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Cela fait bien longtemps que je n'ai plus "parler chien", l'affaire Pilarski actuellement face aux juges me donne l'occasion de revenir sur la gente canine et leur vie de chien parmi les hommes. La première réflexion que je me fais, va aux médias, qu'ils soient grand public ou spécialisés dans le monde de la chasse. C'est que cette affaire cochent toutes les cases du sensationnel, du drame abominable impensable, de la mise en accusation de la chasse, en l'occurrence la vénerie, avec un maître du chien et une ligne de défense guère convaincante du début à aujourd'hui face aux preuves scientifiques que c'est bien Curtis qui est à l'origine de la mort de sa compagne et non la meute de chiens des veneurs présents également dans la forêt au moment du drame. Depuis les résultats des analyses ADN pourtant, il était clair que la vénerie serait disculpée et que le procès ne serait pas celui de la chasse, mais du maître du chien. Il n'empêche que la ligne de défense est restée celle donnée en novembre 2020 par Brigitte Bardot dans sa lettre à Dupont Moretti, alors Ministre de la Justice pour sauver le chien de l'euthanasie. Cet aveuglement produit pour éviter le risque de la sentence maximale de dix ans d'emprisonnement du maître du chien n'engendre en tout cas pas forcément l'empathie.
La deuxième réflexion est celle du comportementaliste amené, lorsqu'il exerce, à comprendre ce qui dysfonctionne dans une relation homme-chien. Dans le cas de Curtis, le chien coche également beaucoup de cases ou plutôt de sujets, Là aussi Brigitte Bardot s'est trompée, tout comme le maître du chien et son avocat dans leur ligne de défense aveugle, faute de connaissances du comportement d'un chien, du moins faut-il l'espérer, même si j'ai un doute. C'est que la relation homme-chien, en soi simple est plus que complexe dès lors qu'un animal est pris comme un membre de la famille. Lorsque dans cette relation un chien est "à sa place", soit en-dessous de l'homme, tout va ou devrait bien aller. Lorsqu'il est mis au même niveau, voire au-dessus, les choses peuvent se compliquer, voire devenir dangereuses, particulièrement en présence d'enfants. "Curtis est innocent, il n'aurait jamais tué Elisa", rapporte B.B dans sa lettre à Dupont Moretti https://www.parismatch.com/actu/societe/mort-delisa-pilarski-brigitte-bardot-ecrit-eric-dupond-moretti-pour-sauver-le-chien-curtis-19403. "Curtis aimait Elisa, elle avait une fusion avec lui, parce qu'elle était tombée amoureuse', dit le maître du chien.
Fatale error, dès qu'on sous-estime un fondamental du chien à ne jamais oublier, inscrit dans son ethogramme, "un chien reste un prédateur social qui revendique et partage un espace avec l'homme". A ne jamais oublier surtout lorsque votre animal familier est comme on le dit pour un sanglier "armé", comme peut-l'être un grand chien comparé à un Yorkshire, comme peut l'être un pitbull dressé à l'attaque comparé à un Labrador. Si le maître de Curtis est allé chercher son chien en Hollande, c'est qu'il avait choisi une lignée avec des aptitudes favorables au projet de dressage et pas seulement pour contourner la loi. Le chasseur sait bien que s'il veut un bon chien avec de l'inné, il lui faut trouver une bonne généalogie correspondant à l'attente. Si des races de chiens de chasse sont devenues des chiens de beauté et de canapé pour disparaître de la chasse, c'est à cause du marché, du business de l'élevage intensif. Forcément il existe davantage d'acquéreurs non chasseurs que chasseurs et ce n'est pas pour rien qu'un chien de chasse en Allemagne n'est accessible qu'à un détenteur d'un permis de chasse.
Bien sûr aujourd'hui, et ce sentiment s'ancre de plus en plus dans les esprits avec la montée des visions animalistes, il devient compliqué de parler de relation Dominante entre l'homme et l'animal, mais c'est la règle des 5 C qui est à garder à l'esprit, C'est Con mais C'est Comme Ca, Un chien ne vous aime pas, par contre il a besoin de vous pour manger-boire-dormir-avoir des relations sociales, soit être en bonne santé pour se reproduire. Regardez le maître et la gamelle du chien, il peut croire qu'il est aimé et plus encore s'il lui donne un steak et pourtant le chien aura la même attitude, le même regard, la même" joie" avec celui qui ira prendre la laisse pour le promener ou partir à la chasse. N'en déplaise à beaucoup, un chien est un opportuniste, ce qui n'empêche la création de liens, de complicité. Le chien ne sait parler, mais observer, mettre en relations des images, reproduire des situations vécues, plaisantes et moins. Par contre il ne sait aimer et c'est pour cette raison que la croyance "il m'aime et ne peut donc me faire de mal" peut mener aux drames, tout particulièrement en présence d'enfants dans une famille.
Maintenant, quelle est la cause de l'attaque à 13h19 qui a déclenché la morsure et l'appel de détresse il y a forcément eu un stimuli déclencheur on ne le saura jamais, le maître le sait peut-être, c'est lui qui l'a dressé à répondre à des ordres, à stopper une action. C'est lui qui a laissé un SMS "je le fais piquer" 15 minutes après le décès de la compagne qui donne à penser que le chien n'en était pas à son premier dérapage. C'est une zone d'ombre qui met mal à l'aise, ce SMS n'étant en plus pas en réception sur le téléphone du mis en accusation pour homicide involontaire par agression d'un chien.
Si je devais refaire mon mémoire intitulé en son temps, "Le chien familier et l'homme, structure sociale, hiérarchie animale et hiérarchie inter-spécifique", l'affaire Pilarski aurait eu sa place. A défaut je complèterai ma rubrique dédiée au comportementalisme "Bien vivre avec un chien"
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