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Le partage de la nature, un brûlot pour les Maires, un argumentaire à revoir côté chasseur

A la veille du brame, avec un cerf de moins en moins sonore et de plus en plus discret du fait de la nature partagée notamment, une réflexion autour de ce brûlot :

Qu'ils soient non chasseurs ou chasseurs, tous ceux qui d'une manière ou d'une autre pratiquent un loisir, avec comme terrain d'évolution la nature, souhaitent de plus en plus la sanctuarisation des espaces naturels, à leurs fins.

L'usager non chasseur, de plus en plus coupé du monde de la campagne, supporte de moins en moins la contrariété, une fois en forêt ou dans les champs et le cynégète devient dès lors sa cible favorite.Quant au chasseur, ce dernier estime que son accusateur cause bien plus de dérangements à la faune sauvage que lui.

L'exemple qui illustre le mieux la montée progressive des tensions ces dernières années est le brame du cerf. En cette période, beaucoup d'utilisateurs fréquentent la forêt pour des raisons diverses. Aux habituels promeneurs, vététistes, coureurs, cavaliers s'ajoutent alors des photographes, des cueilleurs de champignons ou ramasseurs de châtaignes, des curieux attirés par le battage médiatique, des tours opérators. Il est dit que dans une forêt péri-urbaine comme celle de Fontainebleau et ses 20.000 ha, plus de 20.000 personnes fréquentent les week-end les coins et recoins, avec des degrés de culture campagnarde et de connaissance des besoins de la nature, très variables et différents.

Partager la nature dans ces conditions posent forcément problème et ne peut se faire ou concevoir qu'à travers des règles strictes. Mais qui dit règles, dit forcément "frustration" et non-respect, ce qui pose dans la foulée le problème de leurs respects. Cela viendra peut être un jour, mais une municipalité n'a rarement les moyens pour embaucher une brigade verte ou des rangers chargés du respect des interdits. Le chasseur restera donc forcément encore longtemps en première ligne.

S'il n'était le seul à payer pour fréquenter un milieu naturel, beaucoup verraient la cohabitation ou le partage des espaces autrement. Mais ce n'est pas demain la veille que le politique ira irriter le vivier de ses électeurs, sur la thématique de l'accès payant.

Si rien ne bouge et qu'on attend que le vase déborde, deux approches ou camps risquent de se radicaliser, comme dans l'éducation nationale, le public et le privé. Le privé balisera son territoire à coups de panneaux ou de clôtures, et le public sanctuarisera le maximum d'espaces, à un titre ou un autre, avec les mêmes interdits que ceux attendus aujourd'hui par le chasseur en milieux ouverts à tous. Au final, la frustration risque de rester.

Reste le revers de la médaille de toute sanctuarisation et que le grand public oublie le plus souvent : tout massif peuplé de grands ou petits animaux, chassables ou non, nuisibles ou pas, se gère. Le chasseur est bien placé pour le savoir avec les conséquences qui vont avec, dès que l'équilibre agro-sylvo-cynégétique est rompu. Je ne reviendrai pas, rassurez-vous, sur cette problématique du rôle du chasseur, déjà suffisamment abordée dans d'autres post.

Par contre, dans notre contexte local actuel gangrené par les dégâts de sangliers, liés à leur... non gestion, nous nous tirons une belle balle dans les pieds. Pour justifier nos "exigences" en terme de quiétude, vis-à-vis du grand public, nous ne cessons d'avancer comme argument notre rôle, voire même fonction, de gestionnaire.

C'est actuellement un peu raté, une frange de plus en plus médiatisée ne nous sent plus, à raison, dans ce rôle de gestionnaire et nous a percé. Rien que pour cette raison, nous avons tout intérêt à revenir vers une chasse normale de sus scrofa, en agissant contre le quart de groupes de chasse qui nous a mené dans le discrédit et le mur.

Ne soyons pas naïfs en croyant, entre autres, que par un cahier des charges resserrant les boulons autour des chasses d'argent domiciliées au-delà du Rhin et de la ligne bleue des Vosges, que nous aurons une chasse de proximité et réactive aux situations. Le système des "hommes de paille" restera tant que la chasse d'abondance du grand gibier sera prioritaire, avec ce que cela inclus en terme de budget, donc de partenaires plus ou moins légaux.

Si demain, le grand gibier devait se raréfier, et ce sera le cas, les chasses d'argent avec une gestion par l'abondance artificialisée partiront vers d'autres cieux. Avec des prix raisonnables, en lien avec la valeur cynégétique réelle des lots, la chasse locale pourra reprendre le relais. A défaut, le monde agricole et forestier aura des soucis à se faire, car il ne faut pas oublier qu'une chasse ce n'est pas un nombre de chasseurs nécessaires pour rassembler un budget , mais un territoire qui peut supporter une certaine pression prédéfinie de prélèvements d'où seulement découle le nombre de partenaires. Il existe dans notre département un grand nombre de territoires, si on veut rester dans l'image défendable du chasseur gestionnaire, qui ne supportent pas plus de 1-2 à 3 chasseurs. A partir du moment où pour cause de budget élevé de location vous épuisez le quota de partenaires autorisés, voire plus, vous poussez forcément à une gestion autour de l'abondance...Reste à voir comment passez le message aux bailleurs ou ceux qui perçoivent les revenus de la chasse, pour les convaincre de confier leurs territoires plutôt à des petits groupes locaux ou budgets qu'à des grands, avec la perte de recettes liée...

Tag(s) : #Faune-Nature-Ecologie et Chasse, #Gestion du sanglier et des dégâts, #Billet d'humeur

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