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Quid du Plan Local de Maîtrise du Sanglier ?

Plus j'écoute, plus je lis, plus j'analyse et moins je comprends. Nous avons tout l'arsenal réglementaire pour prendre en main la gestion raisonnable des sangliers et pourtant à chaque crise ponctuée par une réunion, on a le sentiment de refaire le monde.

Lorsqu'en 2008 agriculteurs et assureurs automobiles avec des associations de riverains ont réussi à sensibiliser le Ministère de l'Environnement contre le fléau sanglier, est né en 2009 un Plan National de Maîtrise du Sanglier (PNMS).

Nous sommes à l'été 2013, et on a le sentiment que ce "cadre d'actions techniques pour agir au niveau départemental", comme s'intitule le PNMS, n'a jamais existé. C'est sans doute le secret de la France, elle a le chic de "faire et défaire" qui paraît-il est aussi une manière de travailler. De là à ce que cette méthode soit efficace, c'est autre chose !

Si vous lisez attentivement ce document ministériel, tout y est, à travers une série de fiches dites "actions". Treize étapes sont ainsi recensées pour réussir à réduire les densités, les dégâts, les accidents de la route et les dommages aux particuliers :

1.Etablir un état des lieux départemental de la situation relative au sanglier
2.Etablir un zonage départemental des risques liés au sanglier
3.Etablir un diagnostic des points noirs
4.Définir et encadrer l’agrainage du sanglier
5.Plan de chasse et plan de gestion cynégétique
6.Définir des indicateurs de gestion
7.Améliorer la connaissance des prélèvements
8.Pratiquer une chasse efficace du sanglier
9.Augmenter la vulnérabilité du sanglier à la chasse
10.Réguler les populations de sanglier dans les réserves de chasse et zones
protégées
11.Contrôler les conditions d’élevage et de lâchers
12.Organiser les prélèvements dans les territoires périurbains et/ou industriels
13.Communiquer et organiser la concertation

Eté 2013, non seulement aucun objectif n'a été atteint en matière de gestion des sangliers et des dégâts, mais on explose les statistiques. Il y a incontestablement des zones d'ombre qu'il conviendrait d'expliquer.

Personnellement je n'ai jamais entendu parler de l'existence d'un Plan Local de Maîtrise du Sanglier pour le Bas-Rhin, voire exposé en assemblées générales et encore moins de bilans annuels des avancés et selon le cas de modifications, voire de révisions. De ci-de là, on trouve des bribes, comme par exemple les "points noirs", mais toujours à partir des dégâts et non des lieux de bauge du sanglier. Au risque de me répéter, les dégâts sont la conséquence d'une cause, dont l'origine vient forcément d'une zone vitale, en l'occurrence la forêt ou les biotopes assimilés.

L'objectif global était de régler la problématique en trois ans, soit pour 2012... Dans le monde du travail, et plus particulièrement dans le privé, lorsque vous n'atteignez pas les objectifs fixées de façon répétée, vous risquez de vous voir indiquer la porte. Le monde de la chasse obéit à d'autres règles et voit toujours d'un mauvais œil tout ce qui est intrusif de son milieu. Rappelez-vous la règle d'or du chasseur maintes fois déjà répétée, "on nous dit ce que l'on doit faire, nous ont fait ce qu'on veut". On voit le résultat aujourd'hui...

Par ailleurs, comme si cela ne suffisait pas, il existe un deuxième document datant de janvier 2012, peut être encore plus précis et qui a soigneusement été mis de côté, les élections présidentielles ayant passé par là. Il s'agit d'une mission d'études portant le nom de "Mission sur les Dégâts de Grands Gibiers". Le Bas-Rhin s'y retrouve classé en Groupe A, soit département où la "situation est à faire évoluer rapidement, voire d'autorité". Même si ce rapport n'a pas été suivi d'effets dans son ensemble il a tout de même contribué à la rédaction de l'article L.425-5.1 sur l'engagement de la responsabilité du chasseur en cas de défaillance de gestion.

Je peux comprendre que personne n''aime à se faire dicter sa conduite, au titre d'un fondamental de notre société qui s'appelle "liberté", qui plus est lorsque l'auteur est un Ministère ou des technocrates, comme on aime à dire. Peu importe, le monde local de la chasse avait-il encore le choix ? Comme seul argument à la réunion du préfet de mardi dernier, le représentant du Président de la FDC 67 envoyé au casse-pipe, a pu dire "la fédé s'est impliquée via un appel au tir dans son magazine d'information" . Un peu limité comme défense au regard de ce qui aurait dû être fait à la lecture des deux documents depuis 2009 au plus tard, et bien avant déjà.

Il y a bien longtemps que le FIDS 67 aurait aussi dû être mis au pas d'une manière ou d'une autre, mais personne ne nous a jamais soutenu dans ce sens, au contraire. Le présent semble maintenant donner raison au pot de terre. Il faut tout juste encore que la justice mette la dernière cartouche de dynamite pour que le système de financement des dégâts, accélérateur des densités de sangliers et de la non gestion en forêt, s'écroule.

Verdict en septembre prochain, sachant que la Moselle et le Haut-Rhin sur la légalité des statuts des Fonds d'Indemnisation sont également en attente de décisions de justice ...

Le pire ou le cahos est encore certainement à venir, d'une manière ou d'une autre et personne ne peut s'en réjouir.

Le Plan National de Maîtrise du Sanglier

Mission sur les Dégâts de Grands Gibiers

Appel au secours au Préfet en septembre 2009

Tag(s) : #Gestion du sanglier et des dégâts, #Vie des instances de la chasse, #Billet d'humeur

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