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Il n'y a pas de fumée sans feu

Je pensais que la confrontation sur la responsabilité des dégâts entre plainards et forestiers était rangée définitivement dans les placards avec la responsabilisation et non plus la mutualisation des contributions complémentaires en cas de déficit, voilà que la Fédération des Chasseurs du Bas-Rhin en remet une couche mal venue et rallume la flamme.

Dans son dernier Infos'chasse 67, (cf lien) un avertissement signé par le Président, sous couvert de rappel des formes d'agrainage autorisées en plaine, donne en effet le désagréable sentiment que la faute de l'augmentation des dégâts en cours est due aux chasseurs de plaine qui aurait la fâcheuse tendance à vouloir attirer les sangliers sur leurs territoires non boisés.

S'il existe certainement encore quelques territoires où des chasseurs peuvent être tentés de tirer des sangliers par la chasse appât à proximité ou dans des cultures, la majorité subie l'appétence des sangliers pour "du frais" et donc la venue dans la nuit dans les cultures. Alors si contre ces quelques "irréductibles" du contournement des lois, la volonté de faire quelque chose est réelle, un premier pas serait simplement de les mettre à l'index. Ils sont connus et si on avait été rigoureux, ils n'auraient déjà pas dû être validés aux dernières adjudications par les 4C et la question ne se poserait plus. Là depuis le printemps, les autorités ne cessent de lancer des avertissements et des rappels à la loi, mais personne ne veut se donner le temps d'aller sur le terrain. Du coup les messages restent de la gesticulade, sans effet.

Maintenant dire, même si c'est au conditionnel, que ce sont les chasseurs de plaine qui sont en cause, il faut "avoir de l'humour". On ne peut recourir dans un message à "du second degré", comme se défend de l'avoir fait le Président auprès d'un ancien Louvetier, Eric Jost. Le sujet est trop sensible et n'a pas manqué d’interpeller. La réaction, le 25 juillet, par courriel joint en annexe, par Eric Jost va tout à fait dans ce sens et a le mérite, en plus, d'exprimer courageusement par écrit ce que beaucoup pensent tout bas.

Sur un plan purement cynégétique, le recours à des "trucs" en tous genres pour attirer des sangliers en plaine n'a aucun sens du printemps à fin juillet, soit de la période des semis à la moisson des blés, à partir du moment où le tir de nuit est autorisé avec lampe. Durant cette période, les sorties de sangliers sont visibles, aucun couvert n'entravant le tir. La question se pose uniquement en cas de présence de grandes surfaces de cultures, quatre-cinq ou plus d'hectares de blés ou de colza où les sangliers finissent par s'installer, notamment les laies. Notre voisin de Soultz a été confronté à cette problématique avec deux immenses champs de colza et du blé autour. Vous avez beau sortir, il faut beaucoup de chance pour tomber dessus au bon moment. Certes, il a pu les voir et les compter... mais à aucun moment lâcher une balle. Si ces sangliers sont venus en plaine totalement déboisée ce n'est certainement pas parce qu'ils ont été attirés, il en faudrait des bidons d'attractifs ! C'est uniquement parce que l'implantation des cultures de l'année ont été favorables exceptionnellement aux sangliers, gîte avec les colzas et manger avec les semis de maïs, puis les blés. Pouvoir ne serait-ce mettre du gourdon, dans ces cas là pour pouvoir intervenir efficacement est la seule réponse possible. A défaut vous vous épuisez pour simplement constater.

Est autrement plus "criminel" et dévastateur de ne rien faire sur les prés et les semis des chasses mixtes que de vouloir faire porter le chapeau à quelques chasseurs confrontés à l'installation opportuniste de sangliers en plaine. Il est des secteurs où le sanglier devrait depuis longtemps ne plus être toléré, mais où on continue de faire des "porcheries". Mais voilà, on retrouve le débat mené lors des ré-adjudications de l'hiver dernier, un territoire de plaine sans sangliers ne vaut plus rien pour un Maire et les propriétaires terriens. On ne peut comme il est dit, avoir le beurre et l'argent du beurre. Mais ça c'est déjà du passé et plus personne ne veut plus entendre parler du choix de l'argent au détriment du gestionnaire de chasse axé uniquement sur le petit gibier.

On voit bien que rien n'est réglé et que les tenants du sanglier aimerait certainement que la quote-part de la plaine soit remontée, vraisemblablement à part égale pour le paiement des contributions complémentaires. L'enjeu est là, permettre au FIDS 67 de justifier en assemblée générale le relèvement de la part de la plaine. Si tel est le plan qui se cache derrière la tête des "gesticulades" sans suites, lancées depuis le début de la campagne, le torchon va brûler à nouveau.

Les sangliers, naissent, grandissent et se gèrent en forêt tout au long de l'année et pas seulement durant les battues. La plaine restera toujours visitée par les sangliers et la dissuasion avec lampe restera la seule arme à privilégier pour l'instant. Que cas par cas, soit autorisée la chasse appât dans un prochain Schéma Cynégétique paraît une évolution saine, encore faut-il être capable d'en être digne... Mais l'arsenal doit s'arrêter à la dissuasion et non aller vers des combats d'arrière-garde pour déterminer qui est plus responsable que l'autre. Ceux qui ont pris en pleine conscience des chasses de sangliers connaissaient les enjeux et le coût selon le secteur d'appartenance FIDS 67. Si des plainards s'aventurent à la bidouille, sans arguments valables (cf courriel) il faut les clouer au piloris, en attendant une possible évolution de la réglementation. Le reste est sans importance.

Réaction d'Eric Jost

Tag(s) : #Vie des instances de la chasse
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