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Les dégâts de sangliers, le nouveau pétrole de la raffinerie ?

Vingt cinq hectares de dégâts de sangliers pour cinquante cinq mille euros, il y a vraiment de quoi avoir le vertige. Mais pour arriver à une telle somme comment est-ce possible dans le contexte particulier de la raffinerie de Reichstett ? Une petite enquête s'imposait...

Des informations recueillies, il semblerait que le territoire n'aurait tout simplement plus été chassé depuis l'année dernière, pour des raisons propres à la raffinerie.

Pour pallier néanmoins à cette défection interne et éviter les dégâts, un accord externe aurait été trouvé avec le Président des Louvetiers, responsable du secteur.

Mais apparemment, là encore rien au final n'a débouché sur du concret et les sangliers ont donc pu s'en donner à cœur joie, en toute quiétude. Décidément, notre ancien Président Jacques Chirac et sa citation concernant l'urgence à mettre en place des mesures écologiques pour la planète, fait encore une fois recette, "la maison brûlait et nous avons regardé ailleurs".

Mais pourquoi pas, dans notre milieu, comme à la SNCF, "tout est possible", alors pourquoi pas laisser croquer les sangliers, le FIDS 67 et les chasseurs sont habitués à payer.

Reste cependant qu'il y a tout de même un gros "hic" dans toute cette histoire de négligence... C'est que l'exploitant agricole indemnisé est tout d'abord lui-même lieutenant de Louveterie et surtout membre du comité directeur du Fonds d'Indemnisation des Dégâts de Sangliers du Bas-Rhin...

Il y a là après Chirac et sa citation, un air de Nabila, " allo, non mais allo quoi, j'hallucine"...

Quand l'agriculteur implante des cultures recherchées par les sangliers en plein milieu d'un biotope à suidés, je veux bien qu'à la limite il s'en fiche des dégâts puisqu'il se fait indemniser. Mais lorsqu'il s'agit d'un louvetier-membre du Comité Directeur du Fonds d'Indemnisation, il ne peut regarder les bras croisés, faire la morale aux autres chasseurs et empocher le chèque.

Sur un simple plan du droit, nous ne sommes pas loin de ce qu'on nomme "un conflit d'intérêts", dont Wikipedia donne la définition suivante :

"un conflit d'intérêts apparaît quand un individu ou une organisation est impliquée dans de multiples intérêts, l'un d'eux pouvant corrompre la motivation à agir sur les autres. Un conflit d'intérêts apparaît ainsi chez une personne ayant à accomplir une fonction d'intérêt général et dont les intérêts personnels sont en concurrence avec la mission qui lui est confiée par son administration ou son entreprise1. Le conflit d'intérêts est plus fréquent dans certaines professions réglementées. Ces professions s'organisent généralement autour d'une charte de déontologie car ces intérêts en concurrence compliquent la tâche à accomplir avec neutralité ou impartialité. Le conflit d'intérêts n'est pas, en droit français, un délit civil ou pénal. C'est la prise illégale d'intérêt qui peut en découler et qui est, quant à elle, un délit. Même s'il n'y a aucune preuve d'actes préjudiciables, un conflit d'intérêts peut créer une apparence d'indélicatesse susceptible de miner la confiance en la capacité de cette personne à assumer sa responsabilité).

Vous avez dit "bonjour les dégâts", nul doute que le GGC du Ried Nord risque de "ruer dans les brancards", si d'aventure la "dette" était mutualisée sur tout le secteur.

"Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute"

Michel Audiard

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts, #Billet d'humeur, #Vie des instances de la chasse

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