vous dissuadez les sorties par trois tirs de carabine à réveiller les villages alentours et que le lendemain vous avez les mêmes sorties et encore plus nombreuses, vous "pleurez" face à la tâche et à l'état de fatigue qui vous attend.

J'ai toujours aimé sortir comme "chasseur gestionnaire et protecteur". Là à cause des "apprentis sorciers" je suis devenu "exterminateur" d'une chasse devenue un travail qu'en plus je paye. Là le vase déborde vraiment. Mais qu'attendent les chasseurs victimes d'un système qui dure depuis des années pour dire "STOP". "Mais ils sont où les chasseurs" pour plagier un slogan de supporter du foot ?

Pendant des années mes interventions en réunion ou en assemblées générales ont amusé la galerie; rassurez-vous, le clown n'a pas fini de faire rire, mais jaune, comme la couleur du maïs.

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts, #Billet d'humeur

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