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Un mode de gouvernance à revoir ? Un dossier pour le Préfet, un débat pour les chasseurs ?

Le Bas-Rhin est à l'image du département, une petite fédération de chasseurs avec quelques huit mille porteurs de permis, une culture cynégétique ancienne, une réputation de gestionnaire, mais aussi une communauté divisée, entre chasseurs de petit et grand gibier sur fond de surpopulation de sangliers, entre chasseurs populaires locaux et chasseurs urbains à forts budgets d'ici ou d'ailleurs, autant de caractéristiques de notre microcosme.

Pas forcément facile dans ce contexte d'amener du lien, une unité, de la solidarité, une vision commune de la chasse et de sa gestion, les divergences pouvant même être très opposées selon les dossiers.

Pour parvenir à une certaine cohésion, l'organisation interne de notre chasse s'appuie sur une structuration verticale avec au sommet la Fédération du 67 et à la base les chasseurs individuels et les groupes de chasse, avec entre, les Groupements de Gestion Cynégétique (GGC) et les Sociétés Locales des Chasseurs (SLC).

A côté de ce mouvement structuré des chasseurs, tournent autour en satellites toute une série d'associations qui vont de l'association des piégeurs, du petit gibier, des anatidés, des conducteurs de chiens de sang, à l'association des chasseurs de grand gibier. De par leur existence et spécificité tous ces mouvements ont par la force des choses des objets sociaux propres avec des hommes et des visions selon le cas, divergentes.

Tout cet ensemble forme au final, un organigramme local assez atomisé qui sur un plan de la démocratie "participative" permet, en principe, la libre expression et circulation d'idées. Par contre, le revers ou le danger de la multiplication des courants,compte tenu de la taille de notre Fédération, c'est d'avoir un manque d'unité à un moment, si chacun, du bas vers le haut et autour, reste sur l'intérêt particulier, voire partisan ou "se la joue tout seul".

Unir tous ces mouvements de pensée ou d'opinion en un groupe, c'est le lourd travail qui revient en principe en premier à une fédération. Bâtir un mouvement cynégétique fort autour d'hommes était certainement chose plus facile par le passé. Aujourd'hui, le dossier sanglier mobilise tellement la majorité des esprits sur fond "monétaire" qu'on peut aller jusqu'à se demander s'il existe encore une réelle cohésion, voire carrément si on n'est pas entré dans une dispersion ou érosion du pouvoir ?

Cette interrogation est particulièrement visible, lorsque s'ouvre le débat sur le sanglier au sein d'une entité non encore citée, car placée en dehors de l'organigramme fédéral, à savoir le Fonds d'Indemnisation des Dégâts de Sangliers

C'est assez frappant, voire surprenant de voir pour autant qu'on puisse en juger de l'extérieur, la frontière mise en place par les deux structures. Le FIDS 67 ne manque jamais une occasion pour se démarquer de la Fédération, se contentant de mettre l'accent sur son unique rôle de gestionnaire financier des dégâts. D'un autre côté, contrairement au Haut-Rhin, le Président de la FDC 67 ne prend jamais la parole aux assemblées générales pour exposer son point de vue, sa politique sur les dégâts de sangliers. Chacun semble vivre sa vie de son côté, alors que gestion des populations et gestion financière des indemnisations vont de pair. Du coup, la balle de ping pong passe le plus souvent de l'un à l'autre et aucune ligne conductrice ne se dégage autour d'une unité de vue. En "vieille France, la question du leadership ou de son absence ne se pose pas, les deux dossiers sont gérés par les Fédérations. Il fut un temps aussi, où le directeur de la FDC 67 était aussi directeur de notre Syndicat des Chasseurs en Forêt, ce qui montre bien qu'à l'origine, les deux camps pouvaient former une unité.

Une explication plausible à l'absence d'interactions peut le cas échéant être avancée, en lien avec le système électoral qui veut que par la force des choses, les mêmes groupes de chasse élisent leurs représentants à la FDC67 et au FIDS 67. Avoir une position envers le Fonds qui serait contraire aux intérêts d'électeurs influents pourrait donc avoir des répercussions fâcheuses sur la composition du mouvement fédéral.

Par ailleurs, lorsque la structuration d'un mouvement s'appuie sur la verticalité, l'assemblée générale doit jouer un rôle particulièrement important pour fédérer les courants et les hommes. Je ne suis pas convaincu que chez nous cela soit encore tellement le cas. Si vous regardez la tenue des A.G. de la FDC 67, il est frappant de voir le décalage entre les dates d'un exercice, du 1erjuillet au 30 juin et la date de tenue de l'assemblée statutaire annuelle, en avril de l'année suivante, soit trois mois seulement avant la clôture de l'exercice suivant.

Il serait certainement plus pertinent d'avoir la tenue de l'A.G. annuelle dès septembre, notamment pour définir à chaud les lignes directrices de la saison à venir qui débute réellement à ce moment là (ouverture du petit gibier et du cervidé, proximité des battues de sangliers) . La situation actuelle du dossier sanglier montre bien la pertinence d'une tenue d'A.G. au plus près du terme de la clôture de l'exercice précédent.

Encore faudrait-il que les statuts veuillent l'échange ou le débat avec les membres, ce qui est loin d'être le cas. Ainsi, pour pouvoir poser une question, il faut au préalable avoir réuni cinquante signatures. Etonnez-vous que depuis quelques années, on soit plus proche de "la grand messe" que conforme aux principes de la vie associative qui veut que la souveraineté appartienne aux membres.

Pour moi, une AG devrait être l'occasion de mener des débats, surtout lorsqu'il existe des dossiers chauds comme actuellement. Le faire au sein de la partie statutaire est un exercice difficile et délicat lorsque les participants sont nombreux. Mais on pourrait très bien imaginer que la journée soit coupée en deux parties, le matin avec un travail en groupes ou en commissions par thèmes, et l'après-midi avec l'ordre du jour habituel et une restitution des synthèses et des propositions. Maintenant veut-on vraiment faire émerger des courants et en tenir compte. Il est toujours plus aisé de diriger sur la base de l'expression des droits de vote, le fameux "vote démocratique" que sur "la votation" à la Suisse.

On voit bien lorsqu'on regarde la composition du Conseil d’Administration de la FDC 67 que la verticalité de la gouvernance de notre communauté est fermée. Elle s'appuie ainsi pour beaucoup sur le cumul des mandats. La majorité des Présidents de GGC est aussi membre du Conseil d'Administration. Il est dès lors aisé de jongler entre les uns et les autres, d'autant plus qu'il n'existe plus une "opposition" constituée en face, comme dans le temps.

Quand donc par exemple, le FIDS 67 en appelle aux présidents de GGC, comme c'est le cas suite à la réunion avec le Préfet, en appelle-t-il à une entité morale indépendante ou à une personne le plus souvent membre de la Fédération ? La décision prise par le Président du GGC, aussi membre du C.A de la FDC 67, se fait-elle à partir de sa base ou de son propre Comité Directeur ou d'après la position tenue par la FDC 67 ? Pas évident d'avoir une séparation des pouvoirs et des idées. Je suppose que sur bien des dossiers la position individuelle n'est pas forcément celle commune prise en Conseil d'Administration. Ce n'est certainement pas par hasard que de nombreux Administrateurs ont démissionné au fil des ans et des mandats.

Je conçois qu'il est humain de vouloir diriger sans avoir à batailler en interne pour chaque décision. Mais la logique voudrait que dans notre communauté nous n'ayons que peu de points de divergences, comme c'est le cas en politique.

La faute à cette gouvernance fermée ou à la verticalité contrôlée se trouve très certainement dans le système électoral ou tant pour le FIDS 67 que pour la FDC 67, le but du jeu, si on veut prendre le pouvoir ou imposer des résolutions, consiste à récupérer le maximum de procurations et de timbres de vote. Quelle peut être la valeur d'un droit de vote arrachée à un invité en battue ou remis par défaut ou amitié en début de saison pour une AG où vous ne connaissez pas encore les résolutions à voter ? Quelle est la valeur et le sens de l'opération qui consiste à récupérer des voix territoires avant que les chasseurs ne sachent qui va se présenter à l'élection des Administrateurs ?

Quelle est in fine la valeur et légitimité d'un vote en AG sur la base d'une chasse aux pouvoirs de vote ? La question se pose d'autant plus que statutairement une personne peut présenter à l'inscription à l'AG autant de pouvoirs qu'il peut en récupérer, pour ce qui est du FIDS 67 et avec plus de finesse dans les statuts de la FDC 67, mais il suffit de "donner" ses droits collectés en trop à une personne de son bord.

Si vous ajoutez à ce "système", le risque de "contre partie" que peut amener ce qui au demeurant n'est que du "clientélisme", vous comprenez peut être mieux, pourquoi le dossier sanglier ressource n'a pas avancé dans le bon sens depuis le début et lentement explosé depuis 2005 et surtout 2008 avec le nouveau système de financement des contributions complémentaires, détourné en faveur des tenants du sanglier, tous grands électeurs de par la superficie de leurs territoires de chasse... Parmi les chasses dont le fond de commerce repose sur le sanglier ressource, sauf erreur, 63 territoires de chasse, (64 avec l'ONF) vont de 1.000 à plus de 3.000 hectares, la majorité est à dominante bois ou mixte, 20 ont un budget "bail de chasse, allant de 40.000€ à plus de 100.000€.

Dans le bas-Rhin, les territoires de chasse se répartissent entre plus de 850 adjudicataires, dont une immense majorité sans pratiquement de voix représentatives au FIDS 67 puisque la plaine, selon les statuts (faits par les chasseurs en forêt) donnent moitié moins de voix aux chasses de plaine.

A chacun de se faire son opinion, au regard de la situation chaotique dans laquelle nous sommes, par l'unique fait du pauvre sanglier, jamais géré qualitativement depuis le choix d'en faire une chasse de tir.

Pour moi, une raison majeure est à chercher dans la rédaction des statuts.

Remettre en cause la loi locale de chasse est envisageable, mais revoir les statuts de nos deux instances serait plus effective.

"Quand tu es dans la merde, ne dis rien, et essaye de donner l'impression de savoir ce que tu fais..."

Statuts FIDS 67

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Statuts suite

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse, #Billet d'humeur

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