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Cela fait maintenant des années que j'observe sur notre territoire les sorties nocturnes et comportements des sangliers aussi bien dans les champs cultivés que sur les prés. Cela fait des années que j'enregistre aussi les déclarations des uns et des autres sur les causes des dégâts. Côté agricole c'est la faute à l'agrainage qui engendre la prolifération et aux chasseurs qui réservent les sangliers pour les battues, côté chasseurs c'est le climat, les glandées et maintenant les hannetons, cf fichier joint.

Cela fait tout autant des années que les points noirs sont connus des instances, du Préfet et des Syndicats agricoles. Cela fait enfin des années que les mêmes territoires cumulent une grande partie des dégâts, malgré les moyens donnés aux chasseurs concernés de tenir les dégâts dans une fourchette acceptable par tous par le tir de nuit, notamment avec source lumineuse. 

Alors, il est peut-être plus que temps d'appeler un chat un chat et d'arrêter de tourner autour du pot, au risque de voir des nez de Pinocchio avec des gilets oranges partout en forêt.

Loin de moi de réfuter l'argument des vers blancs qui en certains endroits ont pu proliférer dans les prairies, oui les sangliers les adorent tout autant que les vers de terre. Mais dites-moi, une fois la collecte faite en septembre pourquoi reviennent-ils sur les prés y compris encore maintenant ? Les mêmes trous sont retournés en long en large et en travers pendant des semaines, car il y aura toujours quelque chose à trouver, car les nuits restent très longues une fois les grains de l'agrainage ramassés, car ce sont le plus souvent "les exclus" jeunes de 30-40 kgs ou les ragots-keiler qui squattent les prés, notamment au printemps, car tant que n'a pas résonné le coup de carabine, ca sera le pays de Cocagne.  

Autre question, combien d'entre nous pratiquent vraiment le tir de nuit avec pour être efficace l'équipement qui va avec, cf mon article d'avril dernier ? http://www.veillecynegetique67.com/2019/04/conseils-et-cout-autour-du-tir-de-nuit-du-sanglier.html Discutez avec ceux qui chassent vraiment de nuit, combien de tirs entendent-ils dans les environs de leur secteur dans l'année ? Chasser le sanglier de nuit ne s'improvise pas selon la météo, l'envie, la disponibilité, cela s'organise en équipes, cela part déjà d'ordres clairs des patrons de chasse. Combien de fois n'ai-je entendu le coup de l'éthique qui refuse le tir de nuit ou alors oui, mais pas de laies, pas maintenant, etc...

Reste un dernier argument de base, moins avancé publiquement, pour ne pas agir contre l'émergence de dégâts, à classer dans la catégorie de l'individualisme du chasseur :  "le bon à dégâts". La situation de cette année, avec de gros dégâts de prés en zone de montagne ou de piémont, montre bien que des groupes de chasse estiment encore suffisamment cotiser au FIDS 67 par la contribution fixe de 12% pour disposer d'un "capital dégât à valoir". Il s'agit là d'une vision dangereuse loin de l'idée de mutualisation, basée sur un principe opposant petites chasses et grandes chasses, chasses de grand gibier et chasses de petit gibier en passe de se retourner contre tous ceux qui pensent payer suffisamment sur la base de leur prix du bail.( A ce propos, ce n'est pas pour rien que le FIDS 67 tente régulièrement d'abaisser à 11% la cotisation fixe...)

Cette vision du "je paye déjà assez" est par ailleurs une grosse erreur d'appréciation dans la mesure où la contribution de base est destinée en premier à couvrir les charges d'activités du FIDS 67. Or si l'on se réfère aux comptes de la saison 2018/2019, le seul fonctionnement revient à 581.000 auquel on peut ajouter 96.000€ de frais d'estimations pour 832.000 de cotisations à 12%.

Cette vision de la forêt qui "paye plus", (mais détient et doit aussi gérer les sangliers) pour s'exonérer du tir de nuit reste de plus un choix dangereux que le Préfet et les revendications agricoles contre les dégâts de prés vont de toute façon régler, si les mentalités ne changent pas et la stratégie de la calculette n'est pas abandonnée. Contribuer plus au financement des FIDS ne garantira plus à l'avenir de la battue administrative et de l'obligation de réduire les densités. Or, moins de sangliers sur les chasses à gros budgets entraînera forcément moins de "financeurs extérieurs" du sanglier ressource. Certains l'ont déjà appris à leurs dépends et nous sommes encore loin du terme du bail de chasse...

Alors que si le tir de nuit est pratiqué comme il faut, il est tout à fait faisable d'avoir du sanglier et la "paix sociale agricole".

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts

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