Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La lecture du droit a mis les deux chasseurs de l'affaire du cerf de Luc Besson au tapis. Dans les circonstances du drame qui a vu les nemrods achever à la dague le coiffé, devant les yeux de la mère du réalisateur du Grand Bleu, la blessure préalable du cerf, non causée par la chasse, n'a pas été retenue, contrairement à la violation du domicile, en l'occurrence de la propriété privée. 

Au cœur du débat, l'état de santé du cerf au moment du drame a été déterminant. Dans son rapport l'OFB a estimé qu'il n'était pas mortellement blessé. Cependant, aurait-il survécu, à ce qui ressemblait à une collision, agonisé plusieurs jours par la suite pour finalement mourir, aurait-ii pu être guéri, nul ne le saura. Si effectivement, il était amaigri, contraint dans ses déplacements, malgré sa vaillance face aux chiens, toute naturelle, on peut préjuger qu'il allait vers la fin, comme souvent en cas d'accident de la route, lorsqu'un animal ne reste sur place. Peu importe, l'action ne se situant sur le territoire de chasse, mais sur la terrasse d'une propriété privée, la poursuite, la recherche aurait dû s'arrêter avant le franchissement de la limite. 

C'est la grande leçon à retenir, selon les circonstances, une petite lumière doit s'allumer en nous et éteindre notre code éthique, rappelé dans son code d'honneur par l'UNUCR, "rechercher le plus efficacement possible l'animal blessé et, s'il vit encore, de l'achever pour éviter toute souffrance supplémentaire"

C'est la grande incompréhension de deux mondes divisés aujourd'hui, celui de la chasse et celui des antichas autour pourtant d'un thème commun, la souffrance animale, la mort. 

Ce n'est pas une question d'un manque d'exemplarité, mais d'un engrenage d'une situation mal appréciée sur le moment, partagée entre le souci de mettre fin à une souffrance, mais face à un tiers avec des droits. Le plus navrant, c'est que la blessure n'était du fait des chasseurs, c'est la règle des 5 C, C'est Con mais C'est Comme Ca, on ne peut revenir dessus, refaire le scenario du film. On peut toutefois regretter que pour servir le cerf, il aura fallu onze coups de dagues, ce qui ne prêche pas forcément en faveur du professionnalisme des deux protagonistes. L'abandon des lieux sans mot dire, laissant la mère de Luc Besson avec le cerf mort, n'aura pas non plus été une bonne réponse à la scène et a vraisemblablement joué au procès en défaveur des inculpés. Maintenant, après, on sait toujours mieux ce qu'il aurait fallu faire, ce qui n'est pas une excuse pour autant. 

Enfin, faut-il en rajouter comme le fait Luc Besson dans son commentaire dans les studios de BFM, il instrumentalise, le contraire eut été étonnant :"très content de la décision, qualifiant les chasseurs de barbares et d'assassins et espérant que le jugement serve d'exemple". 

Au final, sans doute le dossier contient-il des circonstances atténuantes, mais qui n'ont pas pesé lourd compte tenu de l'infraction, l'âge de la mère de Luc Besson, le choc de la vidéo, l'émotion provoquée par la mise à mort. Tout cela n'arrange pas l'image déjà suffisamment épinglée et noircie de la chasse. La FNC, les FDC pourront toujours communiquer sur toutes les actions positives en faveur de la biodiversité, les aménagements des milieux naturels, les actions de charité, un seul écart suffit pour ruiner tous les efforts. Encore les 5 C.

 
 
Tag(s) : #Abolir la chasse, une lutte finale ?
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :