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Le nouvel Infos'Chasse 67, vient de sortir, alors un peu de lecture pour Pâques, avec entre autres mon edito dans la rubrique "L"œil du viseur", basé sur la chasse plaisir et la chasse réalité, tout un programme :
"Comme pour tout le monde le quotidien possède déjà suffisamment de difficultés propres pour ne pas lui ajouter le fardeau du lendemain ou du futur. Comme le dit l’expression « à chaque jour suffit sa peine », alors pourquoi se prendre la tête avec ce qui risque de nous arriver plus tard. Cette façon de vivre évite de stresser inutilement, à partir du moment où nous prenons les choses comme elles viennent, mais d’un autre côté elle ferme la porte à l’anticipation et peut être perçue comme un refus de prévoir le moyen-long terme.
Le chasseur n’échappe pas à la gestion des soucis un à un pour finir par faire sienne l’expression « à chaque saison suffit sa peine ». La 2025-2026 est terminée, les portes du Cynéportail se sont refermées au plus tard avec la saisie obligatoire de l’ensemble des tableaux, la nouvelle est en route avec la saisie des demandes de plan de chasse, le règlement au FIDS 67de la cotisation de base fixée à l’avantage des territoires forestiers à 8 %, en attendant le 15 mai l’ouverture du brocard, à moins d’avoir un territoire soumis aux risques de dégâts des sangliers nécessitant de devoir faire le garde-champêtre nocturne au profit de la communauté des chasseurs de sangliers et de la paix sociale avec les agriculteurs.
Jusque là tout va bien dans la mesure où nous sommes dans la routine et surtout entre nous, mais nous savons aussi qu’aujourd’hui la chasse est de moins en moins socialement acceptée. Régulièrement à la moindre occasion nous sommes mis dans l’actualité pour mobiliser les têtes et les « idiots utiles », faire avancer la cause animaliste jusqu’à l’espoir de provoquer notre mise à l’écart de la nature par le politique. Nous pouvons faire ce que nous voulons à travers des actions destinées à donner au grand public une image redorée, distribution de venaison à des associations, nettoyage de printemps des espaces naturels toujours encore pris pour des décharges, restauration de biotopes et autres actions menées avec les jeunes scolaires, notre image reste celle faite par les Inconnus. Nous pouvons changer notre vocabulaire, réguler pour ne plus dire tuer, il suffit pour un non chasseur d’aller sur la toile voir le nombre de publications mettant en scène des tirs et au bout la mort d’animaux pour casser « le poids des mots par le choc des photos ». Il suffit d’un dimanche à Graufthal où beaucoup de responsables avaient piscine ce jour là pour bien voir que même lorsque le chasseur n’est pas dans le coup, contrairement à l’histoire du cerf de Luc Besson, la foule des commentateurs, haineux ou juste gagnés par l’émotion, nous tombe dessus et fait le procès de la chasse.
Aujourd’hui, le chasseur a besoin d’interagir selon le « principe de réalité » et non plus « de plaisir » comme le veut la théorie psychanalytique de Freud.. Pour Sigmund, le « principe de réalité est ce principe qui vous permet de ne pas faire des choses qui pourraient vous attirer des ennuis… C’est celui qui canalise, (du moins devrait) nos instincts primaires, contrairement à « l’instinct de plaisir » qui est cette tendance inconsciente à rechercher la satisfaction immédiate des désirs, des pulsions. Il fut un temps où la chasse vivait, selon le « principe de plaisir. » sans crainte de lâcher les instincts primaires, l’urbain n’étant pas là pour lui regarder par-dessus l’épaule, lui-même n’étant pas enclin à se mettre en scène dans un monde où le portable, le 4.0 n’étaient même pas dans les scenarios des livres de sciences fiction. La ruralité dominait l’urbanité, l’animal de rente prévalait sur l’animal familier, quant à l’approche de l’animal par le bien être, les générations « Bambi » n’étaient pas encore de ce monde. Aujourd’hui, l’animal est devenu prétexte, part intégrante du militantisme vert, une arme pour sacraliser la nature et la faune aux dépens de l’homme du monde ancien considéré par l’idéologie animaliste radicale, bruyante, comme « archaïque ».
Dans ce contexte de réalité qui nous contraint à modérer nos pulsions animalières, alors que « nous ne sommes qu’une bête parmi les bêtes » comme aiment à le souligner Vincent Meunier, auteur des films remarquables les « Chants de la forêt » et la « Nuit du cerf , si Freud devait théoriser aujourd’hui sur la chasse, il nous dirait sans doute, « gérer vos pulsions en les adaptant aux exigences du monde extérieur, passant du désir immédiat à une satisfaction médiatisée par la culture et la raison ». C’est du moins ce que m’a dit l’I.A. !
Sur le terrain, c’est bien plus compliqué. Notre désir archaïque de chasser, principe de plaisir, est soumis à outrance à des règles de contraintes, principe de réalité, avec des arrêtés préfectoraux, des Schémas Cynégétiques, une soumission à des visions d’une forêt sans gibiers, d’une plaine cultivée sans dégâts auxquels s’ajoutent une représentation de la nature sans mort et souffrance. La chasse est habituée à la réalité de la mort et de la survie, pas ou plus la société. Sur un plan politique une sorte d’impérialisme urbain est en marche qui veut forcer la France rurale à se soumettre à un style de vie métropolitain, propre aux grandes villes. A titre d’exemple, la municipalité écologiste militante de Strasbourg qui n’a pas cessé d’aller dans ce sens durant tout son mandat.
Alors se pose inéluctablement la question, voulons-nous, devons-nous vraiment sortir de la chasse plaisir parce qu’une minorité agissante et des politiques à chaque fois que possible, veulent nous parquer dans une fonction, celle de régulateur avant de nous effacer définitivement de la nature. Les deux drames pour l’avenir de la chasse, c’est que le politique, celui qui un jour arrêtera la chasse, est suiveur des tendances socios-politique et que l’intolérance, la déconstruction, l’écologie radicale sont parts intégrantes de programmes électoraux. Le drame, c’est que la cynégétique manque aussi de grandes personnalités capables de faire briller d’autres manières de voir l’humain, la société, capables de défendre les racines de la chasse. Nous sommes prisonniers du « en même temps », parce que le politique ne peut réussir que s’il est le miroir de la société faite d’opinions exprimées par sondages, réseaux, manifestations de rues. Qui dans ce contexte aurait envie d’aller à l’abattage médiatique pour défendre la chasse plaisir et finir avec une claque électorale ?
Alors « à chaque saison suffit sa peine », jusqu’au jour où ça sera la dernière, faute de n’avoir soutenu, osé dire que la chasse est plaisir, liberté, un art de vivre. Faute de n’avoir répété aux idéologies urbaines du militantisme vert et animaliste et aux jeunes générations montantes que le Ministère de l’écologie doit sa naissance en 1971 aux chasseurs. Faute de n’avoir su faire par l’acte éthique que la chasse aille de paire avec le respect de la nature et de l’animal et n’est du tout une survivance de pratiques dépassées réservées à une minorité de privilégiés.
La chasse n’a pas à justifier son existence, sans elle l’humanoïde n’existerait pas. En 30 ans l’Allemagne a doublé le nombre de permis de chasse. Elle est en passe de réussir dans la patrie de l’écologie à intégrer les politiques de gestion durable de la faune , soit de contribuer à la protection de la biodiversité et à la gestion des écosystèmes pour reprendre la phraséologie de la mouvance des écos-militants.
Elle a réussi à renverser l’opinion à travers ce mot clé par lequel le peuple des bérets et de la baguette aime à chambrer nos voisins , la « Diziplin ». La saison des battues s’est terminée, mais qui n’a pas entendu ou vécu tout au long des traques une ou des scènes « indignes », limites, qui si elles avaient été filmées auraient mis à terre ce que nous voulons défendre comme image, celle du chasseur expert dans l’art de la chasse, tireur respectueux de la vie animale, conscient de sa responsabilité individuelle et collective. De l’organisation au soin de la venaison, nous avons des cases à cocher pour à la fin de la journée rendre une copie parfaite qui rende honneur à notre dignité et responsabilité de chasseur.
En nous rapprochant de ce champ d’exigences qui est ancré depuis longtemps dans la mentalité germanique et encore plus chez les jeunes maintenant, nous passerons de la chasse de tir encadrée par la réalité à une chasse « morale », défendable. Chasser n’est pas uniquement mettre en pratique des savoirs techniques, satisfaire à des exigences de sécurité, c’est surtout dans le contexte actuel d’accusé répondre à la responsabilité morale vis-à-vis de la vie. Alors si l’avenir, la survie de la chasse doit passer par la sanction des « comportements hasardeux » qui relève de l’organisateur, allons-y. C’est le prix à payer pour ramener garder la chasse dans le « principe du plaisir », la faire ressortir du « principe de réalité » dans laquelle on nous enferme, à défaut à la sortie d’une urne quelqu’un sifflera plus vite que craint la fin de la partie".
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