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La définition de la démagogie, http://www.veillecynegetique67.com/2021/11/pour-ou-contre-la-chasse-faites-vos-jeux-rien-ne-va-plus.html, nous apprend que "l'argumentation démagogique doit pouvoir être reprise par le grand public", c'est un élément clé lorsqu'il s'agit de faire de l'instrumentalisation politique, comme l'a fait Yannick Jadot  en mettant en avant "la peur" des utilisateurs de la nature, autres que chasseurs.

La peur étant une émotion, l'ancrer dans les esprits est relativement facile à réaliser, il suffit de mettre l'accent sur la menace qui l'engendre, en l'occurrence le gilet rouge porteur d'une arme et qui tue dans la souffrance de pauvres animaux. En plus la peur a cette faculté d'engendrer deux types de comportement, soit la fuite ou la révolte. Dans le cas présent, c'est le phénomène de révolte qui a été recherché. La fuite des promeneurs seraient l'aboutissement d'un objectif raté et contre-productif, la finalité de la proposition de l'intervention électoraliste étant d'aboutir à l'interdiction pure et dure de la chasse par l'activisme.

Combien cette instrumentalisation politique fustigeant la chasse engendrant la peur fonctionne, nous l'avons malheureusement vécu ce week-end, en battue, mais aussi au cours d'une sortie aux lièvres en périphérie de village, à côté d'une piste cyclable très fréquentée par vélos et marcheurs.

En forêt, malgré les panneaux, une ligne de chasseurs a constamment été passée par des promeneurs, poste après poste, avec à chaque fois la même petite musique,  surtout portée par les voix féminines "yohh, monsieur, j'ai peur". Que la battue soit déclarée, que des panneaux signalent partout le déroulement d'une chasse, que les chasseurs soient visibles, que le bons sens dicte plutôt "la fuite" des lieux que la bravade si on a peur, que nenni, ce n'est pas le sujet, je passe en revue la ligne, pour contribuer à l'expression de la révolte, je m'arrête auprès de chacun pour lui répercuter ce que le discours démagogique a mis dans ma tête, "j'ai peur". En fait, la situation était plutôt drôle au regard des têtes des "messagers", fiers d'avoir porté haut et fort le son de la raisonnance ou de l'écho lancé depuis la capitale de la France.

Bien moins sympathiques ont cependant été les insultes reçues le lendemain en plaine, portées avec véhémence et exclusivement par des femmes. "Assassins" le grand classique habituel, mais surtout, "non seulement vous nous faites peur en forêt, mais maintenant aussi à proximité de nos villages", "mais où sont les panneaux"...

Eh oui, les "envahisseurs sont là, dans les forêts, dans les campagnes, partout", ce n'est pas sans rappeler un certain débat télévisé au dernier tour des présidentielles.  ! Là encore on pourrait en sourire, mais sur le fond c'est très inquiétant. Ce constat connu de la perte de la ruralité est bien un des cœurs du sujet, pourquoi la chasse est dorénavant mal vue. Il fut un temps où les villageois participaient à la chasse, parce qu'ils étaient tous des ruraux, parce qu'ils vivaient avec le petit gibier. La fin de la corne d'abondance du petit gibier nous coûte cher aujourd'hui, car les rurbains ne voient plus beaucoup de chasseurs en action collective et surtout régulièrement en plaine. Les chasseurs ont fini contraints et forcés par "se cacher pour mourir". Revoir une ligne de sept fusils, (savent-ils seulement faire la différence avec une carabine), fut pour nos "révoltés", une mauvaise surprise. Oh, ils sont là aussi ? Mais je ne suis plus en sécurité nul part ! Alors crions haut et fort, assassins, chantons en chœur la petite musique partie du chef des Verts pour gonfler les rangs des sympathisants.

Et ce n'est qu'un début.

Tag(s) : #Faune-Nature-Ecologie et Chasse
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