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Comme relaté dans mon dernier post, la FNC a pour grand projet de relancer le petit gibier pour espérer stopper le déclin du nombre de chasseurs en France. Comme dit, l'idée est louable, mais risque de rentrer dans les projets "yakafokon". Nous savons tous pourquoi, dans l'ordre de décroissance, lapins, perdrix, faisans, lièvres disparaissent les uns après les autres ou ne sont plus suffisamment en nombre pour être chassés, voire dans un état de conservation favorable pour espérer se développer : les remembrements du siècle dernier et la fin de la biodiversité agricole, les intrants en tous genres, le machinisme, la prédation, les maladies, la sur-exploitation des terres (fin des jachères, l'arrivée de nouvelles opportunités pour le monde agricole comme la méthanisation avec l’ensilage d'herbes et de cultures intermédiaires ou l'andainage), le recours aux lâchers hasardeux, la montée des battues au grand gibier face au travail sur l'année qu'exige le soin au petit gibier et les piètres résultats obtenus en contre partie, la liste est longue...

Alors compter inverser la tendance, moi je veux bien, mais je ne vois pas l'once d'un changement dans les mentalités, en tout cas sur notre territoire, du principal acteur d'une renaissance du petit gibier, le propriétaire du foncier. Par contre je reste ébahi par la capacité de résilience du lièvre et du faisan. Dimanche à 3 nous avons arpenté durant 3 h labours et chaumes de maïs avec un chien pour prélever l'un ou l'autre lièvre après de multiples comptages nous autorisant à le faire, selon le principe 1 tiré pour 4 levés. Oh divine surprise, dans une simili jachère en bord de village et un résidu de boqueteau 3 poules arrêtées et un coq. En dehors du grand bonheur de voir le chien et les envols francs et qu'il y a de la survie naturelle possible, c'est la confirmation qu'il ne faut pas grand chose pour permettre à notre Phasianus colchicus de reconquérir nos plaines. Cela ne peut passer que par ce fameux SMIC si cher à Pierre Mayot, soit octroyer 3 à 5 ha minimum du territoire en biotope favorable à la reproduction, à l'alimentation et la sécurité. C'est pareil pour le lièvre et les deux mamelles pour le maintenir voire le développer, la biodiversité agricole et le contrôle des renards. Là aussi notre suivi sur des années montrent combien le petit gibier est dépendant de son environnement. Historiquement, c'est dans les zones dominées par les prairies que le lièvre se portait le mieux. Ce n'est plus le cas, depuis trois ans avec l'intensification de l'exploitation agricole des prés et ses 4 fauches par an de début mai à début octobre et cela au ras du ras du sol et à grande vitesse. Ajoutez l'omniprésence en grand nombre des cigognes et des hérons qui arpentent non stop le secteur et vous constatez que c'est la dernière portée de lièvres, soit après récoltes qui parvient le mieux à survivre, celle née fin septembre début octobre, en tout cas celle qui vous permet de faire quelques prélèvements. 

Le Bas-Rhin a enfin reculé la date d'ouverture du lièvre au 1er novembre, lors de la saison 2024-2025 et sa fermeture au 31 décembre. Depuis l'ouverture du blog, je militais pour ce changement de mentalité que les chasseurs devraient pousser encore plus loin à fin novembre https://www.veillecynegetique67.com/2014/10/pourquoi-l-ouverture-du-lievre-au-15-octobre.html  Je ne sais si c'est le changement climatique ou un autre phénomène, mais de plus en plus lors de nos derniers comptages, nous voyons encore de nombreux jeunes lièvres bien après l'ouverture, indignes d'être tirés. De la même manière nos anciens chassaient tard le lièvre, en tout cas après les premières gelées, après les labours des champs, même si je sais qu'aujourd'hui rares sont encore ceux qui veulent, chasser devant soi, marcher en ligne. Même notre Cynéportail déclaratif des tableaux ne met pas dans son onglet "type de chasse", marche en ligne,, ce qui nous oblige à enregistrer nos prélèvements "en battue"...😂

Alors, si une mesure simple est à prendre au niveau national, c'est d'inciter simplement le plus de Fédérations Départementales possibles à revoir les dates d'ouverture et de fermeture du lièvre. Une telle réforme en interne, tenant compte de la biologie du lièvre ne demande rien aux autres, à ceux sur lesquels nos influences sont limitées à ce jour. Les chasseurs seraient vraiment dans la gestion responsable et éthique d'une espèce, en particulier vis-à-vis aussi du grand public. Accompagnée d'une lutte forte et continue de la prolifération du renard,( le lièvre attire), la reconquête est possible, sans investissement, juste au prix d'un changement d'habitudes plus ou moins pertinentes.  

.https://www.veillecynegetique67.com/2024/04/le-67-exemplaire-en-terme-de-periode-de-chasse-du-lievre.html.

Tag(s) : #Aménagement du territoire et petit gibier
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