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Comme les DNA publient ce jour un article  sur l'ouverture de la chasse, en lien avec l'appel à l'opposition frontale avec les chasseurs, lancé en août dernier par Sandrine Rousseau, ci-après en avant première, mon edito qui sera publié en octobre prochain dans notre revue fédérale départementale Infos'chasse 67, rubrique dans l’œil du viseur. Il sera vraisemblablement intitulé : "Lutte finale, Sandrine Rousseau, principes activistes de Paul Watson, inchassabilité de nos territoires péri-villageois, perdurer ou mourir, les planètes s'alignent" . Je remercie particulièrement Richard sur Terre de m'avoir autorisé à reprendre son image caricaturale générée par I.A. pour illustrer  son article, Verfeil : la révolution anti-chasse de canap.

     "Tous les partis politiques rassemblent, chaque fin d'été, depuis des décennies, adhérents et sympathisants pour ce qu’ils appellent des universités d’été, l’occasion d’occuper le terrain médiatique et les têtes, en l’absence d’un calendrier politique, vacances obligent. En principe, la chasse n’est pas un sujet lors de ces colloques, mais cette année, sécheresse et incendies forestiers en particulier dans le Var, les Landes et en forêt de Fontainebleau ont offert sur un plateau aux partis opposés à la chasse l’occasion de monter au front pour exiger l’arrêt de la pratique, a minima la suspendre.

Evidemment le gouvernement n’a pas cédé aux plaintes relayées par le front des associations antichas toujours prêtes, comme les scouts, à mener bataille contre la chasse, « cet archaïsme qui ne devrait plus exister », selon Aymeric Caron. Résultat, le monde des bambistes perd la bataille juridique perdue d’avance en toute connaissance, mais gagne celle des opinions sensibles, l’objectif réel.

Le mouvement écologiste, avec Marine Tondelier, le sait bien, sa présidente a du métier, que les futures présidentielles et les législatives qui suivront sont La chance à court terme pour avoir la peau des chasseurs. Il faut donc battre le pavé, à la moindre occasion, pour gagner de l’électeur, quitte à jouer avec le cadre légal de la loi. Donc rien de surprenant qu’en août dernier, lors du rassemblement du REV, le parti écologiste et antispéciste, fondé par Aymeric Caron, sa consœur, Sandrine Rousseau en ait rajouté une couche en appelant à l’insurrection pour ainsi radicaliser le mouvement d’opposition.

« C’est parce que nous serons là, debout, face à eux, physiquement qu’enfin, ils prendront conscience (lire les chasseurs) de la réalité de ce que nous sommes et que nous aussi, nous prendront conscience de l’importance de notre mouvement. »

Inviter le monde des militants à se rendre dans « les campagnes, les forêts, les lisières, les chemins » pour s’opposer physiquement aux chasseurs, en se mettant face à eux est tout simplement irresponsable de la part d’une élue de la République et pour un parti qui, comme l’a ardemment revendiqué Marine Tondelier, lors du débat devant le MEDEF le 27 août, « est le parti de la liberté ». Allons donc, mais « affirmer ne veut pas dire que c’est vrai », comme le dit un dicton populaire.

Nous sommes déjà systématiquement victimes de confrontations verbales permanentes, avec risques de dérapage lors de nos sorties, pour ne pas en rajouter et mettre de l’huile sur le feu. Jusqu’à présent, l’intelligence, le contrôle de nos émotions et le bon sens en matière de communication, font que, physiquement, nous essayons toujours de garder une certaine distance de précaution pour éviter le risque d’en arriver aux mains. En alsacien on dirait « s’isch an de Grawe gehn ». Pousser les militants « à se placer physiquement devant nous » pour nous empêcher d’avancer n’est ni plus ni moins une incitation à provoquer un acte de violence induit. A minima c’est la voie ouverte à l’agression physique par escalade des mots et des gestes. Avec cet appel à l’opposition frontale, à la provoc, les yeux dans les yeux, le geste fatal finira bien par arriver quelque part dans l’hexagone et ce sera le loto gagnant attendu par les bambistes, la une assurée dans tous les médias. C’est ce que fait Pierre Rigaux et ses sbires en baie de Somme, c’est ce que prêche Paul Watson dans son manuel de l’eco-guerrier « Earthforce, an earth warrior’s guide, publié en 1993. Sandrine Rousseau ne fait que reproduire, ni plus ni moins, la philosophie activiste du « défenseur des baleines », « j’ai vite compris que manifester pacifiquement ne servirait jamais à rien ».

Il s’avère que sur notre chasse, j’ai provoqué en mairie, avant le mot d’ordre de Madame Rousseau, une réunion avec l’adjoint en charge de la chasse et le policier municipal pour trouver des réponses à ce que j’appelle « l’inchassabilité progressive de nos territoires » pour fait de perturbations, causées par les « écarts », en progression constante, d’une frange de la population rurbaine qui considère que la « nature appartient à tous »…

Se promener à toute heure du jour et de la nuit, avec ou sans chien, faire son jogging à l’aube ou à la frontale, parcourir chemins et sentiers en VTT, si ce n’est en quad, a fini par totalement modifier le mode de vie des mammifères sauvages, en particulier du renard et du chevreuil qui dorénavant en plaines ouvertes ne se montrent plus qu’en dehors des heures légales. La pression humaine constante sur le vivant des champs et des prés a fini par rompre la quiétude nécessaire au monde animal pour sortir sans crainte de dérangement. Pour le chasseur de plaine, avec des chemins ruraux partout, propices à la pratique de loisirs, l’incidence est grave, en particulier pour réaliser le plan de chasse chevreuil et réguler les prédateurs du petit gibier. Au simple regard des contraintes sécuritaires, interdiction de tirer vers routes, habitations, équipements etc...il est déjà compliqué de lâcher un tir, alors lorsque vous avez en sus deux pistes cyclables et des chemins fréquentées de partout, vous faites quoi si durant le rut, seul moment où vous pouvez agir par l’appeau, vous avez la chance d’une rencontre ? Rien, vous rentrez, avec les boules, en ayant eu soin d’éviter le perturbateur qui vous a gâché la matinée.

L’Alsace est une terre atomisée de villages proches les uns des autres. Tous se sont développés avec des lotissements partout à l’extérieur du vieux village, avec des zones d’activités, des équipements de loisirs, une augmentation des populations jeunes. De nombreux endroits sont devenus tout simplement des zones péri-urbaines, à l’image de Strasbourg. Qu’a fait comme choix notre capitale de l’Europe en matière de civilisation des loisirs en forêt ? Pour éviter le conflit, elle a fait le choix de l’utopie genevoise, mise en réserves naturelles de ses espaces péri-urbains, out le chasseur, seule une régulation des sangliers par la louveterie est tolérée, pour cause de factures des dégâts uniquement.

A l'instar de Strasbourg, bons nombres de communes rurales vont aussi devoir sérieusement réfléchir sur ce qu’elles veulent en matière d'hyper fréquentation et d’utilisation des espaces ouverts par leurs concitoyens. En politique, on l’a vu, le « en même temps » est une fausse bonne idée. Sur le plan de la chasse, nous y sommes pourtant, les communes ont l’obligation de louer de par notre loi locale, mais d’un autre côté, quel maire est prêt à « ennuyer » ses concitoyens pour permettre à une faune sauvage de trouver la quiétude dont elle a besoin, tout comme le chasseur pour exercer son métier. Il sera directement taxé de pro-chasseur, voire d’assassin du vivant, comme cela a été le cas pour le maire de Verfeil fin août dans le cadre d’une battue administrative au renard.

Et nous voilà à nouveau revenu à la case départ de la chronique, la boucle est bouclée, retour chez Sandrine Rousseau, chez Aymeric Caron, chez Pierre Rigaux, chez Paul Watson, chez le nombre croissant de militants, d’activistes de mouvements opposés à la chasse qui tous veulent imposer une société sans mort d’animaux. Comme leurs actions essaiment de mieux en mieux, trouvent plus en plus d’échos favorables, ils se sentent portés par les vents « du maintenant ou jamais ». Alors pourquoi ne pas aller plus loin et harceler le nemrod « sur ordre  écologique » à chaque occasion présentée. Certes madame Rousseau n’est pas sans connaître le coût du délit d’entrave à la chasse, 1500 euros, mais ce ne sera pas elle qui paiera, si d’aventure le chasseur devait lancer contre « un(e) idiot(e) utile » séduit(e) par l’appel irresponsable de « l’écolo de l’Assemblée », une procédure longue et périlleuse, ne serait-ce pour ses équipements de chasse.

Ce dossier sur la « chassabilité  des territoires devenus péri-villageois » ne peut plus être mis sous le tapis par les instances de la chasse et les élus municipaux-départementaux-régionaux-nationaux. Il est la conséquence du mythe de la gratuité du libre accès à la nature qui n’est qu’une tolérance accordée et non un droit. Mais aujourd’hui il est devenu une revendication répandue qui permet de s’opposer frontalement aux chasseurs, dans le but final de les dégager des campagnes et des forêts.

Je l’ai souligné à maintes reprises, nous sommes devant un mur bâti avec des tas de briques différentes issues de la loi locale, de la réglementation sécuritaire de l’exercice de la chasse, de l’évolution des mentalités, du « en même temps », de la couardise alors que le droit est du côté des chasseurs en matière d’utilisation des chemins ruraux appartenant aux associations foncières. L’agriculteur se cache et laisse faire les incivilités qu’il rapporte cependant au locataire des lots , le chasseur fait un grand détour pour éviter la confrontation verbale avec le promeneur, les communes comprennent, mais peinent à prendre des mesures. Alors soit ce mur nous parvenons à lui enlever quelques briques pour continuer à pouvoir chasser sereinement et avoir une faune chassable gérable, soit nous nous fracassons, au pire nous finirons en auxiliaires, comme dans le canton de Genève, chargés de mission avec l’exercice d’une chasse de régulation de nuit pour donner l’illusion aux populations locales d’avoir obtenu la fin de la chasse.

Nous sommes les méchants, ceux qui tuent, face à ceux qui sauvent, préservent, cette équation de l’affect est difficilement combattable, impossible à résoudre. Que nous soyons des hommes de terrain et non des intellectuels de bureau ou des spécialistes de l’agitprop, que nous agissions au quotidien sur ce qui est notre fond de commerce, la nature, pour préserver les espaces de vie de la faune, que la souffrance animale ne nous fasse pas plaisir, sauf à quelques brebis galeuses comme il en existe partout dans les faits divers de notre société, que la sécurité des tirs soient notre premier credo, autant d’arguments devenus irrecevables car sauver le vivant, sauver la planète est le martelage des masses qui permet aux ambitieux en politique de rêver de pouvoir. Mettre fin à l’élevage et aux abattoirs, fin à la chasse pour sauver le vivant et la planète, dénoncer la cruauté animale, surjouer sur le changement climatique qui est réel mais va finir par empêcher la jeunesse de dormir et s’épanouir est un programme électoralement facile à mettre en place. Il joue sur le registre de la peur et de l’émotion, écarte le rationnel, ouvre la voie à la manipulation des têtes, à l’influence. Il est facile à mettre en œuvre sur les réseaux sociaux par « le poids des mots, le choc des photos ».

Il en est autrement de bâtir un programme politique crédible sur les sujets économiques pour sortir le pays du trou abyssal de la dette, améliorer hautement le PIB, faire vivre le pays dans la paix, la concorde et non dans la diabolisation-stigmatisation de classes. Maintenant, porter un tel projet n’a pas de quoi emballer et emporter les foules d’électeurs à un moment où le pays perd l’esprit de compréhension, le respect mutuel et le sens du dialogue constructif, alors que violence verbale et confrontation ne sont jamais les solutions.

Alors Madame Rousseau, de grâce, le pays souffre de suffisamment de tensions sociales et a connu assez d’incendies l’été dernier pour que vous n’en allumiez pas un autre pour faire des voix en mai 2027. Maintenant, en ce qui nous concerne, nous, les électeurs-chasseurs barbares et sanguinaires, « pour lesquels vous n’avez plus rien à péter », comme vous dites si élégamment, une seule alternative s’impose, tout programme et candidat qui refusera la continuité historique, conservatrice, patrimoniale de la chasse, même s’il peut plaire par ailleurs, devra raisonnablement être rejeté". 

« Sans conservation de ce qui fonde notre commun, il est impossible de construire l’avenir », Aziliz Le Corre, l’enfant est l’avenir de l’homme (Albin Michel, 2024)

Tag(s) : #Articles pour Infos'Chasse 67
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