
Ce jour les Dernières Nouvelles d'Alsace annoncent une nouvelle prédation de grands tétras lâchés dans le massif vosgien du Vontron, ce qui porte les effectifs sur les 16 introduits grâce à des captures en Norvège en 2024, à 1 poule et un ou 2 coqs, 1 seul étant encore suivi par télémétrie.
https://www.dna.fr/environnement/2025/12/11/grand-tetras-un-nouveau-cas-de-predation
Au-delà du bilan désastreux qui montre que lorsqu'une espèce ré-introduite n'est pas au bout de la chaîne alimentaire, il est hasardeux, utopique de croire parce que l'homme le veut, en l’occurrence le "bambiste", qu'il suffit d'un environnement aménagé propice pour réussir la survie d'une espèce. L'opération retour du grand hamster en plaine d'Alsace l'a démontré tout autant, jusqu'à ce que les écologues finissent par concéder que sans piégeage du renard tout effort était vain tout en laissant aussi et cependant de côté la problématique du monde des rapaces...
Dans le cas de notre grand tétras, l'exposition au risque est double, au quotidien, en particulier la nuit lorsqu'il est perché et lors de la nidification au sol, à la fois pour les œufs et les poussins. La liste des ESOD au-delà de la martre s'allonge forcément sensiblement.
Bien sûr que la modification des habitats est la première source de disparition de nombreuses espèces partout dans le monde, le monde de la chasse est bien placé pour constater son impact avec la lente agonie du petit gibier, mais se voiler la face quant à l'impact de la prédation en tous genres, tout aussi réel, relève de l'hypocrisie.

Alors, dans le cadre de la révision actuelle de la liste des ESOD, n'en déplaise à tous ceux qui font pression pour une protection intégrale d'un certain nombre de carnivores-omnivores, à l'exemple du renard ou du blaireau, par pure idéologie ou comme caisse de raisonnance de propos estampillés réseaux sociaux, non la nature n'est pas un rêve de paradis perdu. Au quotidien, en toute discrétion, la nature déroule ses scenarios de mort, le plus souvent bien plus douloureux qu'une balle de chasseur. La vie est faite de choix, ce qui vaut pour le grand hamster ou le Tetrao urogallus vaut pour le petit gibier, tout comme pour la mésange, le moineau, soit l'ensemble des passereaux proches des habitats.

Dans le monde d'aujourd'hui, la chasse, le piégeage sont loin du monde d'hier en ce qui concerne la poursuite de nos espèces susceptibles de contribuer à la disparition du petit gibier. Les moins de soixante ans n'ont pas connu les campagnes printanières légales aux œufs empoisonnés, les "cocktails" d'appâts , la chasse des corneilles-pies-rapaces avec grand duc, les primes à la queue, les pièges avec leurre des buses et faucons, les piquets en T, autant de techniques et procédés impensables à juste titre actuellement. Entre les extrêmes et le réel, selon les choix et objectifs, il y a le juste milieu, le chemin à prendre en connaissance de cause. Lorsqu'une population d'oiseaux ou d'animaux est en danger et que le choix "politique" ou autre est fait de la sauvegarder, il y a un prix à payer, en l'occurrence, la martre, le renard, voire..., du moins le temps d'un rétablissement suffisant d'une espèce pour pouvoir supporter sa prédation. Le chasseur a tous les intérêts à être le premier défenseur des ESOD, ne serait-ce pour des raisons sanitaires, le fameux renard médecin, mais dans notre monde moderne les espèces soumises à la prédation sont pour la plupart en grand péril. Un chasseur responsable et éthique sait quand il faut lever le fusil, un chat, un renard, une martre ont tous besoin de tuer au quotidien par instinct et ou besoin de nourriture, incapables de faire la différence entre un animal protégé, réintroduit, en voie de disparition ou indifférent à l'homme.
Tout n'est pas blanc ou noir, il existe une zone grise et c'est là le problème, car sans lois, textes, règles, normes, l'homme-individu a du mal à se situer, contraint à agir, avec le temps et "pour son bien", dans un cadre toujours plus défini. Dans notre cas du grand coq de bruyère, du hamster, du petit gibier, des passereaux etc... nous sommes pris au piège de la décision, partagés entre le moral et l'immoral qui taraudent en permanence les esprits chagrins, entre ce qui est soi-disant bien ou mal. légal ou illégal, entre équilibre et l'idéal ou la perfection. Dans la nature, ça ne marche pas comme cela pour un temps sans doute encore, puisque le monde moderne veut tout maîtriser et plier la nature à ses visions et comme elles sont aussi nombreuses que les individus, on n'est pas rendu ! On veut un retour du grand tétras dans les Vosges, on veut relancer le petit gibier, on veut voir plein de passereaux sur les mangeoires en hiver, mais "en même temps" ne pas toucher à toutes les causes connues des échecs ou du déclin, avec en toile de fond la mort.
Jean Grenier, 1898-1971, écrivain-philosophe disait "Il est aussi noble de tendre à l'équilibre qu'à la perfection, car c'est une perfection que de garder l'équilibre", Nature parfaite, avec un équilibre parfait partout pour parfaire le bonheur de l'homme exploitant de la nature, de quoi faire de bons vœux pour 2026, sans plus.
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