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Quand la ville découvre le renard...

Voilà les articles comme je les aime. Un fait divers, avec quelques habitants à proximité de la friche Caddie à Schiltigheim qui découvrent la présence de quatre renards "à l'état sauvage" et autour des représentations personnelles, des avis d'experts et des amalgames, notamment sur l'éradication des renards par le gazage des terriers.

Non ce n'est pas parce que quatre goupils ont élu "opportunément" domicile dans une friche industrielle que déjà il faut croire que "la nature s'installe en ville". Par nature, il faut entendre un peu autre chose, en l'occurrence un peu partout des grands espaces verts, à la place du béton et du macadam, comme dans certaines grandes métropoles, Berlin par exemple. Cela étant, Strasbourg avec les cimetières et les quelques parcs urbains possèdent effectivement des espaces où il peut faire bon vivre pour un goupil, à travers gîtes et couvert. De la même manière s'il se propage apparemment davantage en milieu urbain, ce n'est pas parce que la ville est plus accueillante, mais parce que tout renard une fois adulte doit chercher son propre territoire, ce qui l'oblige forcément à se disperser et donc à se propager.

Reste que l'essentiel à faire ressortir dans l'article n'est pas dans la circulation et la vie du renard en ville, mais dans la tendance à donner comme factuel des représentations personnelles ou communautaires. Factuellement, nous avons quatre renards en milieu urbain, rien de comparable avec Londres par exemple qui est envahi, avec un fait divers autrement plus sérieux d'un renard sectionnant deux doigts d'un nourrisson en février dernier, alors qu'il voulait le traîner hors de sa chambre.

Etrangement à la question de la journaliste des DNA, sur la dangerosité éventuelle du renard, le représentant d'Alsace Nature n'en a pas parlé... Par contre, le gazage des terriers par les chasseurs et le statut de nuisible du renard a été, lui, largement développé. Je rappelle simplement que le gazage a eu cours jusqu'en 1986, dans le cadre d'un programme de protection de la santé publique, instaurée par le Ministère de l'agriculture qui subventionnait alors les Fédérations de Chasseurs pour acheter la fameuse Chloropicrine. Jusqu'à l'introduction de la vaccination contre la rage des renards qui a par la suite permis de lever le risque de rage en France, les chasseurs n'ont été que le bras armé d'une lutte du politique contre la zoonose, au titre de la protection des populations.

Alors de grâce, stop aux faux procès. Il n'en reste pas moins que l'echinococcose alvéolaire reste elle encore un problème de santé publique et le principe de précaution, avancé par Alsace Nature de nos grands-mères qui "consiste à ne pas manger ce que le renard aurait pu souiller", est un peu léger comme préconisation, quand on connaît la légèreté de la nature humaine, en promenade dans la nature.

Une autre affirmation donne aussi à réfléchir dans les propos tenus par l'expert environnemental. Non la ville n'est pas "devenue un milieu naturel" où il faut le laisser, sous prétexte d'une présence d'une friche industrielle qui tôt ou tard disparaîtra. Elle reste un milieu urbain en rien ressemblant au milieu ouvert habituellement fréquenté par le renard. L'intelligence voudrait que ces renards soient piégés et ramenés à leur vrai milieu. Il en est un tout désigné, celui tout proche du site classé réserve naturelle au Neuhof ou à Illkirch. Aucun risque que le "vilain" chasseur puisse leur faire du mal...

Reste un dernier argument allant encore contre les "affirmations" avancées par le Directeur et concernant la question du danger du renard pour les animaux domestiques en ville, plus particulièrement le chat. N'en déplaise, le renard a un goût immodéré pour les chats. Tous ceux qui pratiquent le déterrage trouvent régulièrement des restes de chats dans les terriers. D'ailleurs dans son numéro de septembre 2013, le chasseur français consacre un article entier à ce sujet, lié à la disparition de chats en milieu rural. C'est qu'il faut bien se nourrir, à proximité des fermes, ou des lotissements, soit de l'humain, en l'absence de plus en plus marquée dans nos campagnes, de souris, base essentielle de sa nourriture lorsque la nature, la vraie, est encore intacte...

Tag(s) : #Faune-Nature-Ecologie et Chasse

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