
La chasse de la "France de l'intérieur" a vraiment un gros problème d'approche de la problématique des dégâts de sangliers et de leur financement. Les articles sur le sujet se suivent, s'accumulent, notamment en cette période d'assemblées générales des fédérations départementales des chasseurs. Je ne sais si c'est dans le cadre d'une action de lobbying destinée à faire réformer la loi du 27 décembre 1968, se disculper ou si c'est pour faire pleurer les chaumières sur le sort des chasseurs tenus de payer les dégâts, peu importe. Je dis et redis, la chasse fait fausse route pour ne pas dire qu'elle est mauvaise dans son plaidoyer "pro domo". Systématiquement sont avancés les tableaux de chasse de la saison pour démontrer que le chasseur est actif, avec partout des prélèvements en hausse continue. En clair, le chasseur n'y peut rien, si les agriculteurs implantent des cultures dans des zones à sanglier, si le climat se réchauffe et favorise les naissances, si en résumé le sanglier est devenu un "modèle d'adaptation".
Le problème tient au fait que la chasse reste scotchée dans son modèle conventionnel de chasse, soit la battue. En ce sens on peut dire que pour le sanglier elle n'est pas "un modèle d'adaptation" ! Tant que le monde de la chasse ne se met pas en capacité d'aller dans "l’asymétrique", en référence aux changements de conduites de guerre actuelles en Ukraine et en Iran, les factures resteront salées pour de nombreuses fédérations. Le Bas-Rhin tient un modèle d'action éprouvé sur de nombreuses années. La chasse du sanglier est une chose, la chasse à la limitation des dégâts, une autre. Autrement dit, les dégâts se limitent en amont, soit avant leur apparition, au rythme des saisons, les semis au printemps, la montée en laitance en juin juillet pour les blés, en août-septembre pour les maïs et à l'automne pour les prés. Autrement dit, il faut être présent, selon les territoires quasi toute l'année. Et c'est là que le bas blesse. Qui est prêt à jouer les gardes-champêtres pour dissuader, avec quelles troupes présentes, avec quels moyens-équipements ?
Il suffit d'un sanglier, de quelques bêtes noires survivantes des battues sur quelques nuits pour ruiner un champs, une pâture, une récolte. Ce n'est pas une question de quantités, en ce sens les tableaux des prélèvements ne veulent rien dire, c'est une question de présence en périodes sensibles et avant l'apparition des dégâts. En clair, il faut sortir de nombreuses fois à blanc et pas juste pour tirer. C'est l'occasion de faire de l'observation de son territoire, du comptage, de la surveillance territoriale, de la dissuasion d'actes de braconnage. Certes au printemps, à l'été quand il fait beau, l'incitation à la sortie appelle, lorsqu'il fait froid, venteux, pluvieux, les "braves" se comptent sur les doigts d'une main. Par contre le sanglier ne connaît pas la météo, il a juste faim.
Alors, il faut revoir, selon les Schémas Cynégétiques des uns et des autres, l'agrainage et promouvoir le dissuasif en forêt en période sensibles aux dégâts, investir encore d'avantage dans les clôtures électriques et surtout leur contrôle de fonctionnement, aller sur le tir de nuit et les équipements d'affût, d'observation et de tir.
Enfin, l'être humain ayant besoin de carottes et de bâtons, il faudra bien passer par la responsabilisation des chasseurs en zones sangliers, chez nous, cela s'appelle la sectorisation des dégâts pour stopper "la négligence, la défaillance, la désinvolture". Et là on ouvre une complication de plus.
https://www.veillecynegetique67.com/2020/08/l-equipement-du-tireur-de-nuit-de-sangliers-suite.html
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