
L'autorisation préfectorale du Nord de pratiquer d'avril à fin mai le tir de nuit encadré de sangliers en milieu cultivé provoque à nouveau, plus précisément continue, le débat sur le sens de cette mesure. Mais pourquoi le monde de la chasse est-il entrain de se poser des questions existentielles qui n'ont lieu d'être ? Pourquoi vouloir évaluer une mesure au regard de son efficacité, de son impact sur la chasse et les chasseurs ? Nous, plus précisément le Fonds d'Indemnisation des Dégâts de Sangliers du Bas-Rhin, avec 25 ans d'expérience à côté de la Fédération des Chasseurs, avons largement les réponses et la boîte à outils pour ne pas refaire ailleurs ce qui a déjà été fait. Pourquoi ne pas s'en servir, à moins que l'Alsace ne fasse pas partie du territoire national 😏?
Un dicton africain dit que "lorsque le singe ne veut pas grimper à un arbre, il dit que le fruit n'est pas mûr". On est en plein dedans avec l'impression qu'une partie de la chasse sort des fausses barbes, comme un conducteur angoissé sort le frein à main à chaque moment où il craint la perte de contrôle ou de se faire embarquer par la route. Quand on cherche, on trouve toujours une bonne raison de ne pas y aller. En fait, la question est simple, le chasseur est-il prêt ou pas à assumer sa responsabilité de protecteur des cultures engagée avec la prise du droit d'affût aux agriculteurs, ce qui suppose contrôle des dégâts et le cas échéant paiement d'indemnités ? La réponse est claire, non, il aimerait que l'Etat participe au financement, que les Louvetiers continuent à se charger de la dissuasion, que l'agrainage dit de dissuasion se poursuive, bref que la chasse continue comme avant, avec pleins de sangliers en battue.
Fatale error, il est temps de passer du quantitatif au qualitatif, de l'insupportable à l'acceptable par le monde agricole et le monde des antichas. De surcroît le monde agricole est chaud bouillant depuis des mois et le pays est en faillite, personne ne veut payer et tout le monde réclame des aides, cf la crise du prix des carburants actuelle. Qui peut raisonnablement penser dans ce contexte que l'Etat va voler au secours des chasseurs pour participer au financement de son loisir ou parce qu'il ne se sent pas dans le tir de nuit ?
Au cinéma on dirait "Lumières, moteur, ça tourne et Action ! Clap !" Pour le tir de nuit, on dira "Echelles, équipements, courage, Feu"I
Complément d'enquête le 1er avril :
Il s'avère, cf le commentaire ci-dessous et ma réponse que l'autorisation du tir de sangliers dans le Nord ne vaut que pour le tir d'affût soit dans le cadre des heures légales du soir et du matin. Mais cela ne change en rien la question.
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