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Je fais encore partie d'une génération qui place la période du rut du chevreuil au cœur de la chasse d'affût du brocard. Tous les ingrédients sont alors réunis pour vivre de beaux moments de chasse, pour peu qu'on fasse preuve d'un peu de patience pour ne lancer les sorties, de préférences matinales, qu'à partir de la meilleure période pour trouver un brocard digne de ce nom qui se situe de fin juillet à début août.
Mais voilà, plus rien n'est comme avant en milieux rurbanisés, chevrettes et brocards ne montrent plus leurs serviettes ou têtes, si ce n'est en dehors de la fourchette de tir légal qui va actuellement de 5h20 à 21h40. Si la chance est avec vous qu'aucun promeneur matinal, joggeur ou vététiste ne soit déjà en action en même temps que vous, vous avez à peu de chose près une bonne demie heure le matin et un quart d'heure le soir pour trouver le brocard recherché, ce qui n'est pas une mince affaire en plaine dominée par le maïs entrecoupé de quelques chaumes brûlés par le soleil ou couverts de fumiers. Il est loin le temps ou lièvres, compagnies de perdreaux et jeunes faisans y trouvaient leur nourriture matinale, il n'y a plus de place dans l'agriculture moderne à la "part des anges" laissée dans le temps par les moissonneuses sur les champs. C'est la même misère et désolation pour les renards qui ne trouvent plus de souris sur les chaumes, alors pourquoi iraient-ils se piquer les coussinets, en quête de rien. Par contre du néo-rural vous avez de fortes de chance d'en voir. Même pas besoin d'un buttolo pour les faire sortir ! Certains peuvent être charmants, ils deviennent rares aussi, d'autres plus soumis aux influences et discours antichasse beaucoup moins.
Au final, vous faites quoi ? Vous vous levez très tôt pour arriver sur zone encore de nuit, vous voyez bien des animaux, attendez le lever du jour pour l'identification ou tenter un coup d'appeau, vous échafaudez un plan d'approche ou envisagez un déplacement, mais rien ne se passe comme prévu le moment venu, car subitement c'est la fuite avec l'arrivée d'un vélo ou d'un chien en avant-garde d'un promeneur. Evidemment ce type de contre temps est devenu monnaie courante et dans une certaine mesure nous avons fini par nous "calmer" selon le principe du "s'isch e so", c'est comme ça. Mais les animaux en stress continu, de moins en moins, voire plus du tout. C'est un constat, le soir il devient inutile de sortir en milieu de plaine dominée par le péri-urbain, le gibier ne se montre qu'après l'heure légale. Le matin, avec un peu de chance vous avez un créneau de trois quart d'heure, le néo-urbain n'étant pas forcément un lève tôt, sauf s'il est sportif !
Conclusion, autant rester à la maison que de finir par une montée d'adrénaline, pas celle causée par le brocard de votre vie !
L'inchassabilité des territoires, j'en parle depuis des années, je suis même allé jusqu'à demander un plan de chasse de zéro chevreuils, mais des maires aux "politiques", on préfère mettre "La question" à laquelle ils n'échapperont pas, sous le tapis. Avec l'hyper développement urbanistique de nos villages, beaucoup de lots de chasse sont devenues des zones péri-urbaines, comme Strasbourg, avec une population exigeant une nature en libre accès et dans laquelle, de plus en plus, elle ne veut voir le chasseur y participer . Qu'a fait Strasbourg ? Elle a interdit la chasse sur son ban communal et introduit la notion de régulation des sangliers par la Louveterie pour cause de financement des dégâts.
Elus, instances en tous genres, monde agricole, tôt ou tard, il faudra aller dans le frontal, le rappel à la loi, voire dans l'interdit. En forêt de plus en plus des mesures sont prises, y compris par l'ONF pour interdire des accès à fin de quiétude. En plaine, bons nombres de chemins sont ruraux et non communaux et appartiennent aux associations foncières et sont donc des chemins privés, accessibles aux seuls ayants droit. Le temps où l'on pouvait croire à la force de la communication, au dialogue ou à l'éducation est révolu. Le chasseur, la chasse n'ont plus la main et sont mis devant le fait accompli croissant de l'antichasse. Et que fait-on, ce qui m'a poussé en 2013 à créer ce blog :
" A force de tout voir, on finit par tout supporter. A force de tout supporter, on finit par tout tolérer. A force de tout tolérer, on finit par tout accepter. A force de tout accepter, on finit par tout approuver " Saint Augustin
https://www.veillecynegetique67.com/2023/05/2005-2014-le-bail-du-declinisme-de-la-chasse.html
https://www.veillecynegetique67.com/2022/05/sortir-en-chasse-individuelle-a-t-il-encore-un-sens.html
« Mesdames, messieurs, sachez que quand vous vous promenez sur les chemins de l’Association Foncière vous êtes sur une propriété privée. Ce n’est pas du domaine publique et les agriculteurs sont chez eux » Lettre du Maire de Vendenheim à ses concitoyens
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