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Un bracelet sanglier ? La fin d'un tabou ?

Dans son numéro de décembre, la Chasse en Alsace publie le courrier d'un chasseur, relatif à une analyse chiffrée sur l'introduction d'un bracelet sanglier pour financer les contributions complémentaires.

Apparemment, il est désormais accepté d'oser parler de ce sujet qui jusqu'à présent était absolument tabou et avait le don de hérisser le FIDS, en tout cas celui du Bas-Rhin. Je ne peux que saluer l'initiative de Mr Jean-Luc Bossert qui tente, calculette à l'appui, de montrer aux chasseurs concernés par la surtaxe que cette "recette" peut avoir un sens ou du moins apporter une réponse aux crises financières des Fonds.

A plusieurs occasions, j'ai présenté la pertinence, notamment dans une approche plus juste du financement des dégâts, de la mise en place de ce que j'appelle une "bague intemporelle". (post du 1er juillet "l'heure des commentaires et des décisions"). Je reste convaincu que cette forme de responsabilisation des groupes de chasse, sur la base du principe du "pollueur-payeur" doit être tentée et non pas systématiquement occultée comme c'est le cas actuellement avec des faux arguments, comme celui du risque de plan de chasse.

Par contre, généraliser le bracelet à toute forme de chasse serait revenir vers l'injustice actuelle qui fait mutualiser les dégâts sur l'ensemble de la communauté. Si le bracelet provoque de facto l'arrêt de la double mutualisation du chasseur sans sangliers sur son territoire, il continuerait à frapper le chasseur qui fait, par tous les moyens disponibles, le nécessaire pour empêcher les dégâts dans ses cultures, notamment par le tir de nuit.

Or, cette action est déterminante sur la facture finale. On le voit encore cette année où l'absence de dissuasion, notamment sur les territoires de chasse mixte, soit avec forêt et culture, a une nouvelle fois plombé les comptes. Faire payer, sans distinction 50 à 100€ le bracelet reviendrait à faire payer aussi ceux qui devraient au contraire être rémunérés pour leur implication forte qui seule minore la facture de la collectivité et notamment de ceux qui misent sur les battues d'hiver.

La bague, "une simple agrafe numérotée" effectivement "utilisable d'une année sur l'autre, et d'un lot à l'autre" devrait exclure les territoires sans surfaces boisées ou suffisantes pour faire de l'agrainage. A défaut, ces territoires n'auraient aucun intérêt à passer des centaines d'heures dehors, au détriment de la santé et de la famille, autant laisser la forêt assumer leur charge. Chiffres à l'appui, on voit bien que peu de sangliers sont tirés en tir de nuit, y compris quand la sortie est facilitée par le recours à la source lumineuse pour les raisons évoquées. La recette escomptée de ce petit pourcentage de chasseurs ne serait rien à côté des dégâts qu'ils pourraient susciter.

Aujourd'hui, si on prend en compte, avec le recul des années et l'analyse "des pratiques", l'ensemble du dossier, on s'aperçoit que densité et dégâts pourraient rapidement être sous contrôle :

  1. si la responsabilité de la facture revenait à nouveau à la forêt, comme avant la modification de la loi par le FIDS en décembre 2008 et par le recours à la bague décrite et réservée aux battues. Je rappelle qu'aucun sanglier ne naît dans les prés ou les cultures, mais en forêt où il vit, se nourrit, se gère et se dissuade.
  2. si les non-gestionnaires sur l'année de leurs territoires sont mis face à leurs responsabilités par un protocole de mises sous battues administratives simple et précis (cf post du 11 décembre, "le casse-tête des battues administratives") :

- établissement par le Préfet d'une liste de chasses mi septembre, au regard de leurs dégâts en cas de chasses mixtes ou de ceux provoqués sur la base du 360° et du Plan local de Maîtrise du Sanglier

- obligation de reporting du résultat des battues, présence d'un agriculteur ou représentant de la commune, comptage des tirs et des sangliers vus

- enregistrement des "échos de la chasse" récupérés par les Lieutenants de Louveterie, les agents de l'ONF et de l'ONCFS

- jusqu'au 1 février libre gestion des battues par les groupes de chasse pour leur permettre de "faire le travail"

- selon les données enregistrées, mise ou non sous battues administratives des chasses à partir de la mi-février

- organisation des battues avec tir uniquement des classes jeunes et selon les densités encore rencontrées, mise sous responsabilité des dégâts de la saison à venir.

Chacun pourrait ainsi faire son choix : gérer ou assumer le risque, en liaison avec les agriculteurs locaux et la commune, à l'image d'un territoire privé qui dédierait ses terres à la chasse ou au rendement agricole.

Pour clore la réflexion, je rappelle encore trois chiffres : le FIDS 67, c'est plus de 860 membres, 5% provoquent 50% de la facture des dégâts, la forêt reçoit le double de droits de vote par rapport à la plaine...

Vous avez dit injustice ou démocratie, sans parler de la possibilité de venir en assemblée générale avec un nombre illimité de procurations ?

Comme le dit Mr Bossert dans son courrier, "en espérant avoir suscité votre curiosité"...

Interrogation sur le bracelet sanglier

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse, #Faune-Nature-Ecologie et Chasse

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