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Dans le débat sur la prolifération incontrôlée ou incontrôlable des sangliers, sur les dégâts commis et la colère agricole, sur les sommes à sortir pour les indemnisations sont régulièrement mis en avant, comme argument défensif, le nombre de prélèvements réalisés. Evidemment les chiffres peuvent paraître impressionnants, mais ils sont proportionnels aux densités. Autrement impressionnant est le chiffre "virtuel", si on estime que pour un sanglier tiré en battue, 4 se sont présentés. Alors quand le Gard par exemple annonce 31.776 suidés au tableau, on arrive au chiffre de, allez 100.000 à 120.000 animaux encore en vie. Sur un plan comptable on n'y est pas forcément. Ajoutez les naissances en cours et à venir et on est dans la tornade infernale. 

Deuxièmement, à quelle période ces sangliers sont-ils tirés ? Majoritairement après les dégâts commis, après les semis, après les récoltes, donc lorsque le mal est fait. On est comme pour un tas d'autres sujets, comme par exemple les catastrophes naturelles, dans le constat. Plus compliqué est de prendre les mesures avant. Lors des phénomènes de pluie et d'inondations, à l'heure du bilan humain et des dégâts, experts, techniciens, politiques, médias, la rue, tous sont très forts pour expliquer les raisons. Ah le "il aurait fallu", ou le "ce n'est pas moi, maisehhh..." ou "cela fait des années que...". Résultat, les bilans se suivent et se ressemblent, pire on continue sur la lancée des erreurs, comme l'artificialisation des terres, selon la grande loi économique "quand le bâtiment va, tout va" 😏

Pour le sanglier, c'est pareil. Les animalistes font leurs choux gras et pleurent pour agiter les "idiots utiles" devant les chiffres avancés par les chasseurs, les chasseurs haussent les épaules prétextant qu'ils font ce qu'ils peuvent, les Lieutenants de louveterie avancent leurs nombres de sorties nocturnes et les battues administratives effectuées, les Fédérations comptent les sous, le tir de nuit en Alsace/Moselle divise l'opinion, les chasseurs, les Fédérations parce que dans la France des fromages si chère à De Gaulle, nous ne sommes pas fichus d'être unitaire et de réfléchir par le bon sens. Je le dis et le répète, le tir de nuit n'est pas un cadeau, n'est pas un jouet, n'est pas un marché et s'il n'est pas généralisé, s'il est mis en interrogation par les conservateurs, présenté comme un potentiel outil de braconnage, posez la bonne question, celle qui fâche ? Le chasseur est-il mature, responsable, capable de se réfréner, de suivre une déontologie ?

Petit rappel de la définition de la déontologie professionnelle, c'est l'ensemble des règles et principes éthiques qui guident et encadrent l'activité d'une profession, déterminant les devoirs minimums des professionnels". Et là, le compte n'y est pas. Alors, mes "amis' vont encore me dire, "les Alsaciens" avec leur culture germanique de la chasse et donneurs de leçons, pourquoi pas. Comme Marc Keller et le Racing Strasbourg face aux supporters remontés contre la multi-propriété du club, je suis ouvert ! Je vais même ressortir plus que jamais ma charte déontologique imaginé sous forme "d'Appel des animaux aux chasseurs", car la survie de la chasse passe par notre capacité à gérer en responsables et éthiquement la faune, notamment les grands ongulés,

Dernier point, moi je veux bien que le modèle que nos aïeux nous ont appris soit dépassé à l'heure des GoPro, Clip on, des influences et autres politiques de marketing, il n'en reste pas moins que l'Allemagne est en passe de relever non seulement le défi du déclin du nombre de ses chasseurs, mais aussi d'amener à travers sa formation reconnue comme la meilleure au permis, de nouvelles générations biberonnées à l'éthique, au respect des animaux, capables de défendre la chasse par leur exemplarité. Ils sont formés pour devenir experts en chasse. En France, nous avons beaucoup plus de chasseurs, mais peut-être pas suffisamment de "connaisseurs du métier", du moins en ce qui concerne notre misère actuelle, la gestion du sanglier.  

C'est ce qu'on appelle mettre les pieds dans le plat !

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts
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