
Le monde des "bambistes", avec sa vision émotionnelle et moralisante de la nature sauvage voit entre autre la gestion des animaux chassés et ou piégés à travers l’œil du militant compassionnel, quasiment rarement à travers le monde du réel. La mort animale étant pour lui insupportable, le chasseur est forcément une cible pour l'ensemble des mouvements animalistes et chaque occasion est bonne pour enfoncer des coings dans le socle des pratiques. La vénerie est un harcèlement cruel, la battue un loisir rétrograde et moyenâgeux , le déterrage une pratique cruelle, le tir de nuit un massacre organisé, aucun mode n'est épargné ou ne trouve grâce à ses yeux.
Ce n'est donc pas par hasard, si à chaque période de renouvellement de la liste des ESOD surgissent des pétitions, des mobilisations de troupes ,notamment en faveur des renards, avec sa cohorte d'affirmations erronées, souvent sans fondements scientifiques, comme le renard dévorant 6.000 mulots par an... Je ne vais pas refaire ce débat, tout aussi défendu par le monde agricole, la toile est remplie d'articles prouvant l'ineptie des arguments avancés.
L'avantage des sorties nocturnes, tout au long de l'année du chasseur-garde champêtre en mission préventive des dégâts de sangliers est de pouvoir observer grâce à la caméra thermique toute la vie nocturne des animaux, du plus petit au plus grand, du héron à la bécasse en passant par le hibou, le chat haret ou sauvage et bien sûr goupil. J'affirme haut et fort que la petite souris des champs, le campagnol ou le mulot ne sont vraiment pas "sa marque préférée" , en référence à la célèbre réplique des Tontons flingueurs. Il est une époque où les petits rongeurs sont au plat du jour du renard, lorsque le couple doit nourrir sa progéniture. Il ne peut alors jouer le gastronome ou le difficile, il a des bouches à faire grandir. Le reste du temps, il passe plutôt dédaigneux à côté, sans même jeter un regard. Une charogne dans une motte de fumier, des vers de terre, un grand hamster, une chasse d'un levraut, de bonnes cerises confites, une volaille, des œufs, une perdrix sur un nid, un faon de chevreuil, un compost, une poubelle d'un parking sont autrement plus alléchants. La souris est pourtant une proie autrement plus facile que l'acharnement sur un petit chevreuil entouré de sa mère.
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L'ennui c'est que comme dit, aujourd'hui il suffit d'affirmer et non de prouver, justifier. Alors si une organisation animaliste ayant pignon sur rue le dit, c'est que c'est forcément vrai pour le grand public, même si le bol alimentaire du renard, la bouche d'un terrier, l’observation répétée, le calcul mathématique de la quantité annuelle de nourriture absorbable montrent autre chose. Chaque animal possède son fonctionnement biologique, non le renard ne peut potentiellement ingurgiter 6000 petits rongeurs par an, si tant soit peu ils soient tout simplement disponibles sur son territoire. N'en déplaise, les souris des champs et mulots se raréfient comme le reste de la petite faune en zones cultivées. C'est bien pour cela que le rouquin, son opportunisme aidant, vit de plus en plus auprès de l'homme et de ses restes. Alors de grâce, stop à l'infox, la faune sauvage, chassable ou non, a besoin de sauvegarde, nous ne sommes plus dans la corne d'abondance, mais dans un déséquilibre de densités qui se poursuit depuis des décennies, chats domestiques, chats harets, renards, chacun dans sa zone d'influence de carnivore y contribue. Se voiler la face, ne rien faire sont de mauvaises solutions, car tout simplement la nature laissée à elle seule est dans le monde moderne devenue une utopie.
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