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Favoriser les rencontres de chiens ©

Au moment où nos chasses, du moins leur relocation, alimente le landernau local et que la chasse au petit gibier va commencer, avec parcimonie pour les plus raisonnables, n'oublions pas que sans nos chiens les sorties n'auraient de sens. Maintenant, si vous regardez autour de vous, combien de chasseurs fonctionnent encore en binôme avec des chiens ?

C'est que c'est du travail, de la compétence et beaucoup de disponibilité. Alors pour tous les passionnés de chiens en général, chasseurs ou non, un nouveau chapitre sur le thème, "se former pour mieux se comprendre".

Parmi les appréhensions chez les propriétaires, la peur de la "bagarre" intra-spécifique est une des plus fortes. Dès lors la rencontre avec des congénères est souvent mal perçues et mal gérées, voire souvent évitée.

Là encore c'est dans la préformation du chiot que tout se met en place dans le bon ou mauvais sens. Avoir un chien "sociabilisé" passe par le développement de la relation intra-spécifique. Le chiot a besoin d'apprendre à se comporter avec ses congénères pour ultérieurement être capable de gérer les situations critiques avec des chiens version "kéké" ou sans foi ni loi.

"Dans la fratrie et avec la mère, les chiots s'initient aux codes sociaux du chien et donc à vivre ensemble.

A travers les jeux, les bagarres les rencontres avec le monde extérieur, ils apprennent ainsi à se comporter socialement. Ils apprennent à inhiber la morsure, à mettre en place et lire des postures de jeu, de menace, d'agression et de soumission.

Voilà bien l'ensemble des ingrédients dont tout chien a besoin pour gérer socialement ses futures rencontres intra-spécifiques notamment.

Pourtant, le milieu canin insiste souvent beaucoup plus sur les notions de chien Dominant et d’agressivité du chien que sur la notion de rencontre.

Or chien Dominant ne signifie pas pour autant chien Méchant.

Souvent pendant l'achat, les gens guettent, observent l’évolution des chiots pour écarter le dit "Dominant". Alors, ils vont suivre des yeux celui qui sera couché sur le dos plutôt que celui qui mord en grognant son congénère.

Pourtant, personne à cet âge, où ils sont en fratrie, ne peut dire comment sera ultérieurement le chien. Le test de Campbell, souvent présenté dans les livres spécialisés ne peut avoir de caractère prédictif sur le comportement futur du chien. Un chien socialisé comme il se doit en chenil et donné comme non dominant, mais mal intégré et mal "conduit" dans la famille d'accueil, sera un chien difficile socialement, contrairement à un chien dit dominant avec une famille sachant parler chien.

Il est dès lors bon de se souvenir toujours et encore que le chien doit rester avant tout chien. S'il est surprotégé, en évitant par des contournements les rencontres avec des congénères, on renforce sa "zone personnelle" et on augmente ainsi l'intensité ultérieure de sa peur. Résultat, si un jour il est amené à croiser de près un chien, sa peur risque de le pousser à l'agression, d'autant qu'il sera peut-être en laisse, c'est-à-dire sans possibilité de fuite. Ainsi, sans le vouloir, son meneur l'aura pousser à l'agression.

Que faire alors ?

La meilleure recette est encore d'avoir les chiens en liberté.

Hélas, aujourd'hui, seul le chien du berger et le chien de chasse en action de chasse sont encore autorisés à jouir de la liberté. Tous les autres sont sous la coupe de la loi qui rend le chien prisonnier de la laisse ou de l'enrouleur, donc prisonnier de son meneur. Pour des tas de raisons, chien en liberté est assimilé à divagation, donc à dangers d’agression, ce que la Société ne peut tolérer dans le cadre de la protection de l’intégrité physique du citoyen et du droit à la vie.

Dans le cadre de la sortie canine ne reste donc en principe que peu de solutions pour les propriétaires de chiens pour faciliter la rencontre heureuse intra-spécifique.

L'échange verbal, le dialogue avec les propriétaires rencontrés sur le chemin de la promenade font partie des bons moyens. On prend de l'information sur le chien de "l'autre", souvent moins beau, moins gentil, moins intelligent et attachant, certes, et on ajuste le comportement.

D'un autre côté, l'observation réciproque de l'attitude des protagonistes ou des antagonistes renseigne également si le chien est habitué à croiser des congénères, et comment il peut se comporter.

Ensuite, les codes sociaux des chiens font que le risque hors période d'œstrus est minime si un mâle croise une femelle. Il n’attaquera jamais une compagne potentielle.

Jusqu'à 10-12 mois, voire plus, selon son degré de maturation sexuelle, un jeune chien ne risque rien en principe non plus. Aucun chien adulte socialisé n’attaque normalement un chiot.

Reste mâle contre mâle et femelle contre femelle.

Dans l'absolu le risque de combat "à mort" est le plus fort chez les femelles en période d'œstrus, selon la loi de Malthus. Donc attention aux femelles gestantes appelées à se rencontrer. Il peut y en avoir une de trop ! A éviter donc strictement, car l’affrontement est souvent foudroyant.

Quant aux mâles, il s'agit le plus souvent de définir qui sera le Dominant.

Dans ce cas l'agression peut aller à la morsure, mais tout peut aussi bien s'arrêter à la menace.

Bien interpréter la lecture des rituels sociaux

D’ailleurs, souvent, les personnes non averties font la confusion entre la menace et l’agression.

Il est donc important pour tout conducteur de chien de bien savoir lire les différentes postures de menace. Bien sûr, voir deux ou plusieurs chiens se faire face en grondant, le poil hérissé, la queue pointée, le mufle plissé impressionne et fait monter l'adrénaline. Mais encore une fois le chien, y compris le mien, est un animal. "Cela ne nous regarde donc pas" comme disait un célèbre couple de commentateurs sportifs.

Que diraient nos chiens, s'ils pouvaient commenter nos situations conflictuelles, uniquement en traduisant nos attitudes?

Dans nos postures de menace, d'intimidation, dans notre gestuelle ne sommes-nous pas voisins? La seule différence reste encore une fois dans le langage parlé.

Pour autant, dans une agression verbale, nous n'en venons pas forcément aux mains. Heureusement pour les tribunaux déjà suffisamment engorgés comme cela.

Les chiens ont leur langage propre pour exprimer leur pensée, leurs émotions, hélas nous ne pouvons entendre leurs interactions. Seule l'observation nous permet donc d'interpréter et de comprendre. Reste à dominer un peu nos émotions et peut-être à faire confiance aux dialogues intra-spécifiques de nos chiens, quitte à devoir enregistrer des altercations, brèves, remuantes, sonores voire superficiellement blessantes, mais faisant partie intégrante de la vie du chien…., chien.

L’avantage d’une approche ouverte des relations canines est de disposer à la sortie d'un chien parfaitement socialisé à l'homme et aux espèces qu'il peut rencontrer. C’est aussi une garantie de vivre une relation enrichissante et sereine".

Tout est dans le regardTout est dans le regard
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Etude de l'intensité émotionnelle

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Tag(s) : #Bien vivre avec un chien

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