Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Réflexions sur les dégâts de sangliers du 67 avant la récolte du maïs

Ci-joints deux tableaux reprenant les chiffres des dégâts de sangliers du Bas-Rhin à la sortie de l'été. Beaucoup se félicitent de leur diminution, tant en surfaces détruites qu' en espèces sonnantes et trébuchantes. Il est certain que lorsqu'on atteint un plus haut une année, toute diminution fait plaisir. Il n'en reste pas moins qu'en dégâts de prés, de blés et de semis de maïs le montant total s'élève à plus de 509.000€ pour 575 ha de cultures détruites.

Maintenant, si vous confrontez les chiffres à l'historique des dégâts ou si vous affinez l'étude, notamment au regard du choix de la mutualisation des contributions complémentaires fait par le Fonds d'Indemnisation des Dégâts de Sangliers du Bas-Rhin, il y a de quoi fustiger et fulminer.

Je rappelle que depuis 2008, le FIDS 67 fait payer le déficit financier par tous les adjudicataires, qu'ils aient du sanglier ou pas, qu'ils aient des possibilités d'agrainer ou pas, qu'ils aient des clôtures ou pas, qu'ils fassent de la dissuasion de nuit ou pas, qu'ils aient des surfaces boisées ou pas, qu'ils soient dans des points noirs récurrents ou pas, sur des listes de battues administratives ou pas, qu'ils fassent une saine gestion des populations tout au long de l'année ou privilégient le business à travers les battues marchandes, cf par exemple le lien transmis par un lecteur.

Prenons les deux tableaux joints. Sur plus de 1300 lots, 67 lots sur 468 lots à dégâts génèrent plus de 59% des dégâts.

Prenez le tableau du cumul par locataire, ce sont bel et bien des chasses dites mixtes, soit des territoires qui, par des surfaces boisées suffisantes pour avoir droit à l'agrainage, ont la possibilité de tenir du sanglier et de le gérer quantitativement, qui font plus de 90% des dégâts. Seules 5 chasses de plaine, soit avec moins de 50 ha de surfaces boisées sur plus de 850 figurent dans les 49 chasses les plus destructrices de surfaces.

Il est clair que le FIDS 67 et ses choix orientés de sectorisation, avec à ses côtés une Fédération des Chasseurs passives, ne peut continuer à diluer sa facture sur l'ensemble de la communauté, favoriser les chasses négligentes ou défaillantes en forêt ou en plaine mixte, prendre en otage les chasses sans surfaces boisées, encourager le laxisme et le sanglier business au détriment de ceux qui "font le travail", tant en forêt qu'en zones mixtes ou plaine pure.

Fédération, Administration, FIDS 67 ont toutes les données et le recul nécessaire sur des années pour sortir le "bon grain de l'ivraie". Cela demande peut être juste de vouloir oublier les noms des locataires qui sont concernés par les dégâts récurrents et la calculette pour trouver le "système" le moins coûteux aux intérêts de quelques-uns.

Enfin, produire plus de 575 ha de dégâts sur une période où l'avantage est clairement du côté du chasseur, pour peu qu'il se fasse violence de sortir de nuit et pas seulement de matin voire pas du tout, montre aussi que peu de chasseurs mettent véritablement des plans de dissuasion en place, comme à titre d'exemple l'a fait un groupe souvent dans le palmarès des "mauvais élèves" :

- interdire le tir en forêt lors des périodes critiques

- placer 60% des places d'agrainage sans affût pour mettre les sangliers en "sécurité" au bois,

- régler les automatiques pour jeter 4x par nuit afin d’occuper les compagnies plus longtemps pour une quantité de maïs identique,

- agrainer régulièrement en linéaire et y interdire le tir

- construire des cabines en plaine.

- sortir avant l'apparition de dégâts

- tirer sans distinction en plaine y compris les marcassins, sauf meneuse et suitée,

- pratiquer le tir d'effarouchement ou aller dans les cultures.

Maintenant, et ceci explique cela, la mise en place de telles restrictions et de contraintes n'est pas sans risque pour le locataire réactif, celui de voir partir vers d'autres cieux des partenaires ne souhaitant pas perdre du temps la nuit en plaine ou subir les astreintes et privilégiant la chasse de confort aux heures légales, bien installé dans un mirador face à un agrainoir.

Quant au débat sur le recours à la lampe pour favoriser le tir de nuit en plaine et son efficacité, là aussi il y a matière à redire. Il suffirait de comparer le chiffre du nombre de lampes achetées (pour peu qu'on puisse le connaître) au nombre de chasseurs ayant sollicité le tir de nuit auprès des louvetiers et on aurait une partie de la réponse à l'interdit de l'Administration... en tout cas on saurait quel type de chasse a tiré profit de l'ouverture du marché et détourné l'usage au détriment de ceux qui veulent agir contre les dégâts dans les cultures...

Tag(s) : #Billet d'humeur, #Vie des instances de la chasse

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :