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Comme pour l'affaire du cerf de Luc Besson, quelles leçons peut-on tirer de l'abattage du cerf de Graufthal ?

Si on regarde le déroulé de l'histoire, au regard de ce qu'on appelle la documentation ouverte, soit les articles de presse, les déclarations des uns et des autres, le voisin du drame, le scénario est quasi identique à celui du cerf de Luc Besson; Une battue, une poursuite d'un cerf par des chiens, un animal blessé ou pas ,acculé chez un habitant, sans possibilité de fuir , 

sauf que n'est pas Luc Besson qui veut avec la capacité de médiatisation du cerf venu se réfugier chez l'homme pour se sauver des vilains chasseurs et ainsi mobiliser le monde des antichas à grand renfort de plateaux télé,

sauf que à Graufthal on est loin de l'histoire larmoyante vendu par le cinéaste du cerf venu chez l'homme car habitué à l'endroit refuge, montrant que l'anthropomorphisme fait le plus souvent dire n'importe quoi

sauf que les chasseurs se sont apparemment mis en deuxième ligne, une fois les chiens écartés pour réapparaître bracelet en mains et valoriser par la suite la venaison, laissant le soin à un forestier de l'ONF d'accomplir l'abattage concerté entre autorités, maire par téléphone, gendarmerie et ONF,

sauf qu'on a présenté le cerf comme vieux, édenté, sous entendant en fin de vie, alors que les photos laissent à croire à un jeune cerf, du moins pas dans la catégorie des vieux cerfs,

sauf que quelqu'un a validé l'apposition d'un bracelet, alors que ce cerf aurait dû partir à l’équarrissage, soit coûter des sous à la commune

sauf que ce n'est pas paroles contre paroles entre la mère de Luc Besson et les deux chasseurs, dans le village troglodyte, beaucoup de monde était présent et observateur, ce n'aurait pas été le cas, l'affaire se serait sans doute réglée autrement, sans provoquer d'intérêt médiatique,

sauf qu'il y a un flou sur le recours "justificatif" de l'abattage au titre de la notion de sécurité publique et encore plus sur celle de tir sanitaire,

sauf que qui connaît la relation mairies forestières-ONF en matière de gestion du bois et la capacité de persuasion de l'Administration forestière en matière d'influence sur la chasse, 

sauf que apparemment il y a ou eu un postage de photos et vidéo sur les réseaux sociaux par un agent de l'ONF, celui qui a fini le travail ou un autre ? si c'est exact à quel moment ont eu lieu les prises ?

sauf que, contrairement aux deux chasseurs du cerf de Luc Besson qui se sont fait embarquer par les chiens au milieu des cris de la mère, le cerf accidenté ou pas n'avait aucune chance de se dégager et de se sauver, à Graufthal le déroulé a duré deux heures, le cerf n'avait pas les chiens sur le dos, soit beaucoup de temps de récupération, de se calmer. Le maire a été prévenu dans l'après-midi, la prise de décision d'abattre a mis deux heures de temps, on ne devait plus être très loin de la tombée de la nuit, favorable au cerf pour repartir.

Toute cette énumération plaide qu'il y a plutôt un loup dans le narratif, chacun tirant le parapluie comme il peut, à partir du moment où la médiatisation de la fin tragique du cerf a eu lieu. Ceux qui savent et peuvent relater objectivement les faits sont les chasseurs et le forestier de l'ONF. Aucun des deux n'a pris la parole dans les médias.

Toute cette histoire, au final  est comme dit hier lamentable, car un cerf a été victime de l'homme parce que aujourd'hui rares sont encore ceux qui veulent assumer une responsabilité, il est plus aisé ou moins risqué de se retrancher derrière un texte. Ce cerf a été condamné sous couvert du scénario du pire, "il aurait pu embrocher une personne au contact de l'action, un villageois dans sa fuite, percuter une auto, attaquer ultérieurement en forêt un promeneur", mais il aurait tout aussi bien pu regagner la forêt, juste à côté si on lui avait donné l'occasion avec du temps et de la patience. Le chasseur alsacien connaît bien l'expression "si le chien n'avait chié pendant la poursuite du lièvre blessé, il l'aurait rattrapé"...

Maintenant si le monde de la chasse veut honorer ce brave cerf de Graufthal, il y a une chose à faire, mettre dans un article dans le prochain Infos'Chasse 67, le protocole exact à suivre lorsqu'un animal sauvage chassé ou non se retrouve dans une propriété privée ou dans une zone habitée. Qui fait quoi et comment ?

Tag(s) : #Faune-Nature-Ecologie et Chasse
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